Département des Manuscrits > Grec > Ancien fonds grec > Grec 2674-2780

Grec 2698

Cote : Grec 2698  Réserver
Ancienne cote : 597 (Rigault)
Ancienne cote : 645 (Dupuy)
Ancienne cote : 2202 (Clément)
Eustathe de Thessalonique,Commentaire à l’Iliade, chants I, X-XIII.
Début du XVIe siècle (avant 1535)
Ce document est rédigé en grec .
Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits

335×228 mm
[I-IV]+1-339+[I-VI]

ECRITURE :
H. Omont attribue, dans son Inventaire sommaire, la copie de ce manuscrit à Arsène de Monemvasie (RGK, II 38) et est en cela suivi par Μ. Ι. ΜΑΝΟΥΣΑΚΑΣ (p. 55). Cette identification n’est pas reprise par les auteurs du Repertorium.
Au f. 36r, le copiste a interrompu son travail à la cinquième ligne car il a omis quelques lignes. Il reprend donc sa copie au f. 37r, cette fois avec les phrases précédemment omises. Le texte comporte parfois des espaces blancs qui signalent des mots que le copiste doit avoir du mal à lire dans son modèle. Au f. 21r, un espace blanc signale une lacune du texte. Les ff. 12v-19v, 36v, 339v sont blancs.
La surface écrite est de 223×125 mm. Marge supérieure : 31 mm. Marge inférieure : 80 mm. Marge interne : 20 mm. Marge externe : 75 mm. 32 lignes par page.
Notice d’Ange Vergèce au folio de garde antérieure [I]r : Εὐσταθίου ἐξήγησις εἰς ῥαψῳδίας δ’ Ὁμήρου Ἰλιάδος κ’ λ’ μ’ ν’. Ἔστι δ’ἐν τῇ ἀρχῇ τοῦ βιβλίου ἡ πρώτη ῥαψωδία ἀτελής. Λείπει δὲ ἡ β’ γ’ δ’ ε’ ζ’ η’ θ’ ι’. Au dos du plat supérieur a été collée la notice rédigée par Du Cange.

DECORATION :
Au début des chants X, XII et XIII une place a été ménagée pour le titre et une initiale qui n’ont jamais été tracés.


MATIERE :
Le papier utilisé dans les dix-neuf premiers folios du manuscrit n’est pas le même que celui qui constitue le reste du manuscrit. Il est d’un format inférieur et comporte deux filigranes. Le premier représente un oiseau qui rappelle le numéro 12194 dans Briquet (attesté en 1521 à Vicence) mais, à la différence de celui-ci, les pattes sont formées d’un trait simple. Le second représente une tête de bœuf surmontée d’une croix autour de laquelle s’enroule un serpent. Le filigrane est voisin de Briquet 15376, attesté à Rattenberg en 1498, mais il est de plus petite taille (103 mm de hauteur). En cela il se rapproche du numéro 71151 du catalogue en ligne de Piccard, attesté en 1513 à Vienne.
Le reste du manuscrit est fait d’un papier qui a pour filigrane une arbalète dans un cercle surmontée d’une fleur de lis. Le filigrane est voisin de Briquet 760, qui est attesté à Florence en 1523.
Pour les quatre folios de garde, l’écart moyen des fils de chaîne est de 20 mm et le filigrane (21 mm × 16 mm) représente les lettres P et S dans un écu. Ce filigrane est très proche de la marque 9666 dans Briquet, qui est une marque de provenance française. Elle est attestée à Paris en 1547. On retrouve ce papier utilisé comme folio de garde dans d’autres manuscrits ou imprimés reliés aux armes de François Ier ou de Henri II (voir par exemple les Parisini gr. 2679, 2699, 2700, 2703).
Entre les ff. 252 et 253 présence d’un talon qui portait visiblement un texte. Cela n’entraîne néanmoins pas de perte de texte.
L’encre utilisée a jauni sur le pourtour des lettres tracées.

FOLIOTATION :
Foliotation dans l’angle supérieur externe à l’encre noire.

CAHIERS :
Le manuscrit est essentiellement constitué de quinions mais il y a aussi quelques quaternions. Au total on compte 36 cahiers.
1×10 (10) + 1×8 (18) + 1 (19) + 17×10 (189) + 1×8 (197) + 5×10 (247) + 1×9 (10-1) (256) + 1×10 (266) + 1×8 (274) + 6×10 (334) + 1×8 ([342])
Le quatrième folio de garde forme probablement un bifeuillet avec le f. 19. Ce bifeuillet devait avoir pour fonction de protéger les deux cahiers portant l’extrait du commentaire au chant I. Les trois folios de garde postérieure qui suivent le texte font en fait partie du dernier quaternion.
Des réclames ont été apposées dans la marge inférieure interne, perpendiculairement au texte copié. Les cahiers ont été numérotés en chiffres arabes dans la marge inférieure interne du recto du premier folio de chacun d’entre eux.

SIGNATURES :
Dans la marge inférieure du verso du dernier folio de chaque cahier une signature grecque a été apposée, pour les trois premiers cahiers.
Un second système est utilisé pour signer les cahiers avec des lettres de l’alphabet latin. Tous les folios sont signés et numérotés de façon croissante. La même main a signé de la même façon deux autres volumes d’Eustathe conservés dans la bibliothèque de Fontainebleau, les Parisini gr. 2699 et 2700.

PIQÛRES :
Absence de piqûres.

REGLURE :
Réglure simple du type Leroy-Sautel 00D1.

RELIURE :
Reliure à la grecque en maroquin bordeau aux armes de François Ier avec encadrement intérieur de filets dorés. Le médaillon central (identique au fer 12 de la planche 2487 d’Olivier-Hermal-de Roton) est doré et représente une salamandre sur son brasier ardent, surmontée de deux capitales F. Dans la partie supérieure de ce médaillon se trouve une couronne fleurdelisée fermée. Aux angles des filets des plats supérieur et inférieur, on relève la trace de quatre boulons. Sur le plat inférieur subsiste les traces de quatre fermoirs, un en tête, un en queue et deux en gouttières. Au-dessus de l’encadrement, le titre a été apposé en lettres majuscules : ΕΥΣΤΑΘΙΟΥ, ΕΙΣ, ΤΗΝ, ΙΑΙΑΔΑ (sic). Le titre est à nouveau inscrit en petits caractères sous le mot ΕΥΣΤΑΘΙΟΥ. Le volume est le premier du commentaire d’Eustathe à l’IIliade, dans la bibliothèque de Fontainebleau : la mention ΤΟΜΟΣ Α est apposée au-dessus du titre. Ce numéro de volume réapparaît au folio de garde [I]r. La tête et la queue du dos sont ornées de croisillons encore légèrement dorés. Le reste du dos est occupé par les mêmes petits fers (F couronné et fleur de lis) que ceux que l’on observe sur les plats. Les tranches sont ciselées, dorées et ornées d’entrelacs. Les chants sont rainurés.

ESTAMPILLE :
Estampille utilisée par la Bibliothèque royale au XVIIe siècle (modèle Josserand-Bruno n°1) aux ff. 1r et 339r.

Historique de la conservation

La première mention de ce manuscrit semble être la lettre que Guillaume Pellicier, ambassadeur du roi à Venise entre 1539 et 1542, adresse au bibliothécaire de Fontainebleau, Pierre Duchâtel, le 2 novembre 1540, alors qu’il était ambassadeur du roi à Venise. Dans cette lettre, citée par H. Omont (1885, p. 621) puis reprise par F. Pontani (p. 53), il dit avoir trouvé le commentaire d’Eustathe à l’Odyssée. Il écrit aussi qu’il reconnaît la main d’Arsène de Monemvasie. Il s’agit probablement là d’une confusion avec le Paris. gr. 2698, manuscrit dont il parle par la suite et qui est effectivement dû à Apostolis. On sait par ailleurs que Guillaume Pellicier avait dans sa bibliothèque personnelle un autre manuscrit du commentaire d’Eustathe à l’Iliade, qui est aujourd’hui à Berlin (Phillipps 1586) (cf Omont, 1885, p. 65).
Sur le quatrième folio de garde se trouvent deux inscriptions en italien qui ont été apposées avant l’expédition du manuscrit au roi de France. La première décrit le contenu du manuscrit, identifie la main d’Arsène de Monemvasie et note la lacune et le nombre de folios : "Eustathio super Illiade de Homero, scripto de man mons. de Malvasi, non e compido va per alphabeto sino a la lettera N. Volendo finirlo bix[ogn]a ricorer a la libraria de S. Marco e far lo finire de scrivere" (lecture de Christian Förstel, un peu différente de celle proposée p. 622 par H. Omont). Un chiffre a été apposé par cette même main : on lit « qui[nter]ni 36 » ante correctionem et « qui[nter]ni 24» post correctionem. Il s’agit du nombre de cahiers qui composent le manuscrit. Enfin cette même main indique le nombre de pages : "carte 238 de 2 faciate luno". Une seconde main écrit en dessous : « Sono centosedeci quinterni,ciascheduno di X carte ».
La bibliothèque de Fontainebleau conservait cinq manuscrits des commentaires d’Eustathe à l’Iliade et l’Odyssée. Le Paris. gr. 2703 est le seul de l’Odyssée. Les Paris. gr. 2697, 2698, 2699 et 2700 contiennent les commentaires à l’Iliade. Le premier de ces quatre manuscrits date du XIIIe siècle et provient de Jean-François d’Asola. Le second est entré dans les collections de la bibliothèque royale via Guillaume Pellicier donc. Pour les deux derniers, qui forment visiblement un ensemble (même main, en partie, même réglure, même papier, même mise en page etc.), les modalités d’entrée ne sont pas connues.

Présentation du contenu

(ff. 1r-309) Eustathe de Thessalonique, Commentaire à l’Iliade, chants I mutilé et X à XIII, éd. M. van der Valk, Eustathii archiepiscopi Thessalonicensis commentarii ad Homeri Iliadem pertinentes, Leiden, Brill, 1971-1987 : (ff. 1r-12r) Chant I, fin mutilée, [titre] Εὐσταθίου εἰς τὴν Ἰλιάδα, le texte s’arrête brutalement à la fin du f. 12r, au milieu d’une phrase (volume 1, p. 37, ligne 12 dans van der Valk : μερικὸς φαίνεται Ζεὺς καὶ οἷον μικρόν τι χρεών, τουτέστι μικρά τις εἱμαρμένη. διὸ καὶ) ; (ff. 20r-88v) Chant X, sans mention de titre ; (ff. 88v-210r) Chant XI, [titre], ἐκ τῶν τῆς λάμβδα ; (ff. 210r-257r) Chant XII, sans mention de titre ; (ff. 257v-309r) Chant XIII, sans mention de titre, [titre final] τέλος.

Bibliographie


A. Cataldi Palau, « Les vicissitudes de la collection de manuscrits grecs de Guillaume Pellicier », Scriptorium, 40, 1986, p. 32-53.

C. Förstel, « Les manuscrits grecs dans les collections royales sous François Ier», Revue française d’histoire du livre, 98-99, 1998, p. 71-88.

M.-P. Laffitte, Reliures royales du Département des manuscrits (1515-1559), Paris, Bibliothèque nationale de France, 2001, p. 42.

Μ. Ι. ΜΑΝΟΥΣΑΚΑ, ΑΡΣΕΝΙΟΥ ΜΟΝΕΜΒΑΣΙΑΣ ΤΟΥ ΑΠΟΣΤΟΛΗ ΕΠΙΣΤΟΛΑΙ ΑΝΕΚΔΟΤΟΙ (1521-1534), Athènes, 1961, p. 54-55.

H. Omont, « Catalogue des manuscrits grecs de Guillaume Pelicier », Bibliothèque de l’Ecole des Chartes, 46, 1885, p. 45-83 et 594-624.

H. Omont, Catalogues des manuscrits grecs de Fontainebleau sous François Ier et Henri II, Paris, Impr. nationale, 1889, p. 76.

F. Pontani, « Il proemio al Commento all’Odissea di Eustazio di Tessalonica (con appunti sulla tradizione del testo) », BollClass, 21, 2000, p. 5-58.

M. van der Valk, Eustathii archiepiscopi Thessalonicensis commentarii ad Homeri Iliadem pertinentes, Leiden, Brill, 1971-1987.


Notice d'H. Omont issue de l'Inventaire sommaire des manuscrits grecs de la Bibliothèque nationale (1888) :
Grec 2698. Eustathii Thessalonicensis commentarius in Homeri Iliadis librum I., fine mutilum, et libros X-XIII.
XVI siècle. (Copié par Arsène de Monembasie.) Papier. 339 fol. (Fontebl.-Reg. 2202.) Moyen format.

Informations sur le traitement

Notice rédigée par Morgane CARIOU.

Documents de substitution

Pas de microfilm.