Latin 4884

Cote : Latin 4884
Ancienne cote : Frères Dupuy 133
Ancienne cote : Regius 4901
Chronica universalis Alexandrina latina sive Cronica Georgii Ambianensis episcopi, quae dicitur Excerpta latina Barbari Scaligeri.
VIIIe s. (2e moitié)
Abbaye Saint-Pierre de Corbie. Ecriture onciale et semi-onciale dite écriture de Maurdramne (abbé de Corbie de 772 à 781) ; voir Ganz (1990) p. 43 et 133-134.
Le manuscrit n'est pas terminé: des espaces ont été laissés libres pour des illustrations et sans doute aussi pour des cartes ou des tableaux généalogiques dont seules les légendes ont été copiées; une représentation d'Adam et Ève dans l'initiale de l'incipit (à rapprocher du décor des manuscrits B. M. d’Amiens 18 et BnF, lat. 13025, 14087 et 12260; voir les notices de ces trois mss. et Vezin 1981 et Porcher 1966, p. 59) .
Parch., 63 ff. à longues lignes, 335 x 275 mm (just. 275 x 210 mm).
Reliure souple de parchemin naturel, légèrement postérieure à la mort de Claude Dupuy, car dans l'inventaire après décès de ce dernier, réalisé par Denis Duval début 1595 (Arch. nat., minutier central, étude XLIX, liasse 220), le volume est signalé sous le n° 598 = « Chronica Georgii Ambianensis episcopi velin fol. prest à couvrir »; voir Delatour (1998), p. 205. Le titre au dos de la reliure « vetus/chro/nicon. » est de la main de Pierre Dupuy.
Estampille de la Bibliothèque royale (Ancien régime, à partir du XVIIe s.), modèle identique à Josserand-Bruno, p. 265, type A n° 3.
Ce ms., copié à l'abbaye de Corbie, provient de la famille Dupuy. Claude Dupuy, dont la signature « Cl. Puteani » figure au f. 1, a annoté le manuscrit (ff. 56v, 60, 63). Claude est mort le 1er décembre 1594 après avoir légué à ses fils des manuscrits très intéressants pour leur ancienneté et la rareté des textes (il avait acquis plusieurs manuscrits provenant de Corbie ; voir par exemple Trésors carolingiens, n° 25). Ses fils, lesfrères Dupuy, Pierre et Jacques, bibliothécaires du roi au milieu du XVIIe siècle, se sont attachés à maintenir la bibliothèque et à l'enrichir. Le 26 mai 1652, après la mort de Pierre, Jacques lègua toute leur bibliothèque par testament à la Bibliothèque du roi. Ces volumes y entreront en 1657 après sa mort le 17 novembre 1656. Les 260 manuscrits anciens faisaient partie du legs (voir Delisle I, p. 335-336 et Omont, Concordances, p. 77-78).
Manuscrit en latin

Documents de substitution

Numérisation effectuée à partir d'un document original

Présentation du contenu

ff. 1-63, CHRONICA UNIVERSALIS ALEXANDRINA LATINA « primus homo factus est ... et Eutropio clarissimo».
Le ms. porte au f. 1 le titre en écriture caroline du IXe siècle (de la main d'un bibliothécaire de l'abbaye de Corbie) « Cronica Georgii Ambianensis episcopi », complété un peu plus tard de la mention « vel sicut alii dicunt Victoris Turonensis episcopi ». Cette deuxième attribution erronée renvoie vraisemblablement à Victor, évêque de Tunnuna, un Africain (444-567 ?) auteur d'une chronique différente de celle-ci. Le texte a été intitulé « Excepta utilissima ex priore libro chronologico Eusebii et Africano et aliis latine conversa ab homine barbaro, inepto, hellenismi et latinitatis imperitissimo » par son premier éditeur, Joseph-Juste Scaliger, philologue et humaniste protestant (en annexe à son édition d’Eusèbe de Césarée, Thesaurus Temporum Eusebii, Leyde, 1606, p. 44-70). Il s'agit d'une traduction latine, attribuée très anciennement (comme on peut le voir dans le manuscrit même) à Georges, évêque d'Amiens (769-798), de l'Histoire universelle Alexandrine, texte de la fin du IVe siècle attribué entre autres à Hippolytus, dont il n'existe plus que des copies tardives (voir MGH, Auct. Ant. 9, p. 83-87). L'évêque d'Amiens, dont le prénom était inhabituel en Occident à cette époque, était peut-être d'origine grecque. La version latine a été rééditée à plusieurs reprises au XIXe siècle (en particulier voir les excerpta produits par Théodore Mommsen dans les MGH, Auct. Ant. 9, p. 272-298) (voir Stegmüller (1976) suppl. 8, p. 85 n° 141,5.1 ; éd. la plus récente: R. Helm, Hippolytus Werke, IV, Die Chronik, Berlin, 1955).
On trouve les mentions d'une des sources de l'auteur: au f. 37 (le début manque en raison de la rognure du haut du f.) « ... eorundem tempora de primo et secundo tomo Manethoni » et au f. 38 « haec finis de primo tomo Manethoni habens tempora annorum duo milia C. » ; et au f. 51v les mentions suivantes : « hisdem consulibus dominus noster Iesus Christus natus est sub Augusto VIII kl. ianuarii … in ipsa enim die in qua natus est, pastores viderunt stellam… » et plus bas la plus ancienne citation des noms des Rois mages : « in his diebus sub Augusto kalendas ianuarias magi obtulerunt ei munera et adoraverunt eum; magi autem vocabantur Bithisarea, Melichior, Gathaspa »

Bibliographie

Catalogues: Cat. gén. mss. latins de la BnF, vol. 1 (nos 1-1438), 1939 ; Delisle, Cab. des mss., III, p. 231, n°9.
Texte: MGH, Auct. Ant. 9, Berlin 1892 ; F. Stegmüller (1976), Repertorium biblicum medii aevi, suppl. 8 ;
Codicologie: J. Vezin (1981) ; J. Delatour (1998). Une bibliothèque humaniste au temps des guerres de religion. Les livres de Claude Dupuy, Paris.
Histoire: P. Josserand et J. Bruno (1960). « Les estampilles du département des imprimés de la Bibliothèque Nationale », dans Mélanges F. Calot, Paris, p. 261-298; D. Ganz (1990). Corbie in the Carolingian Renaissance, Sigmaringen.
Expositions: Byzance et la France médiévale, n° 103.

Informations sur le traitement

Notice rédigée par Franck Cinato, d'après M.-P. Laffitte.

Documents de substitution

Microfilm en noir et blanc. Cote de consultation en salle de lecture : MF 18951. Cote de la matrice (pour commander une reproduction) : R 156614