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Grec 2774

Cote : Grec 2774  Réserver
Ancienne cote : 1740 (Rigault)
Ancienne cote : 1903 (Dupuy)
Ancienne cote : 3304 (Clément)
Hésiode,Les Travaux et les Jours, Pindare , Olympiques et Pythiques.
Autour de 1300.
Ce document est rédigé en grec .
Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits

220×150 mm
[I-II]+[A-C]+1-180+[I-II]

ECRITURE :
Ce manuscrit est dû à un seul et même copiste anonyme dont l’écriture se rattache nettement au style bêta/gamma identifié par N. Wilson. La pointe du calame utilisé est plus ou moins large, ce qui engendre des variations dans la largeur de l’écriture du copiste. En outre, ce copiste utilise deux modules d’écriture différents, l’un, plus petit, pour les scholies, l’autre pour les vers. La répartition des différents niveaux de texte sur la page est très dense et les marges sont très réduites. Une des caractéristiques de cette écriture est le tracé du bêta, qui est particulièrement large.
Ce copiste a été aidé très ponctuellement dans son travail par un second copiste dont l’écriture est proche. Il est responsable des ff. 2v (5 dernières lignes)-3r.
Une main plus récente a souligné à l’encre rouge les lemmes des scholies.
Les ff. B-C, qui sont issus d’une unité codicologique différente, sont le travail d’un copiste anonyme, tout comme les ff. 178-179.
Divers essais de plume couvrent le f. 177r (et le f. 180v) et l'on peut y lire le vers 130 du chant XVIII de l’Odyssée (οὐδὲν ἀκιδνότερον γαῖα τρέφει ἀνθρώποιο). Au f. 177v des volatiles ont été dessinés. Des annotations dans une écriture très distendue occupent les marges des ff. 178r, 179r-v. Il semblerait qu’il s’agisse là à la fois d’essais de plume et d’annotations musicales.
Surface écrite 195×132 mm. Marge externe : 5 mm. Marge interne : 8 mm. Marge supérieure : 15 mm. Marge inférieure : 26 mm. Le f. 59r est blanc.

DECORATION :
Au f. 36v se trouvent des dessins rubriqués représentant des outils agricoles. D'après les recherches de G. Derenzini sur la tradition iconographique du poème didactique d'Hésiode, les dessins du Parisinus gr. 2774 ont servi de modèle au copiste de l'Ambrosianus P. 38. Sup (p. 451).
En règle générale, chaque ode est précédée d’un bandeau rubriqué. Le copiste utilise l’encre rouge pour les gloses.

MATIERE :
Contrairement à ce qui a été parfois affirmé, le papier de ce manuscrit n’est pas un papier oriental mais un papier italien très épais sur lequel J. Irigoin a pu observer un filigrane qui représente une lettre P entre deux fleurs de lys (p. 262). Cette marque, dont l’observation est malaisée, est proche de Briquet 6732, marque qui se rencontre dans les trois dernières années du XIIIe siècle. Le papier est plié in-quarto et l’écart moyen des chaînettes est de 50 mm. Ce papier, qui par endroits rappelle le papier buvard, a tendance à absorber l’encre. Il a fait l’objet de restaurations dans les marges.
Les folios de garde A, 177 et 180, à en juger par leur filigrane (une paire de ciseaux proche de Briquet 3682), datent de la première moitié du XVe siècle.
Les folios B et C peuvent être rattachés au début du XVe siècle. Les fils de chaîne sont horizontaux et les vergeures sont relativement épaisses. L’écart moyen des chaînettes est de 38 mm. On n’observe aucun filigrane pour ce bifeuillet qui est d’un format un peu inférieur.
Les folios 178-179 peuvent être rattachés à la même époque. Ils sont pliés in-quarto et présentent un filigrane que l’on ne peut identifier dans la mesure où ce bifeuillet est monté sur onglet. L’écart moyen des fils de chaîne est de 35 mm.

FOLIOTATION :
Foliotation moderne dans l’angle supérieur externe à l’encre noire.

CAHIERS :
Ce manuscrit est formé de 21 cahiers, qui sont principalement des quaternions. Les quatre derniers folios ont été regroupés en un binion artificiel dans la mesure où les ff. 177 et 180 forment un bifeuillet d’une provenance différente de celle des ff. 178-179, qui sont un autre bifeuillet. Le fil de couture n’est pas systématiquement visible.
2×8 (16) + 1×9 (25) + 1×7 (32) + 2×8 (48) + 1×10 (58) + 4×8 (90) + 1×12 (102) + 7×8 (158) + 1×10 (168) + 1×8 (176) + 4 (180).
Les travaux de J. Irigoin ont montré que ce manuscrit, qui s’interrompt au milieu des Pythiques, était déjà mutilé aux environs de 1500 (p. 372-373).

SIGNATURES :
Pour le poème d’Hésiode, les cahiers sont signés de α’ à ζ’ dans la marge inférieure du premier et du dernier folio de chaque cahier. À partir du troisième cahier, la signature est parfois inscrite en toutes lettres. Les signatures recommencent à α’ au f. 59r et s’interrompent à ιδ’ au f. 176v. Toutes ces signatures sont de première main. À partir du cinquième cahier portant l’œuvre de Pindare, la signature est parfois inscrite en toutes lettres.

PIQÛRES :
Absence de piqûres visibles.

REGLURE :
Le copiste ne semble pas avoir tracé de réglure. Le nombre de lignes à la page varie donc sensiblement. Les vers de Pindare sont copiés sur deux colonnes, à la différence des vers d’Hésiode. Le copiste a en outre tendance à copier ses lignes en diagonale, la fin de la ligne étant plus haute que son début.

RELIURE :
Reliure de veau raciné. Les plats sont entourés par un filet doré. Le dos de cuir rouge, qui est conservé à part, porte le chiffre de Louis-Philippe. La reliure est en très mauvais état de conservation dans la mesure où les plats ne sont plus solidaires du corps de l’ouvrage.

ESTAMPILLES :
Estampille utilisée par la Bibliothèque royale au début du XVIIe siècle (modèle Josserand-Bruno n°1) aux ff. 1r et 179v.

Historique de la conservation

Les travaux de J. Irigoin ont montré que ce témoin, qui porte le sigle C dans la tradition des œuvres de Pindare, est un représentant de l’édition planudéenne (p. 261), au même titre que le Parisinus gr. 2403, dont la copie se situe à la même époque (p. 265).
Dans la marge inférieure du f. 160r le copiste a inscrit à l’encre noire une note de possession : Μιχαὴλ τοῦ τριβίδη ἡ τοιαύτη βίβλος ἐστί. Ce copiste mentionne une seconde fois son prénom dans la marge inférieure du f. 56r : Μιχαὴλ ὁ γράψας τάδε τὰ νότα. Ce Michael Tribidès n’est pas connu autrement (PLP 29 289). Sous la note du f. 160r, une autre mention de possession a été inscrite par un autre copiste à l’encre rouge : ση[μείωσαι] τοῦτο ἐμὴν εἶναι συμμαρτυροῦν τὸ στιχίδιον τὴν βίβλον. Il a noté un gamma au-dessus du bêta de τριβίδη.
Ce manuscrit, vraisemblablement copié en Orient vers 1300, était encore dans cette aire géographique après la chute de Constantinople, sous la domination turque, comme le montrent, au f. [A]v, les notes en arabe qui, d’après J. Irigoin (p. 262), indiquent, outre la mention sultani, le contenu du manuscrit une fois en caractères arabes et une fois en caractères hébreux : « livre d’Hésiode et de Pindare ».
Le manuscrit a ensuite appartenu à Janus Lascaris et l’on peut voir son monogramme au f. [A]v. Il est probable que Zacharie Calliergis a eu accès à ce manuscrit, ainsi qu’au Parisinus gr. 2709, annoté par lui, pour l’édition de Pindare qu’il a publiée à Rome en 1515.
Le manuscrit a ensuite fait partie de la bibliothèque du cardinal Ridolfi où il portait la cote 27, inscrite en chiffres romains sur le folio de garde antérieure [A]. Le pinax de ce même folio est de la main de son bibliothécaire Matthieu Devaris. Après la disparition du cardinal, les manuscrits de sa bibliothèque sont transmis à Pierre Strozzi puis à la reine Catherine de Médicis. Dans l’inventaire de 1589/1597, le manuscrit porte la cote 56. La bibliothèque de Catherine de Médicis est intégrée dans la Bibliothèque royale, après l’achat de Henri IV, en 1599.

Présentation du contenu

(ff. B-C) Aelius Aristide, Panathénaïque, éd. W. Dindorf, Aristides, vol. 1, Leipzig, Reimer, 1829, p. 150-320 : [incipit] ἐν παρασκευῇ, ὥσπερ ἐν ἱεροῖς προτελουμένη. (=97.13), [explicit] ὥσθ’ ἡμῖν πάλιν ἀρχὴν ἐκ τελευτῆς ἐπανήκειν (=116.9).
(ff. 1r-58v) Hésiode, Les Travaux et les Jours et scholies de Jean Tzetzès, éd. T. Gaisford, Poetae minores Graeci, Leipzig, Kühn, 1823, p. 3-447 : (ff. 1r-58v) Scholies, [titre] Ἰωάννου γραμματικοῦ τοῦ Τζέτζου ἐξήγησις τῶν ἔργων καὶ ἡμερῶν, (ff. 5v-58r) Les Travaux et les Jours, [titre] Ἡσιόδου ἔργα καὶ ἡμέραι.
(ff. 59v-125v) Pindare, Olympiques et scholies, éd. A.B. Drachmann, Scholia vetera in Pindari carmina, Leipzig, Teubner, 1903-1927 : [titre] Πινδάρου ἐπίνικοι, Ὀλυμπιονίκαις. Ἱέρωνι Συρακοσίῳ κέλητι.
(ff. 126r-177v) Pindare, Pythiques, odes 1-5, vers 51 et scholies, éd. A.B. Drachmann : [titre] Ἱέρωνι αἰτναίῳ.
(ff. 178r-179v) Extrait d’un livre liturgique : [incipit] ὅλα μοι ἀτρέπτως ὅλως, [explicit] φῶς τοῖς ἐν σκότει ἀνατέταλ[…].

Bibliographie


V. Chatzopoulou, Un Grec de la Renaissance, copiste et éditeur en Italie : Zacharie Calliergis (+1470-1524), Thèse, EPHE, 2007.
G. Derenzini, « I disegni nei manoscritti delle Opere i Giorni di Esiodo : Problemi della tradizione iconografica e testuale », dans A. Iacobini, E. Zanini, Arte profana e arte sacra a Bisanzio, Rome, Argos, 1995, p. 447-461, p. 451.
J. Irigoin, Histoire du texte de Pindare, Paris, Klincksieck, 1952, p. 261-264.
D. Jackson, « An Old Book List Revisited : Greek Manuscripts of Janus Lascaris from the Library of Cardinal Niccolò Ridolfi », Manuscripta, 43-44, 1999, p. 77-133, p. 89.
D. Jackson, « A first inventory of the library of Cardinal Niccolo Ridolfi », Manuscripta, 45-46, 2003, p. 49-77.
D. Muratore, La biblioteca del cardinale Niccolò Ridolfi, Alessandria, Edizioni dell’Orso, 2009, II, p. 131.
N. Wilson, « Nicaean and Palaeologan hands », La paléographie grecque et byzantine, Paris, Editions du CNRS, 1977.

Notice d'H. Omont issue de l'Inventaire sommaire des manuscrits grecs de la Bibliothèque nationale (1888) :
Grec 2774. Hesiodi opera et dies, cum Joannis Tzetzsæ scholiis (1) ; — Pindari Olympia, cum scholiis (59 v°) ; — ejusdem Pythia, fine mutila, cum scholiis (126).
XIV siècle. Bombycin. 180 fol. (Medic.-Reg. 3304.) Petit format.

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Notice rédigée par Morgane CARIOU.

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