Latin 1152

Cote : Latin 1152
Ancienne cote : Colbert 1339
Ancienne cote : Regius 4559/3
Psalterium Caroli Calvi [Psautier de Charles le Chauve].
IXe s. (842-869)
Ce document est rédigé en latin.
École du palais de Charles le Chauve. Écriture en onciale d'or, sauf 6 f. en minuscule caroline d'or (41, 56, 69v 87v, 103 et 121). Au f. 172v, le copiste donne son nom: « Hic calamus facto Liuthardi fine quievit. » (ici la plume de Liuthard s'est reposée après avoir fini). Liuthard est considéré comme le chef d'atelier de l'école du Palais autour des années 869-870. En 870, lui et son frère, Beringar (Béranger), signent la copie du Codex aureus de Saint-Emmeram de Ratisbonne (Munich, SB, Clm 14000). Dans les Évangiles de Darmstadt (Darmstadt, Landesbibliothek, 746), Liuthard se qualifie de peintre (en notes tironiennes). Il serait responsable de la copie, mais aussi des peintures, selon R. McKitterick (1990) p. 335-336.
Trois peintures avec légendes en vers, tracées en or sur des bandes pourpres (éd. MGH, Poet. lat., III, p. 243): f. 1v, David accompagné de ses musiciens jouant du psaltérion, des cymbales, de la cythare et des cordes: « Quattuor hic socii comitantur in ordine David » ; f. 3, Charles le Chauve, destinataire du psautier, assis sur un trône et tenant sceptre et globe; au-dessus de lui se trouve la main de Dieu: « Cum sedeat Karolus magno coronatus honore / Est Josiae similis parque Theodosio » (voir Poilpré, 2004) ; f. 4, saint Jérôme, traducteur des Psaumes. Initiales peintes (dont 8 grandes) et incipits en or sur fond pourpre. Encadrements. Bordures pourprées et titres en capitales rustiques d'or sur fond pourpre.
Parch., 173 ff. à longues lignes, 240 x 195 mm (just. 140 x 120 mm).
Reliure du IXe s. sur ais de bois rehaussés de plaques d'ivoire d'éléphant sculpté (145 x91 mm) entourées d'un encadrement d'orfèvrerie à cabochons et traces de fermoirs. Premier plat : l'âme de David protégée par Dieu (Ps. LVI) ; deuxième plat : dialogue de David avec le prophète Nathan (Reg. II). (Voir Gaborit-Chopin, 2003, p. 132-133 ; Laffitte et Goupil, 1991, pl. 5-6 ; Goldschmidt, 1914-1926, I, p. 24, pl. xix).
Estampille de la Bibliothèque nationale (1792-1802), modèle identique à Josserand-Bruno, p. 277, n°17.
Fonds produit par : D'après les litanies adressées à Charles le Chauve et à sa première femme Ermentrude (ff. 170-172v), le ms. a été copié entre 842, date de leur mariage, et 869, date de la mort d'Ermentrude. Ce psautier confectionné dans l'atelier du palais de Charles le Chauve, a été donné par le souverain à la cathédrale , peu après son couronnement comme roi de Lotharingie dans cette église et la mort d'Ermentrude (869). D'après une note d' au f. 1, il fut donné en 1674 à par les chanoines de Metz. Il est acquis par la bibliothèque du roi en 1732 avec les mss. de Colbert.

Documents de substitution

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Présentation du contenu

f. 2. « Origo psalmorum David prophetae. David filius Jesse, cum esset in regno suo... » (Ascoli, dans Arch. glott. ital., V, p. 4-5 avec variantes). le f. 3r est vacant.
ff. 4v-155. Psautier gallican.
ff. 155v-166v. Cantiques.
ff. 167. « Oratio dominica », Credo ; f. 167v. « Hymnus angelicus. Gloria in excelsis... »
ff. 168-169. Symbole d'Athanase (Ms. D de Burn, Athanasian Creed, dans Texts and Studies, IV, 1).
ff. 170-172v. Litanies de Saint-Denis, avec invocations à l'usage de Charles le Chauve et de sa femme Ermentrude, dont celle au f. 172, « ut Hirmintrudem coniugem nostram conservare digneris te rogamus audi nos ».
f. 173v. Ancienne page de garde (reliée par la marge sup.), contient une colonne de l' « Officium Stellae » noté en neumes (voir Bibl. Éc. Ch., XXXIV, 1873, 657-658).

Bibliographie

Catalogue: Cat. gén. mss. latins de la BnF, vol. 1 (nos 1-1438), 1939.
Texte: S. Berger (1893). Histoire de la Vulgate..., Paris, p. 404-405 ; V. Leroquais (1940-1941). Les psautiers manuscrits latins des bibliothèques publiques de France, Mâcon, (3 vol.), II, p. 67-70.
Codicologie: A. Goldschmidt (1914-1926). Die Elfenbeinskulpturen aus der Zeit der Karolingischen uns sächsischen Kaiser, Berlin; C. Samaran et R. Marichal (1962). Catalogue des manuscrits en écriture latine portant des indications de date, de lieu ou de copiste, II, Bibliothèque nationale, fonds latin (nos 1-8000), Paris, p. 59 ; P. E. Schramm et F. Mütherich (1962). Denkmale der deutschen Könige und Kaiser, Munich, n°44 ; J. Hubert, J. Porcher, W. F. Volbach (1968). L’Empire carolingien, Paris, fig. 134-136 ; A. L. Vandersall (1976). « The Relationship of Sculptors and Painters in the Court School of Charles the Bald », Gesta 15, p. 201-210 ; W. Köhler, F. Mütherich (1982). Die karolingischen Miniaturen, 5, Die Hofschule Karls des Kahlen, Berlin, p. 9-12 et passim ; R. McKitterick (1990). « The Palace School of Charles the Bald », Charles the Bald. Court and Kingdom, éd. John J. Contreni, Aldershot, p. 326-339 ; D. Gaborit-Chopin (2003). Ivoires médiévaux Ve-XVe siècle, Paris ; A.-O. Poilpré (2004). « Charles le Chauve trônant et la Majestas Domini. Réflexion à propos de trois manuscrits », Histoire de l’art 55, p. 45-54.
Histoire: L. Delisle, Cab. des mss., I, 1868 (réimp. 1978), p. 5-6, 449, 479 et III, 1881 (réimp. 1978), p. 320-321; P. Josserand et J. Bruno (1960). « Les estampilles du département des imprimés de la Bibliothèque Nationale », dans Mélanges F. Calot, Paris, p. 261-298.
Exposition: Mss. à peintures du VIIe au XIIe s., Paris, BnF, 1954, n°52 ; Trésors carolingiens, Paris, BnF, 2007, n°15 et passim

Informations sur le traitement

Notice rédigée par Franck Cinato, d'après M.-P. Laffitte, dans Trésors carolingiens, Paris, BnF, 2007.

Documents de substitution

Microfilm en noir et blanc. Cote de consultation en salle de lecture : MF 2185. Cote de la matrice (pour commander une reproduction) : R 11985