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Grec 2768

Cote : Grec 2768  Réserver
Ancienne cote : 954 (Rigault)
Ancienne cote : 933 (Dupuy)
Ancienne cote : 3297 (Clément)
Homère,Iliade .
XIIIe siècle
Ce document est rédigé en grec .
Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits

232×160 mm
[I-III]+1-275+[I-III]

ECRITURE :
Le manuscrit s’ouvre sur la main d’un premier copiste (A) dont l’écriture est proche de ce que N. Wilson a appelé le style bêta/gamma. Dans cette écriture, qui est globalement d’un petit module, des lettres ressortent. Ce sont les σ lunaires de début de mot, les κ et la ligature ε/ι. Ce scribe copie environ 35 lignes par page et il est responsable des ff. 1r-8v et 21r-22v. Un second copiste (B) prend le relais de son travail du f. 9r au f. 18v. Son écriture est très proche de celle du premier copiste. Elle est néanmoins un peu plus posée et présente quelques tracés divergents. La barre horizontale du ψ du second copiste est plus droite tandis que celle du premier est plus incurvée, ses β sont plus ouverts et plus droits. Le copiste A, en outre, a la particularité de symboliser l’abréviation de ον par deux barres qui sont quasiment verticales, ce qui ne se retrouve pas dans l’écriture du copiste B. La main d’un troisième copiste (C) apparaît au f. 24r. Ce copiste anonyme est le copiste principal. Cette écriture présente moins de lettres d’un module démesuré. Ce scribe est responsable de la copie des ff. 24r-87r, 89v-90r, 94v-95v (vers 1-12), 102r-104r, 106r-108r, 109r, 110r (vers 1-4), 110v-111v, 114v-115r, 116r-123r (jusqu’au vers 12), 124r-v (vers 1-2), 125r-127v, 129r-131r, 132r-134v, 135v, 136v-141r, 142v (à partir de la ligne 12)-146r, 147r-169r, 170r-178v, 179v-191r, 192r-254v, 255v (à partir de la ligne 28)-261v, 262v-275r. On peut reconnaître l’écriture de ce copiste de l’Iliade à ses ω qui sont parfois très étendus, à certains de ses θ dont la forme arrondie ressort par endroits et à ses ρ dont la barre inférieure revient souvent sur la gauche. Une quatrième main anonyme (D), intervient aux ff. 87v-89r, 90v-94r, 95v (vers 12 à fin)-101v, 104v-105v, 108v, 109v, 110r (vers 5-fin), 112r-114r, 115v, 123r (à partir du vers 12)-v, 124v (vers 3-fin), 128r-v, 131v, 135r, 136r, 141v-142v (lignes 1-11), 146v, 169v, 179r, 191v. Comme on peut le voir, D et C ont travaillé en étroite collaboration sur les chants V à XV. C’est une écriture plus calligraphique qui se trahit, entre autres traits, par ses doubles λ dont la partie inférieure se superpose, par ses ν dont le trait inférieure remonte légèrement sur la droite et par ses β qui ressemblent à de petits β onciaux. Vers la fin du manuscrit les deux écritures tendent à ses rapprocher car les copistes ont fait le choix d’augmenter le nombre de vers à la page et, par conséquent, de diminuer nettement le module de leurs lettres. Aux ff. 255r-v (jusqu’à la ligne 27) et 262r, un cinquième copiste (E) intervient brièvement pour copier quelques vers. Son écriture est d’un tout petit module et mal assurée.
La brève notice au f. Ir est de la main d’Ange Vergèce.
Les ff. 19v-20v, 23 sont blancs.

DECORATION :
La décoration de ce manuscrit est très discrète : on relève simplement quelques initiales et titres rubriqués. Il y a un schéma de charrue dans la marge inférieure du f. 90v et au f. 23 un lecteur moderne s’est amusé à suivre les contours du filigrane qui représente un cerf.

MATIERE :
Le papier de ce manuscrit est épais, pelucheux et ne présente pas de filigrane. Les vergeures, épaisses, sont disposées verticalement dans les premiers folios puis horizontalement dans le reste du manuscrit. Ce papier, très endommagé, a été restauré au XVIe siècle dans les angles externes avec un papier qui est identique au papier du bifolio 20-23. Ces folios, qui sont blancs, ont été insérés tardivement pour signaler une lacune. Les fils de chaîne sont verticaux et leur écart moyen est de 26 mm. Le filigrane de ce papier représente un cerf surmonté d’une fleur à quatre pétales qui est proche du numéro 82 652 dans le répertoire en ligne de Piccard (attesté en 1531). Le folio 19 est également un ajout postérieur à la copie du manuscrit. L’écart moyen des pontuseaux de ce papier est en moyenne de 53 mm et le filigrane représente une lettre P de 84 mm de longueur. Elle est très proche du numéro 8453 dans le répertoire de Briquet (marque attestée en 1332 à Utrecht). Les folios 208 à 215 présentent un trou en leur centre.
Le papier des folios de garde est probablement contemporain de la reliure. Les chaînettes, horizontales, ont un écart moyen de 19 mm.

FOLIOTATION :
Une foliotation a été apposée, à époque moderne, dans l’angle supérieur externe, à l’encre noire.

CAHIERS :
Le manuscrit est composé de 36 cahiers, pour la plupart des quaternions. Les cinq premiers cahiers sont le résultat de la chute de plusieurs folios. Après le f. 19 manquent les résumés de 9 chants, ce qui implique la perte d’au moins deux quaternions. De plus après le f. 21 on peut poser la chute d’environ trois folios. Dans le quaternion qui occupe les ff. 46-53 un accident est intervenu au niveau du second bifeuillet de sorte que le second folio occupe la place du septième et inversement. Cet accident a été signalé par un lecteur qui foliote en grec chacun des folios de ce cahier et insère des instructions de lecture à l’encre brune. Le cahier qui occupe les folios 78 à 84 est un quaternion qui a perdu son dernier folio. Il y a donc une lacune de 52 vers dans le chant V (vers 384-434). En revanche il n’y a pas de perte de texte dans le cahier de sept folios qui occupe les ff. 117-123. Le fil de couture est souvent visible.
2×8 (16) + 1×2 (18) + 1×5 (23) + 1×6 (29) + 6×8 (77) + 1×7 (8-1) (84) + 4×8 (116) + 1×7 (123) + 1×9 (132) + 17×8 (268) + 1×7 (274)

SIGNATURES :
Le manuscrit ne comporte pas de signatures grecques. En revanche on observe des signatures latines au centre de la marge inférieure. Ces signatures sont accompagnées d’une numérotation continue au sein du cahier. Les signatures courent de a à z (il y a un cahier u et un cahier v) puis de A à M.

PIQÛRES :
Absence de piqûre visible.

REGLURE :
La réglure a été tracée très légèrement à la pointe sèche. Elle comporte, outre les lignes de justification, trois lignes verticales dans la marge externe, une ligne horizontale dans la marge interne et une ligne dans les marges supérieure et inférieure. Les rectrices ne sont pas tracées, ce qui entraîne parfois une copie très inclinée (voir par exemple le f. 29r). Les ff. 1-24 ne portent pas de trace de réglure.

RELIURE :
Reliure à la grecque dont le maroquin olive, aux armes de Henri II, s’est assombri. Les ais sont en bois et les plats sont décorés d’un encadrement intérieur qui représente des maillons d’une chaîne et qui est doré uniquement sur le plat inférieur. Ce fer italianisant a été utilisé dans l’atelier de Fontainebleau entre 1548 et 1552 (voir M.-P. Laffitte, F. Le Bars, p. 101). On le retrouve par exemple sur la reliure du Parisinus gr. 2240. Le cartouche central (semblable au fer 4, planche 2488 de Olivier-Hermal-de Roton) inclut deux capitales H et est rehaussé de peinture blanche. Il est doré sur le plat supérieur uniquement. Entre les filets et le cartouche se trouvent des fers représentant trois croissants entrelacés, une fleur de lis ou encore les lettres D entrelacées, chiffre de Diane de Poitiers. Au-dessus de l’encadrement d’arabesques, le titre a été apposé en initiales dorées : ΟΜΗΡΟΣ Δ. Aux angles des quatre filets, on peut encore observer la trace de quatre boulons. Sur le plat inférieur, on peut voir la trace de quatre fermoirs (deux en gouttière, un en tête et un en queue). Le dos a été décoré en tête et en queue par un fer représentant des vagues et présente un semé héraldique aux fleurs de lis or. Les tranches, dorées, sont ciselées et les chants sont rainurés. La notice de Du Cange a été collée au dos du plat supérieur.

ESTAMPILLES :
Estampille utilisée par la Bibliothèque royale au XVIIe siècle (modèle Josserand-Bruno n°1) aux ff. 1r et 275v.

Historique de la conservation

L’histoire de ce manuscrit n’est pas connue. Toutefois les écritures des copistes A et B, et dans une moindre mesure C, font nettement signe vers une copie dans les dernières années du XIIIe siècle. L’écriture de D, qui est quelque peu archaïsante, présente moins de tracés caractéristiques de ce style bêta/gamma.
Le f. 19 trahit une première tentative de restauration du manuscrit dans le premier tiers du XIVe siècle. Il faut donc penser qu’à cette date le résumé précédant l’Iliade présentait déjà de sérieuses lacunes dues à la chute de cahiers.
Les modalités d’arrivée de ce témoin dans la bibliothèque royale de Fontainebleau sont inconnues.

Présentation du contenu

(ff. 1r-24v) Résumé anonyme de l’Iliade : (ff. 1r-5r) Résumé du chant I, [sans titre], (ff. 5r-9v) Résumé du chant II, [titre] ἰστορία τοῦ β’ Ὁμήρου ῥαψῳδίας, (ff. 9v-13v) Résumé du chant III, [titre] ἀπορίαι καὶ ἰστορίαι καὶ σημεῖα τοῦ γ’, (ff. 13v-18r) Résumé du chant IV, [titre] ἰστορίαι τοῦ ε’, (ff. 18r-19r) Résumé du chant V, [titre] ἰστορίαι τοῦ ζ’ Ὁμήρου ῥαψῳδίας, (f. 21r) Fin du résumé du chant XV, [absence de titre], (f. 21r-v) Résumé du chant XVI, [titre] ἰστορίαι τοῦ π’ Ὁμήρου ῥαψῳδίας, (f. 21v) Fragment du résumé du chant XVII, [titre] ἰστορίαι τοῦ ρ’, (f. 22r) Fragment du résumé du chant XXI, [titre] ἰστορίαι τοῦ φ’, (f. 22r-v) Résumé du chant XXII, [titre] ἰστορίαι τοῦ χ’, (f. 22v) Résumé du chant XXIII, [titre] ἰστορίαι τοῦ ψ’, (ff. 22v-24v) Résumé du chant XXIV, [titre] ἰστορία τοῦ ω’.
(ff. 25r-274r) Homère, Iliade et scholies : (ff. 25r-38v) Chant I, [sans titre visible], (ff. 39r-57r) Chant II, [sans titre], (ff. 57r-66r) Chant III, [sans titre], (ff. 66v-77r) Chant IV, [sans titre], (ff. 77r-94r) Chant V, [sans titre], (ff. 94r-103v) Chant VI, [sans titre], (ff. 103v-113r) Chant VII, [sans titre], (ff. 113r-122r) Chant VIII, [sans titre], (ff. 122r-133v) Chant IX, [sans titre], (ff. 133v-142r) Chant X, [sans titre], (ff. 142r-154v) Chant XI, [sans titre], (ff. 154v-161v) Chant XII, [sans titre], (ff. 161v-174v) Chant XIII, [sans titre], (ff. 174v-182r) Chant XIV, [sans titre], (ff. 182v-194r) Chant XV, [sans titre], (ff. 194r-207v) Chant XVI, [sans titre], (ff. 208r-215v) Chant XVII, [sans titre], (ff. 216r-227r) Chant XVIII, [sans titre], (ff. 227r-232v) Chant XIX, [sans titre], (ff. 232v-238v) Chant XX, [sans titre], (ff. 239r-246r) Chant XXI, [sans titre], (ff. 246r-252v) Chant XXII, [sans titre], (ff. 252v-264r) Chant XXIII, [sans titre], (ff. 264r-274r) Chant XXIV, [sans titre].
(ff. 274v-275r) Georges Choiroboscos (?), Περὶ τρόπων ποιητικῶν, éd. L. Spengel, Rhetores Graeci, Leipzig, Teubner, 1856, p. 244-256 : [absence de titre], [incipit] ποιητικοὶ τρόποι εἰσὶν κζʹ, [explicit] πρῶτον γὰρ βιοῖ τις καὶ ὕστερον τελειοῦται.

Bibliographie


D. Arnesano, E. Sciarra, « L’attività del copista Nicola di Gallipoli e la tradizione manoscritta dell’Iliade in terra d’Otranto », Segno e testo, 1, 2003, p. 257-307, p. 278-279.
M.-P. Laffitte, F. Le Bars, Reliures royales de la Renaissance, La librairie de Fontainebleau, 1544-1570, Paris, Bibliothèque nationale de France, 1999.
H. Omont, Catalogue des manuscrits grecs de Fontainebleau sous François Ier et Henri II, Paris, Imprimerie nationale, 1889, p. 137.
N. Wilson, « Nicaean and Palaeologan hands », La paléographie grecque et byzantine, Paris, Editions du CNRS, 1977.

Notice d'H. Omont issue de l'Inventaire sommaire des manuscrits grecs de la Bibliothèque nationale (1888) :
Grec 2768. Homeri Ilias, cum scholiis (25) ; — præmittuntur anonymi historiæ librorum Homeri, fine mutilæ : Ἐζήτηται εὐθύς... (1).
XIII siècle. Bombycin. 275 fol. (Fontebl.-Reg. 3297.) Petit format.

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Notice rédigée par Morgane CARIOU.

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