Fonds Rolland, Romain

Cote : VM FONDS 25 ROL-1 à 388
Fonds Rolland, Romain
1730-1989
Fonds produit par : Romain Rolland
Les extraits musicaux copiés par Romain Rolland sont majoritairement en italien, plus rarement en français, en anglais et en allemand. Les copies de lettres et d’articles sont toutes en français. La bibliothèque musicale offre, elle, davantage de diversité linguistique : outre les langues précitées, elle comporte des ouvrages en tchèque, en hongrois, en arménien, en tchouvache et en russe.
24 boîtes et 3 étuis.

Présentation du contenu

La partie musicale du fonds Romain Rolland documente principalement son activité musicologique et musicienne. Elle comprend en effet les nombreuses copies de musique ancienne italienne, allemande, anglaise et française réalisées par Romain Rolland dans différentes bibliothèques européennes, ainsi que les transcriptions correspondantes (réductions pour piano et parties séparées réalisées à partir des extraits copiés). Elle comporte également sa bibliothèque musicale (partitions, ouvrages sur la musique, suppléments musicaux, catalogues de vente et d'éditeurs), les programmes de concert, parfois annotés, auxquels il a assisté, ainsi qu’un ensemble de copies dactylographiées, réalisées à l’initiative de Marie Romain Rolland, de documents ayant trait à la musique : lettres adressées par Romain Rolland à des musicologues ou à des musiciens, écrits musicaux divers (articles de revue, préfaces, extraits du Journal). Elle comporte enfin, classés dans une section spécifique (Ouvrages et documents postérieurs à 1944), les partitions, livres et programmes recueillis, reçus ou encore acquis par Marie Romain Rolland.

Biographie ou histoire

Romain Rolland naît le 29 janvier 1866 à Clamecy, dans le Nivernais, où il passe toute son enfance. En 1880, sa famille s’installe à Paris pour lui permettre de parfaire ses études. Doté d’exceptionnelles dispositions pour le piano, le jeune Romain y poursuit également son apprentissage musical, grâce à l’enseignement technique de Joséphine Martin et à la fréquentation assidue des concerts. Sur de modestes éditions pour piano, noyau de sa future bibliothèque musicale, le jeune homme s’imprègne sans relâche des œuvres entendues. Malgré cet attrait, Romain Rolland cède aux instances familiales et renonce à une carrière de musicien. Il prépare le concours de l’Ecole normale supérieure, qu’il réussit en 1886. Durant ses années d’Ecole, il reçoit une solide formation d’historien dont il retire une double exigence méthodologique – l’étude critique des sources et la pénétration psychologique des êtres – jamais oubliée par la suite. Tout en préparant l’agrégation d’histoire, qu’il obtient en 1889, Romain Rolland reste animé d’une intense curiosité musicale. Avec son compagnon de thurne, le futur écrivain André Suarès, il se rend au concert pour y entendre Beethoven, Wagner mais aussi César Franck, et tire profit de la bibliothèque de l’Ecole, où il découvre des éditions oubliées de Lully et des maîtres français du XVIIe et XVIIIe siècle. Deux précieux mentors, le marquis de Breuilpont, rencontré à Aigle (Suisse), en 1888, et Malwida von Meysenbug, rencontrée à Rome, alors qu’il séjourne à l’Ecole française (1889-1891), le guident dans l’interprétation des œuvres de Beethoven, pour le premier, de Wagner, pour la seconde. En 1892, Romain Rolland épouse Clotilde Bréal, élève de César Franck, et se résout temporairement à la carrière professorale. Il part à Rome avec sa jeune épouse pour y réunir les matériaux d’une thèse sur l’histoire de l’opéra avant Lully et Scarlatti. Ils explorent tous deux les fonds musicaux de Rome, Florence, Bologne, Venise et Padoue et copient de nombreux extraits d’opéras italiens méconnus. Après la soutenance de sa thèse, le 19 juin 1895 à la Sorbonne, Romain Rolland enseigne l’histoire de la musique à l’Ecole normale supérieure (1895-1902), puis à l’Ecole des hautes études sociales (1902-1911) et à la Sorbonne (1904-1911), où il occupe la première chaire consacrée à cette discipline. Professeur scrupuleux, Romain Rolland poursuit son activité de copiste et de transcripteur dans les bibliothèques parisiennes, mais aussi européennes, afin de préparer ses cours et de les illustrer par le concert ou la simple lecture au piano. Les auditions historiques de l’EHES attirent notamment le concours d’Edouard Risler, Blanche Selva ou encore Wanda Landowska. Par son enseignement et ses écrits, Romain Rolland contribue à inscrire la musicologie alors naissante dans le champ des sciences humaines et à établir avec une grande clarté épistémologique sa relation à l’histoire comme à la sociologie. En 1900, il organise le premier congrès international d’histoire de la musique et, dans la foulée, fonde avec Jules Combarieu, Pierre Aubry, Maurice Emmanuel et Louis Laloy la Revue d’histoire et de critique musicale, future Revue musicale, à laquelle il contribue de 1901 à 1904. A partir de novembre 1903, il assume également la critique musicale dans la Revue d’art dramatique. Attentif à la création de son temps, Romain Rolland soutient avec ferveur des compositeurs contemporains comme Lorenzo Perosi, Paul Dupin ou encore Richard Strauss. Parallèlement à son activité de musicologue, il poursuit son œuvre littéraire, théâtrale et romanesque, seule essentielle à ses yeux. En profond désaccord avec son épouse, qui l’exhorte à mener une carrière de littérateur à succès, il divorce en 1901. Après des débuts difficiles, la publication de Jean-Christophe dans les Cahiers de la Quinzaine de Charles Péguy, de 1904 à 1912, lui conquiert définitivement un public. Parvenu à l’indépendance financière, il démissionne de l’Université en 1912 pour se consacrer à l’écriture. La première guerre mondiale le surprend en Suisse, où il choisit de demeurer et de se mettre au service de l’Agence internationale des prisonniers de guerre, à Genève. Sa conviction morale - sauvegarder l’union spirituelle des peuples menacée par les haines patriotiques -, dans la droite ligne de Jean-Christophe, et exprimée avec éclat dans l’article Au-dessus de la mêlée (septembre 1914), lui vaut de recevoir en 1915, le prix Nobel de littérature. Après-guerre, il revient quelques années à Paris avant de s’installer, en 1922, à Villeneuve, Villa Olga, au bord du lac Léman. Il y poursuit son œuvre romanesque (l’Âme enchantée, 1922-1933), théâtrale (achèvement du cycle sur la Révolution française), et entretient une vaste correspondance avec des personnalités de tous pays. Son intérêt grandissant pour l’Inde le rend attentif aussi bien à sa mystique (L’Inde vivante. La vie de Ramakrishna, 1929) qu’à ses combats politiques les plus actuels : il reçoit Nehru, Tagore (1926) et Gandhi (1931) pour de longs entretiens. Observateur bienveillant des évolutions de la Russie soviétique, il entre en contact avec Maria Koudacheva, poète, qui prépare à ses côtés l’édition russe de ses œuvres. Elle devient son épouse en 1934. En dépit de son retrait de l’enseignement et des grandes revues musicales, Romain Rolland demeure une autorité incontestée pour les musiciens et les musicologues d’après-guerre. Les hommages - manuscrits, éditions dédicacées – affluent à Villeneuve. Lui-même entreprend, entre 1926 et 1930, la constitution d’une collection de manuscrits autographes, notamment musicaux. Passionné par la psychologie de la création, il met à profit les nombreuses éditions des manuscrits et carnets d’esquisses de Beethoven pour entamer une ultime somme musicologique sur le compositeur (Les grandes époques créatrices, 1928-1945). En 1938, Romain Rolland décide de quitter la Suisse où son épouse russe est regardée avec suspicion. Le couple s’installe à Vézelay. Il y achève son Beethoven et y rédige son dernier ouvrage, consacré à Charles Péguy, le vieux compagnon des Cahiers. Il meurt le 30 janvier 1944, quelques jours après avoir joué pour ses amis, Vivianne et Lucien Bouillé, la sonate op. 111 de Beethoven.

Historique de la conservation

Marie Romain Rolland, légataire universelle, fait donation de l’ensemble des documents de son époux à la Chancellerie des Universités de Paris, le 20 juin 1950 et le 18 avril 1951, à la condition que soit créée à la Bibliothèque Sainte-Geneviève une salle particulière pour accueillir le fonds. Cette clause n’étant pas honorée dans les conditions de sécurité requises, Marie Romain Rolland décide de donner le fonds à la Bibliothèque Nationale, sans pour autant révoquer sa donation initiale. En 1979, après accord des parties, le fonds Romain Rolland est donc déposé à la Bibliothèque Nationale, tout en restant la propriété des Universités de Paris.

Informations sur les modalités d’entrée

La partie musicale du fonds Romain Rolland fait partie d'un ensemble plus vaste, réparti entre le département des Manuscrits, le département de la Réserve, le département Littérature et art et, pour une part infime, le département des Estampes et le département des Arts du spectacle. La partie musicale est entrée au département de la Musique en 1989 (Don 1989-1).

Conditions d'accès

Les documents de ce fonds dont la cote commence par VM FONDS sont communiqués sur rendez-vous. Toute demande de consultation doit être adressée par courriel à l'adresse : musique@bnf.fr, ou par courrier postal à l'adresse : Bibliothèque nationale de France, département de la Musique, 2 rue de Louvois, 75002 Paris. Une réponse vous sera envoyée par le responsable du fonds sous 15 jours.

Caractéristiques matérielles et contraintes techniques

Consultation sur table de Réserve uniquement.

Conditions d’utilisation

Reproduction sur accord des ayants-droit.

Bibliographie

Bernard Duchatelet, Romain Rolland tel qu'en lui-même. Paris : A. Michel, 2002
(Voir la notice dans le Catalogue général)
Romain Rolland et la musique. Journées internationales Romain Rolland, Vézelay, 6-7 octobre 2012 organisées par l'Association Romain Rolland sous la direction de Bernard Duchatelet. Suivi de Mélusine : scénario inédit de Romain Rolland, texte établi et annoté par Roland Roudil. Dijon : Éd. universitaires de Dijon, 2013
(Voir la notice dans le Catalogue général)
Permanence et pluralité de Romain Rolland : actes du colloque tenu à Clamecy, 22-24 septembre 1994, Conseil Général de la Nièvre, 1995
(Voir la notice dans le catalogue général)

Autre instrument de recherche

Le département Littérature et art et le département de la Réserve conservent des œuvres de Romain Rolland (très nombreuses éditions en français et traductions) et des ouvrages faisant partie de sa bibliothèque (monographies et périodiques). Tous ces documents sont référencés dans le catalogue général et comportent les lettrages suivants : 8-Z R. Rolland-, 4-Z R. Rolland-, Fol.-Z R. Rolland- et Gr. Fol.-Z R. Rolland. Le département des Manuscrits conserve la correspondance de Romain Rolland, ses papiers personnels ainsi que ceux de son épouse Marie et de sa sœur Madeleine, des manuscrits autographes, ses cours d'histoire de l'art et de la musique, des photographies et quelques carnets de musique. L’ensemble porte la cote NAF-28400. Le Journal de Romain Rolland, donné par Marie Romain Rolland à la Bibliothèque Nationale dès 1950, a été coté à part : NAF-26501 à 26578. Le département des Estampes conserve quelques documents iconographiques (albums de photographies réunies par Romain Rolland), tous référencés dans le catalogue général. Enfin, le département des Arts du Spectacle conserve quelques affiches et photographies.

Informations sur le traitement

La bibliothèque musicale, à l’exception de la majorité des manuscrits reçus en hommage et des ouvrages incomplets ou hors d'usage, a été traitée dès réception du fonds. Les ouvrages, cotés à la pièce dans les lettrages existants, ont été catalogués dans BN-Opaline. Ils sont aujourd’hui signalés dans le catalogue général. Des liens ont été établis à partir du présent instrument de recherche vers chacun d'eux. Tous les autres documents du fonds ont été catalogués directement en EAD. Seul un lot de partitions imprimées de compositeurs soviétiques (330 documents) est en cours de traitement.