Département des Manuscrits > Latin > Latin > Latin 8823-11503 [Nouveau fonds latin] > Latin 8823-8921

Latin 8849

Cote : Latin 8849  Réserver
Ancienne cote : Supplément latin 664
Evangelia
IXe siècle (entre 821 et 836)
Salzbourg

Écriture onciale. Quelques corrections contemporaines en onciale (ff. 23v, 139 et passim).
Portraits des quatre évangélistes en pleine page. Canons peints, dorés et argentés. Grandes et petites initiales d'or. Titres et colophons en capitales rustiques d'or ou de couleur rouge, certains à lettres enclavées. Incipits à l'encre d'or, parfois à lettres enclavées. Les incipits des Evangiles de saint Luc et saint Jean sont à lignes alternées d'or et d'argent, les lettres d'argent placées sur un fond pourpre. Les mots "Ihesus", "Dominus" et "Deus" sont écrits à l'encre d'or. Titres courants en capitales de couleur rouge orangé. En marge, numérotation des chapitres des sommaires à l'encre rouge orangé et indication des concordances évangéliques à l'encre rouge ou noire.
Parchemin, 267 ff., 400 x 285 mm (just. 285 x 200 mm, sur deux colonnes).
34 cahiers : 1 cahier de 10 ff. (1-10), 9 cahiers de 8 ff. (11-82), 1 cahier de 6 ff. (83-88), 4 cahiers de 8 ff. (89-120), 2 cahiers de 8 ff. (121-136), 1 cahier de 2 ff. (137-138), 8 cahiers de 8 ff. (139-202), 1 cahier de 12 ff. (203-214), 6 cahiers de 8 ff. (215-262), 1 cahier de 4 ff. (263-266), précédés d'un f. de garde moderne et d'un f. de garde de parchemin et suivis d'un f. de garde de parchemin (267) et d'un f. de garde moderne.
Pas de réclames. Signatures en chiffres romains I- [XXXIV].
Les ff. 10v-12, 17v-18, 137v-138, 211v-214 et 266v sont blancs.
Foliotation à l'encre noire, XIXe siècle.
Réglure à la pointe sèche.
Reliure de velours bleu sur ais de bois, contre-gardes et gardes en soie rouge (atelier messin, vers 1760) ; appliques et fermoirs (les deux pattes manquent) en argent doré, repoussé et ciselé, orné de gemmes (améthystes, dont une intaille antique, grenats, saphir, cristal) (atelier messin ?, milieu du XVIe siècle ; absence de poinçon d'orfèvre qui se trouvait peut-être sur les pattes des fermoirs) ; tranches ciselées et dorées, milieu du XVIe siècle.
Les appliques au plat supérieur représentent une Lapidation de saint Etienne, avec deux soldats habillés à la Romaine, surmontée d'un phylactère portant l'inscription "Domine, nec statuas illis hoc peccatum" (Actes des Apôtres, 7, 60) ; au-dessus, Christ bénissant ; entre saint Etienne et le phylactère, armes du chapitre cathédral de Metz, [de gueules] au dextrochère [de carnation, vêtu d'azur], mouvant d'une nuée [d'argent], tenant une épée [du même, garnie d'or], accostée en chef de deux cailloux [du même].
Relevé des gemmes : améthystes (pierre ramassée par le soldat de droite ; trois pierres sur la terrasse du saint Etienne, celle de gauche gravée), saphir (pierre portée par le soldat de gauche), cristal (pierre au-dessus de la tête du saint Etienne), grenats (sur les quatre écoinçons du plat supérieur).
Appliques restaurées en 2019 : dépoussiérage au pinceau brosse ; nettoyage enzymatique et à l'éthanol afin d'éliminer les poussières, les anciennes couches de protection, les salissures en surface et inscrustées dans les gravures et reliefs, ainsi que les sulfures ; refixation de l'améthyste dans les mains du soldat à droite avec un adhésif de type cellulosique (dossier BnF-ADM-2019-100387-01). 
Lors de cette restauration divers constatations techniques ont été faites. L'ensemble est homogène, sans remaniement. Les traces de martelage des appliques sont bien visibles en divers emplacements, notamment sur les jambes du soldat de gauche. La face des appliques a ensuite été reprise par gravure à l'aide de burins et de divers outils. Certaines reprises très fines ont vraisemblablement été réalisées après la dorure. Les boutons ovales sur les agrafes et contre-agrafes des fermoirs ont été réalisés à part puis soudés, tout comme les bandes des bâtes sertissant les pierres. Les personnages semblent avoir été fixés sur le plat supérieur par un système d'attaches parisiennes (relief de ce type de montage visible à travers le satin rouge au contreplat supérieur). Les plaques sont fixées par des clous en argent doré qui pourraient être d'origine malgré le remontage au XVIIIe siècle. L'intaille en améthyste est fracturée et lacunaire au-dessus de la tête du personnage. Il est possible que les grenats placés dans les angles inférieurs et supérieurs à gauche aient été posés sur un paillon (feuille de métal en or, argent ou argent doré) posé au fond de la bâte et destiné à en augmenter l'éclat. Les paillons ne sont pas visibles sous les autres pierres qui ont un reflet moins vif. Le cristal au-dessus de la tête de saint Etienne est dépourvu de bâte sur sa partie inférieure. Certaines pierres sont percées, comme la grosse améthyste que tient le soldat à droite, en raison de leur présentation sur fil lors de leur vente. Sur d'autres pierres, comme les grenats en haut et en bas à droite, de petits creux bien lisses témoignent de l'évidage d'une impureté en surface lors de la taille.
Estampille de la Bibliothèque royale de la Convention au Consulat, 1792-1804 (modèle Josserand-Bruno, n° 17).
Ce document est rédigé en latin.
Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits

Conditions d'accès

Communication exceptionnelle, soumise à l’autorisation du directeur du département, sur demande motivée.

Documents de substitution

Il existe une version numérisée de ce document.

Numérisation effectuée à partir d'un document original.

Voir le document numérisé
vignette simple

Historique de la conservation

Réalisé pour uné église non identifiée de Salzbourg, à l'époque de l'archevêque Adalram ; 
cardinal Charles de Lorraine, archevêque de Reims (1538-1574) et évêque de Metz (1550-1551) ; don de celui-ci au chapitre cathédral de Metz entre 1567 et sa mort en 1574 (Inv. 1577, Inventaire des pièces ajoutées au trésor de la cathédrale depuis l'inventaire de 1567 : "Les IIII Evangilistaires couvertes de velours vertes avec un saint Estienne d'argent doré pour ornement" ; éd. Pelt, n° 668) ;
trésor de la cathédrale Saint-Etienne de Metz (Inv. 1604 : "Premier, un Nouveau Testament en parchemin couvert de velour vert enrichy d'un sainct Estienne et deux tirans d'argent doré", éd. Pelt, n° 741 ; Inv. 1682 : "Item un livre des évangiles in folio escript en vélin, couvert de velour vert, enrichy d'un costé du martire de saint Estienne en relief d'argent avec deux fermoirs d'argent doré", éd. Pelt, n° 851 ; Inv. 1765, manuscrits du trésor, n° 1 : "Codex membranaceus in folio, quindecim pollicibus altus, undecim latus, tringinta octo quaternionibus cum dimidio constans. Juxta communem usum hic non intelligatur quaternionis significatio, cum istius voluminis codices quique numero quandoque differant. Quatuor complectitur Evangelia quibus praefixi sunt s. Jeronimi Prologus et ejusdem ad Damasum Epistola. Sequitur capitulatio [...] canon[...] in eleganter partita columnas. Sacrum quemvis textum (simbolo superposito) sui decorat authoris imago [...] tenentes manu calamum, non plumeum qui necdum erat in isu, sed junceum quo etiam nunc Turcae nonnulli scribunt [...] Omnes capitales aureo scriptae sunt sicut et initiales versiculorum quae sunt unciales. Eadem materia scripta est prima cujusvis capituli linea cujus characteres omnes cum caeteris ejusdem sunt altitudinis [...]. Seculo sexto ineunte a peritissima manu [fuit] elaboratum. Panno serico caeruleo vestitus est cui superposita sunt ectypa B. Stephani lapidationem a duobus militibus exhibentia. S. Martir inter eos medius, genibus flexis, manibusque junctis pro lapidantibus orans conspicitur. Ectypa illa sunta ex argento deaurato conflata", éd. Pelt, n° 1052 ; Inv. 1775 : "Item, un livre in folio des Evangiles, écrit sur vélin couvert de velour bleu, enrichi d'un côté du martyr de saint Etienne en relief d'argent doré, de dix pierres sur la couverture et de deux autres sur les fermoirs ; ce manuscrit écrit en lettres onciales est du commencement du sixième siècle, sous le n° 1 dud. catalogue", éd. Kraus, p. 587) ;
saisie révolutionnaire (Inv. 1794, "Notice des manuscrits du trésor de la ci-devant cathédrale de Metz, actuellement déposés aux archives du district de Metz, ladite notice rédigée rédigée sur la demande de la Commission des arts" : "1. Manuscrit sur vélin, couvert de velours bleu, sur lequel le martire de saint Etienne en vermeil doré avec fermoirs enrichis de pierres. La hauteur du volume est de quinze pouces, sa largeur, dix pouces sept lignes. Il y a 266 feuillets non chiffrés. Il contient le texte latin des quatre Evangiles avec le canon, un sommaire et les prologues de saint Jérôme et les portraits des évangélistes. Le commencement de chaque ouvrage est orné de capitales romaines en or. Les pages sont en deux colonnes et toutes écrites en petites capitales d'une forme très nette qui appartiennent au huitième siècle" ; Archives nationales, F17 1176, n° 47) : le volume figure dans la liste des manuscrits de l'ancien trésor de la cathédrale de Metz à devoir, selon dom Germain Poirier, rejoindre les collections de la Bibliothèque nationale (Archives nationales, F17 1176, n° 48) ;
transféré en 1802 à la Bibliothèque nationale par Jean-Baptiste Maugérard sur décision du ministre de l'Intérieur (BnF, Manuscrits, Archives modernes 494, dossier "Metz", non num. : "Département de la Moselle. Inventaire des manuscrits prétieux du trésor de l'église cathédrale de Metz envoyés à la Bibliothèque nationale en exécution de la lettre du ministre de l'Intérieur du 26 brumaire an XI [17 novembre 1802] de la République française [...]. Numéro 1. Manuscrit sur vélin couvert de velours bleu sur lequel le martire de saint Etienne en vermeil doré avec deux fermoirs enrichis de pierres. La hauteur du volume est de quinze pouces, sa largeur, de dix pouces sept lignes. Il y a 270 feuillets non chiffrés. Il contient les textes des quatre Evangiles, avec le canon, un sommaire et les prologues de saint Jérôme. Le commencement de chaque ouvrage est orné de capitales romaines en or. Les pages sont en deux colonnes, toutes écrites en lettres onciales du huitième siècle. [...] Tous lesquels manuscrits au nombre de seize sont sains et entiers et tels qu'ils sont venus des anciens propriétaires. Fait à la bibliothèque publique du département de la Moselle, le neuvième frimaire an onzième de la République française [30 novembre 1802]. Bardon du Hamel").

Les appliques d'orfèvrerie ont été commandées soit par le cardinal Charles de Lorraine en vue de son don au chapitre cathédral de Metz, soit par ce chapitre après le don qui lui a été fait.

Présentation du contenu

Texte de la Vulgate, avec préfaces, canons et sommaires. 
F. 1-84v : Préfaces (voir Stegmüller, n° 595-6) et sommaire en 28 chapitres (voir De Bruyne, p. 270-280 type A): "[…] Prologus IIIIor Evangeliorum" [S. HIERONYMUS] (1-3v) ; "[…] Epistola s. HIERONIMI", (3v-6v) ; "Breviarium ejusdem" (6v-10) ; Canons des Évangiles (12v-17) ; "Evangelium secundum Matheum" (19-84v).
F. 84v-129v : Préface (Stegmüller, n° 607 ) et sommaire en 13 chapitres (De Bruyne, ibid.). "[…] Prologus secundum Marcum" (84v-86) ; "[…] Breviarium" (86-88) ; "[…] Evangelium secundum Marcum" (89-129v).
F. 130-208v. : Préface (Stegmüller, n° 615) et sommaire en 21 chapitres (De Bruyne, ibid.). "[…] Argumentum secundum Lucam" (130-130v) ; "[…] Elenchus ejusdem Evangelii" (130v-137) ; "[…] Evangelium ejusdem" (139-208v).
F. 209-266. : Préface (Stegmüller, n° 624) et sommaire en 14 chapitres (De Bruyne, ibid.). "[…] Prologus secundum Johannem" (209-209v) ; "[...] Elenchus ejusdem Evangelii" (209v-211) ; "[…] Evangelium Johannis" (215-266). 

Fichier Avril

Consulter la fiche numérisée (manuscrits latins d'origine étrangère : Latin 8849)

Le fichier Avril a été constitué entre 1968 et les années 1990 par François Avril, conservateur au département des Manuscrits, à partir d’un examen systématique des manuscrits des fonds latin, français (et partiellement N.A.F.) et italiens, dans la perspective de l’élaboration d’un catalogue scientifique des manuscrits enluminés de la BnF. Cette documentation de travail est tenue à jour et complétée jusqu'en 2003.

Bibliographie

Catalogue
Léopold Delisle, "Inventaire des manuscrits conservés à la Bibliothèque impériale sous les numéros 8823-11503 du fonds latin", Bibliothèque de de l'Ecole des chartes, t. 23, 1862, p. 286.

Texte
Donatien De Bruyne, Sommaires, divisions et rubriques de la Bible latine, Namur, 1914.
Friedrich Stegmüller, Repertorium biblicum medii aevi, t. 1, Madrid, 1940.
Bonifatius Fischer, Die lateinischen Evangelien bis zum 10. Jahrhundert, 2, Varianten zu Markus, Fribourg, 1989, p. 33.

Editions imprimées
Franz Xaver Kraus, Kunst und Alterthum in Lothringen, Strasbourg, 1889, p. 587. 
Jean-Baptiste Pelt, Etudes sur la cathédrale de Metz. Textes extraits principalement des registres capitulaires (1210-1790), Metz, 1930, n° 668, p. 166, n° 741, p.184, n° 851, p. 224, n° 1052, p. 295.

Etudes :
Léopold Delisle, Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale, t. 2, Paris, 1874, p. 14.
Paul Leprieur, "L'art de l'époque mérovingienne et carolingienne en Occident", dans André Michel, Histoire de l'art depuis les premiers temps chrétiens jusqu'à nos jours, t. 1, Des débuts de l'art chrétien à la fin de la période romane, Paris, 1905, p. 338.
Louis Weber, Einbanddecken, Elfenbeintafeln, Miniaturen, Schriftproben aus Metzer liturgischen Handschriften, t. 1, Jetzige Pariser Handschriften, Metz, 1903, p. 26-28.
Albert Boeckler, "Die Evangelistenbilder der Adagruppe", Münchner Jahrbuch der bildenden Kunst, t. 3/4, 1951/1953, p. 122, 128 et 138-141.
Kurt Holter, "Drei Evangelien. Handschriften der Slazburger Screibschule des 9. Jahrhunderts", Österreichische Zeitschrift für Kunst und Denkmalpflege, 1958, n° 3, p. 88-90.
Kurt Holter, "Höhepunkte der frühmittelalterlichen Buchmalerei in Salzburg, Mondsee und Kremsmünster", Christliche Kunstblätter, 1959, n° 4, p. 122.
βFlorentine Mütherich, "Die Buchmalerei am Hofe Karls des Groβen", dans Wolfgang Braunfels et Hermann Schnitzler (dir.), Karolingische Kunst, t. 3, Düsseldorf, 1966, p. 43.
Kurt Holter, "Eine Salzburger Evangelienschrift des 9. Jahrhunderts", Alte und moderne Kunst, t. 126, 1973, p. 9, 12 et 14.
Kurt Holter, "Das Problem der Salzburger bildenden Kunst im Zeitalter Virgils am Beispiel der Buchmalerei dargestellt", Mitteillungen der Gesellschaft für Salzburger Landeskunde, t. 115, 1976, p. 165.
Otto Mazal, "Die Salzburger Dom- und Klosterbibliothek in karolingischer Zeit", Codices manuscripti, 1977/2, p. 48.
Bernhard Bischoff, Die Südostdeutschen Schreibschulen und Bibliotheken in der Karolingerzeit, t. 2, Wiesbaden, 1980, p. 24, 75, 76 n. 70, 144-145 et 191.
Marie-Pierre Laffitte et Valérie Goupil, Reliures précieuses, Paris, 1991, p. 14, 37 (pl. 10), 95 et 99.
Charlotte Denoël, "Aperçu des centres de culture en Germanie", dans Marie-Pierre Laffitte et Charlotte Denoël (dir.), Trésors carolingiens. Livres manuscrits de Charlemagne à Charles le Chauve, cat., exp., Paris, BnF, 20 mars-24 juin 2007, Paris, 2007, p. 230.
Maxence Hermant, "Les manuscrits de la bibliothèque du cardinal de Lorraine", dans Sabine Maffre, Maxence Hermant et Isabelle de Conihout, Un fasteux mécène au XVIe siècle. Le cardinal de Lorraine et ses livres, cat. exp., Reims, bibliothèque Carnegie, 12 septembre-28 novembre 2013, Reims, 2013, p. 31.

Expositions :
Bibliothèque nationale, département des Manuscrits, chartes et diplomes. Notice des objets exposés, Paris, BN, Paris, 1881, n° 289.
Jean Porcher, Les manuscrits à peintures en France du VIIIe au XIIe siècle, cat. exp., Paris, BN, juin-septembre 1954, Paris, 1954, n° 78.
Laurent Le Bon (dir.), Chefs-d'oeuvre ?, cat exp., Metz, Centre Pompidou-Metz, 12 mai-29 août 2011, Metz, 2010, p. 368 (notice de Thomas Casagrande).
Karl der Grosse. Werk und Wirkung, cat. exp., Aix-la-Chapelle, 26 juin-19 septembre 1965, Aix-la-Chapelle, 18965, n° 468.
Sabine Maffre, Maxence Hermant et Isabelle de Conihout, Un fasteux mécène au XVIe siècle. Le cardinal de Lorraine et ses livres, cat. exp., Reims, bibliothèque Carnegie, 12 septembre-28 novembre 2013, Reims, 2013, p. 83, Manuscrits, n° [20].

Informations sur le traitement

Notice rédigée par Maxence Hermant (janvier 2020)