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1920-1924 : Fonds des Archives de la Parole, sous la direction de Jean Poirot

Cote : Archives de la Parole 
Fonds des Archives de la Parole, sous la direction de Jean Poirot (1920-1924)
12 avril 1921 - 13 mars 1924
65 disques (90 t, saphir) ; 26 cm .- fiches d'enregistrement .- archives papier
1920-1924
Bibliothèque nationale de France. Département de l'Audiovisuel. Service des documents sonores.
Fonds produit par : Archives de la Parole ; Musée de la parole et du geste ; Phonothèque Nationale ; Département de l'Audiovisuel (Service des documents sonores) de la Bibliothèque nationale de France
Le fonds contient des documents en français, français dialectal et autres langues.

Histoire des Archives de la parole et du Musée de la Parole et du Geste

Le 3 juin 1911, Ferdinand Brunot inaugure les Archives de la parole qu’il a créées au sein de la Sorbonne avec l’aide de l’industriel Émile Pathé. Ces Archives sont la première pierre d’un Institut de phonétique voulu par l’Université de Paris. Les Archives de la Parole se situent dans la perspective de l’histoire de la langue puisqu’il s’agit, grâce au phonographe, d’enregistrer, d’étudier et de conserver des témoignages oraux de la langue parlée. La grande originalité des Archives de la Parole – s’inspirant en cela des Phonogrammarchiv de Vienne en Autriche – va être de produire et de créer ses propres archives sonores. Guillaume Apollinaire, Émile Durkheim, Alfred Dreyfus, etc., mais aussi nombre de locuteurs « anonymes » ou étrangers vont laisser le témoignage de leur voix aux Archives de la Parole. Trois cents enregistrements sont ainsi réalisés entre 1911 et 1914.

Ferdinand Brunot lancera le projet d’un atlas linguistique phonographique de la France. Entre 1912 et 1914, cet atlas va connaître une ébauche de réalisation avec trois enquêtes de terrain. La première est menée dans les Ardennes franco-belges en juin-juillet 1912, dans le Berry en juin 1913, puis le Limousin en août de la même année.

En 1920, le phonéticien Jean Poirot prend la suite de Ferdinand Brunot à la tête des Archives de la parole.

En 1924, Hubert Pernot devient directeur des Archives de la Parole. En 1927, l'Institut de phonétique souhaité par l'Université de Paris est doté de statuts, entraînant la transformation des Archives de la Parole en Musée de la parole et du geste, et leur déménagement en 1928 de la Sorbonne vers le 19 rue des Bernardins. Le travail d'Hubert Pernot opère un tourant épistémologique de la linguistique au "folklore musical". Pernot réalise trois missions de collecte à l'étranger : en Roumanie en 1928, en Tchécoslovaquie en 1929, et en Grèce en 1930. En 1930, Pernot est appelé à occuper une chaire de grec postclassique et moderne, et quitte l'Institut de phonétique. Philippe Stern, futur conservateur du Musée Guimet, alors attaché au Musée de la parole et du geste, enregistre pour ce dernier l'anthologie musicale des "chants, musiques et dialectes indigènes" lors de l'Exposition coloniale internationale de Paris en 1931.

Après le départ d'Hubert Pernot, l'installation de Roger Dévigne à la tête du Musée de la parole et du geste en 1932 va se caractériser par deux orientations majeures : le retour au "folklore musical" de France, et la création de la Phonothèque nationale et du dépôt légal des phonogrammes. Roger Dévigne réinvestit la notion d'Atlas linguistique phonographique de Ferdinand Brunot pour en faire une "Encyclopédie nationale sonore des parlers, patois et vieux chants de France". Il réalise plusieurs missions de collecte : dans les Alpes Provençales en 1939, en Languedoc-Roussillon-Pyrénées en 1941-1942, en Normandie et en Vendée en 1946. En 1938 est créée la Phonothèque nationale, institution chargée de la collecte du dépôt légal. Roger Dévigne en devient le premier directeur, cumulant la double responsabilité du Musée de la parole et du geste et de la Phonothèque nationale.

Au départ de Roger Dévigne, en 1953, le Musée de la parole et du geste cesse toute activité, et ses collections sont progressivement intégrées à celles de la Phonothèque nationale.

Présentation du contenu

Poésies et contes populaires, littératures orales, conversations et exercices phonétiques, récits, allocutions (discours de l'Ambassadeur de Chine sur sa mission en France, AP-1950), oeuvres littéraires lues par leurs auteurs ou par une autre voix célèbre (lectures par Rudyard Kipling, AP-249 et 250, ou encore par la Comtesse Anna de Noailles).
Neuf enregistrements de 1923 sont consacrés à la phoniatrie (AP-264 à 272).

Enregistrements réalisés à la Sorbonne.

Informations sur le traitement

Dans un premier temps, les notices bibliographiques complètes du fonds des Archives de la parole ont été entrées au Catalogue général de la bibliothèque.

Suite au catalogage du fonds, les enregistrements sonores, les reproductions des étiquettes des disques et une sélection de documents d'archives ont été mis en ligne sur notre bibliothèque numérique.

Autre instrument de recherche

Notices bibliographiques des disques également consultables sur le Catalogue général de la bibliothèque. Voir la notice d'ensemble.

Conditions d'accès

Disques originaux, archives papier et photographiques non communicables (sauf autorisation du Service des documents sonores du Département de l'Audiovisuel).

Conditions d’utilisation

Photographie non-autorisée. Reproduction (partielle ou intégrale) soumise à autorisation écrite (Département de l'Audiovisuel, Service des documents sonores). Veuillez adresser votre demande à l'adresse suivante : audiovisuel@bnf.fr.

Documents de substitution

Enregistrements, étiquettes des disques et archives numérisés.

Les documents sonores et d'archives numérisés sont consultables à partir des postes audiovisuels de la bibliothèqueet de notre bibliothèque numérique Gallica.

Bibliographie

Cordereix, Pascal, "Les fonds du département de l'Audiovisuel de la Bibliothèque nationale de France", in Le temps des médias 2005/2, N° 5, p. 253-264. Consulter ce document.

Cordereix, Pascal, "Les Archives de la parole", in Culture et recherche n° 124, hiver 2010-2011, p. 31. Consulter ce document.