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Français 810

Cote : Français 810  Réserver
Ancienne cote : Rigault II 828
Ancienne cote : Dupuy I 835
Ancienne cote : Regius 7202
Honoré Bovet, Vision du prieur de Salon
XIVe (fin, après 1398).
Ce document est rédigé en latin et en français.
Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits
Paris.

Ecriture bâtarde et bâtarde-cursive. Trois copistes : A : texte : f. 1-2 ; f. 3r, l. 16-29 ; f. 4-36 ; gloses f. 1 ; f. 7v-34 ; B : f. 2v-3 ; gloses : f. 1v-7 ; C : glose f. 9v ?

Décoration :
François Avril a attribué la décoration du volume à un artiste parisien de la fin du XIVe siècle, le Maître du Saint Voult, ainsi désigné d’après son exécution du cycle d’images de la Légende du Saint Voult de Lucques (Cité du Vatican, BAV, Cod. Pal. 1988). Appartenant à la génération d’enlumineurs qui assura la transition entre le style parisien des années 1370-1380 et la floraison de l’art du livre à Paris vers 1420-1430, le peintre se caractérise par des personnages stéréotypés, aux visages carrés et empâtés, aux contours linéaires appuyés, peints par simples à plats et sans épaisseur. Le décor est réduit dans les peintures du ms. Français 810 aux paysages, symbolisés par de simples sols de couleur vert bouteille, parsemés de touffes d’herbe, plantés d’arbres stylisés très reconnaissables sur les enluminures du ms. de la Bibliothèque Vaticane (M.-T. Gousset, La Leyenda de la Santa Faz…, p. 103).

Le cycle iconographique du volume rappelle celui du ms. Français 811, offert par l’auteur à la duchesse d’Orléans, Valentine Visconti, peu de temps auparavant : scène de dédicace avec, dans le champ supérieur, les armes du possesseur ; dessins à la plume, rehaussés de lavis et d’aquarelle, bordés d’une double baguette or et couleur ornée de vignettes (voir notice du Français 811).
Ces dessins, de format supérieur à ceux du Français 811, ont été davantage aquarellés : le manuscrit est décrit dans l’inventaire de 1380 comme « historié et enluminé » (cf. infra historique). Mais le dessin est plus rudimentaire, les personnages stéréotypés, moins expressifs (cf. La librairie de Bourgogne, t. IV, Turnhout, 2009, p. 87-96, notice du ms. des Grandes Chroniques de France (KBR 2), par F. Avril et M. Debae).
Taches noires sur certaines peintures destinées à effacer le visage du sarrasin : f. 10v, 18, 19v. Taches identiques sur le visage de Jean de Meun : f. 21, 26v, 27v, 31v.

F. 1 : scène de dédicace (110 x 115 mm). L’auteur, à genoux devant Jean de Montaigu, grand-maître de l’Hôtel du roi de 1401 à 1409, lui présente son ouvrage. Dans le champ supérieur, est représenté son écu (cf. infra, Historique). Au-dessous du dessin est inscrite la lettre de dédicace. Dans la marge inférieure, écu de France recouvrant l’écu de La Gruthuyse (cf. infra historique).
Seize dessins (65/100 x 80/85 mm.) rythment au cours du texte les entretiens de Jean de Meun avec ses cinq interlocuteurs, le cycle iconographique s’ouvrant et s’achevant, comme dans le Français 811, sur le discours de Jean de Meun au prieur de Salon.

Légende des dessins : f. 4 : apparition de Jean de Meun au prieur de Salon dans le jardin des Tournelles ; f. 6 : Jean de Meun s’adressant au prieur ; f. 6v : Jean de Meun et le prieur de Salon rejoints par un médecin, un juif, un sarrasin et un jacobin ; f. 7 : Jean de Meun s’adressant au médecin ; f. 9v : Jean de Meun s’adressant au juif ; f. 10v, 16v, 17, 18, 19v : entretiens entre Jean de Meun et le sarrasin ; f. 21 : Jean de Meun s’adressant au jacobin ; f. 23 : le jacobin s’adressant au sarrasin ; f. 26v, 27v, 29v : Jean de Meun s’adressant au jacobin ; f. 31v : Jean de Meun s’adressant au prieur.

Décoration secondaire :
Encadrement des miniatures d’une double baguette ornée de vignettes or.
Initiale (6 l.) ornée de vignettes, à prolongement de baguette avec rinceaux de vignettes proche du Français 810, au début du texte (exorde : f. 4).
Initiale champie (4 l.) au début du texte (f. 4).
Initiale champie (3 l.) au début de la dédicace à Jean de Montaigu (f. 1).
Initiales champies (2 l.) au début chaque nouveau paragraphe. Initiales d’attente dans la marge.
Signes dans la marge gauche, en attente des pieds-de-mouche champis marquant des alinéas au sein des discours du sarrasin.

Parchemin ; 36 ff. précédés et suivis de deux feuilles de garde en papier moderne. Contregarde en papier reliure, 360 x 260 mm. (justification : 220 x 110 mm.).

La reliure très serrée ne permet pas le compte des cahiers. Pas de réclames apparentes ni de signatures de feuillets. Verso du f. 3 blanc : selon Arnold, la dissertation latine sur la papauté est restée inachevée : « … Et quia pro nunc sum aliis negociis occupatus, ulterius non procedam » (f. 3). Seule la première question « utrum a papa qui verisimiliter… » a été traitée (cf. Arnold, L’Apparicion maistre Jehan de Meun…, p. 4-5, n. 4).
Nombreuses traces de trous de vers.

La similitude de l’ouvrage avec le Français 811 a été notée, en 1518, par le rédacteur de l’inventaire de la bibliothèque royale où le manuscrit était conservé (cf. infra : Historique) : « La Vision du prieur de Salon, historié, pareil à l’autre en tout et partout, excepté que au commancement [du Français 810] a aucune epistre a Monseigneur d’Orleans … » (Omont, Anciens inventaires…, I, p. 23-24, n° 153).
Mise en page mettant en valeur le poème centré sur une seule colonne, bordée de larges marges qui ont été partiellement remplies de gloses. Premières lignes de la dédicace (f. 1), écrites en lignes courtes, au milieu du premier feuillet sous le dessin correspondant, donnant à la page frontispice une composition harmonieuse. Suite de la dédicace, épître à Louis d'Orléans et dissertation latine en lignes longues (f. 1v-3). Lignes courtes pour la suite du texte. 34 à 35 lignes, vers ou prose, par feuillet.1543 octosyllabes à rimes plates utilisés pour les discours de Jean de Meun et des autres personnages (médecin, juif, sarrasin, jacobin); interventions du prieur de Salon en prose (299 l.). Texte de l’Apparicion en français, dissertation sur la papauté et gloses en latin.

Rubriques introduisant la lettre au duc d’Orléans (f. 1v), les discours des différents interlocuteurs (« Le prieur parle », « Le prieur respont », etc.), l’épître à la duchesse d’Orléans (f. 36), deux citations de prophéties dans les gloses (f. 17). Rubrique introduisant la dédicace à Jean de Montaigu effacée (f. 1). Légende rubriquée des miniatures des f. 29v et 31v inscrite dans la partie supérieure du cadre. Titre de l’ouvrage annoncé à la fin de l’épître à Louis d’Orléans encadré à l’encre (f. 2).

Annotations marginales (écriture moderne), expliquant un terme (f. 11r : « truchement », situant un personnage (f. 21v : « Jean de Montejon, dominicain en 1387 », critiqué pour sa prise de position contre l’Immaculée Conception), ou rappelant une date (f. 34v : « en 1390 », période pendant laquelle Honoré Bovet se trouvait avec Pierre de Chevreuse en Languedoc).

Réglure à la mine de plomb.

Reliure en veau citron avec filet doré à dentelle de motifs floraux sur les plats, refaite sous Napoléon Ier de façon identique à celle du ms. Français 811. Tranche dorée. Dos en maroquin rouge, au chiffre impérial et titre en capitales dorées : « APPARITION / DE / JEAN / DE / MEUN ».
L’inventaire de la librairie royale de 1544 précise qu’il était alors couvert de velours vert .

F.1 et 36v : estampille de la Bibliothèque royale (avant 1724), correspondant au modèle Josserand-Bruno, type A, n° 1.

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Historique de la conservation

Le membre du Conseil à qui Honoré Bovet demande dans sa dédicace de « mettre en diligence avec le roi » les abus à réformer qu’il expose dans son ouvrage, est vraisemblablement Jean de Montaigu (vers 1349-1409), le futur grand-maître de l’Hôtel du roi (1401 à 1409), favori du roi Charles VI dès son avènement au trône. La rubrique indiquant, au recto du f. 1, le nom du dédicataire est effacée. Les armoiries représentées dans l’écu de la scène de dédicace, telles qu’elles sont aujourd’hui visibles, ne sont pas exactement celles des Montaigu : « d’argent, à la croix d’azur cantonnée de 4 aiglons de gueules » (cf. Anselme, VI, p. 377). On reconnaît, cependant, une croix de gueules et quatre aigles de gueules et le volume est considéré comme celui qui lui fut offert le 1er janvier 1399 (n. st.). Il existait trois autres exemplaires du manuscrit : l’original, adressé à Louis d’Orléans, n’est connu qu’à travers les dédicaces àValentine Visconti et Jean de Montaigu. Le second, offert à Valentine, est le ms. Français 811. Une dernière copie fut offerte au duc de Bourgogne, Philippe le Hardi.

Le 17 octobre 1409, Jean de Montaigu, arrêté sur l’ordre de Jean sans Peur était décapité aux Halles de Paris. Ses biens, confisqués, furent attribués, par lettres de Charles VI datées du 26 octobre de la même année, au dauphin Louis, duc de Guyenne (1397-1415). Vingt manuscrits provenant de la librairie du château de Marcoussis furent remis, sur son ordre, à la Librairie du Louvrepar son précepteur Jean d’Arsonval (BnF, ms. Français 2700 [Inv. A], f. 37, art. 911-930) : le texte d’Honoré Bovet correspond à l'article 928 : « La Vision du prieur de Sallon, de lettre de note, historié et couvert de cuir a empraintez, a .II. fermoers d’argent dorez ».
Le manuscrit est mentionné dans les inventaires postérieurs de la Librairie:
1° Inventaire de 1411 [Inv. D] : « Item la Vision du prieur de Sallon, de lettre de note, historiee et enluminee, couverte de cuir vermeil a empraintes, a .II. fermoirs d’argent dorez, commençant ou .II.e foillet : beaux livres. Il avoit, et ou derrenier en lettre rouge : Le prieur en la fin » (BnF, ms. Français 2700, f. 133v, art. 939)
2° Inventaire de 1413 [inv. E] : « Item la Vision du prieur de Salon, de lectre de note, historiee et enluminee, couverte de cuir vermeil a empraintes, a deux fermoirs d’argent dorez, commençant ou .II.e foillet : beaux livres. Il avoit, et ou derrenier en lettre rouge : Le prieur en la fin » (BnF, ms. Français 9430, f. 64, art. 914)
3° Inventaire de 1424 [inv. F] : « Item la Vision du prieur de Salon, de lettre de note, historié et enluminé, couvert de cuir vermeil a empraintes, a deux fermouers d’argent dorez, comanceant ou .II.e fo. : beaux livres. Il avoit, et ou dernier en lettre rouge : Le prieur en la fin : XX s. p. » ( (Bibl. Mazarine, ms. 2030, art. 211).
Les mots repères indiqués dans les inventaires D et E figurent à la première ligne du f. 2 : « [escripre plusieurz] beaulx livres. Il avoit [son estude …]. La rubrique du début du f. 36 commence par l’incipit du dernier feuillet : « Le prieur en la fin [du livre parole a madame d’Orleans] (rubr.)».

Le manuscrit entra, à une date indéterminée, dans la collection de Louis de Bruges, seigneur de La Gruthuyse dont la bibliothèque, constituée à partir de 1460, comprenait quelque cent cinquante volumes. Ses armes se distinguent, à la lampe de wood, sous l’écu de France au bas du f. 1 : « écartelé en 1 et 4 de sable à une croix d’or, 2 et 3 de gueules à un sautoir d’argent ». La mention indiquant la couleur de la reliure, que l’on trouve sur nombre de ses manuscrits, se lit au verso du f. 36 : « grone » : cf. BnF., Français 793, Français 1421 (Baurmeister – Laffitte 1992, p. 193-195).

On ignore les circonstances du passage de la bibliothèque de Louis de Bruges dans la Librairie royale de Blois : cadeau spontané de son fils Jean de Bruges à Louis XII ou saisie royale ? Le volume figure dès le début du XVIe siècle dans les inventaires de la Bibliothèque royale : 1° inventaire de 1518, n° 153 (Blois) ; 2° inventaire de 1544, n° 1426 (Blois) ; 3° inventaire de 1622, n° 828 (Rigault II) ; inventaire de 1645, n° 835 (Dupuy I) ; invenraire de 1682, n° 7202 (Regius).
Cotes inscrites au recto du f. 1 : [Rigault II] « huit cents vinct huit », [Dupuy I] 835, [Regius] 7202.

Présentation du contenu

F.1-36. Honoré Bovet, Apparicion maistre Jehan de Meun.

L’Apparition maistre Jehan de Meun fut rédigée par Honoré Bovet (1345 ?-1405), prieur de Salon, en 1398. Satire violente contre les abus de l’époque, le texte est aussi un plaidoyer pour la défense de la duchesse d’Orléans, rendue responsable, en raison de ses origines lombardes, de la maladie du roi Charles VI. Contrairement au Français 811 qui lui était dédié, le manuscrit ne comporte pas de dédicace à Valentine Visconti, mais le copiste a transcrit à la fin de l’ouvrage (f. 36) l’apostrophe, inspirée de l’histoire de Suzanne (Livre de Daniel, chap. 13), qui lui est adressée : « Belle Susanne, par sa grant saintité …-… revendrons en esté ».
Comme l’a noté Guillaume Petit dans son inventaire de 1518, « … au commancement [du Français 810] a aucune epistre a Monseigneur d’Orleans et une petite question latine disputee pro et contra, assavoir mon : se juxte les terme du droict commun, on pourroit appeler du pape, lequel vouldroit grever le roy » (Omont, Anciens inventaires…, I, p. 23-24, n° 153). Le manuscrit contient, en effet, une dédicace à Jean de Montaigu, une épître à Louis d’Orléans et une dissertation latine sur la soustraction d’obédience à la papauté, qui ne figurent pas dans le Français 811.
Le manuscrit été doté du sigle M dans l’édition d’Arnold, du sigle P1 dans celle de Hanly. Il présente une moins bonne version que le Français 811. Les vers 29-30 et 43-46 manquent dans V (ou P2). Les lignes 146-147 ne figurent pas dans M (ou P1).

F. 1-v. [Dédicace à Jean de Montaigu]. « Mon redoubté Seigneur, j’ay escript un petit libel en cestuy chault temps, en la saison de la chace de l’esprevier. Car tout ainsy que les grans seigneurs s’esbatent lors au plus gay gibier de l’annee …-… Car tout appertement, il est adviz qu’il soit courroucé contre son pueple par especial quant il nous a osté la tres clere lumiere de sainte Eglise et laissié prendre tel avancement aux annemis de nostre foy » (éd. Hanly, p. 58-60).

F. 1v-2. [Lettre à Louis d’Orléans]. « A monseigneur le duc d’Orleans (rubr.) ». « Tres hault Prince et mon tres redoubté Seigneur, Combien que que vous ayez assez affaire sur les occupacions mondaines et sur le gouvernement de vostre terre et de vos subgiez …-… Ly sains Esperiz vous tiengne tousjours en sa sainte garde, et aprez ceste gloire mondaine et de petite duree vous emmaint a la pardurable. Amen. Et sy aura nom cestuy petit libel : L’apparicion maistre Jean de Meun » (éd. Hanly, p. 60-62).

F. 2v-3. [Dissertation latine]. « Pro evidencia materiarum in hoc libello tractarum, et eciam pro eo quia per dominum patriarcam artham super eis scribere fui, diu non est, requisitus, videntur necessario scribende questiones subsequentes ». « Prima est utrum a papa qui verissimiliter creditur velle regem gravare stantibus terminis juris communis possit licite appellari …-… et per Guillelmum de Montelao in sacramentali titulo de indulgentiis et per antiquos .XI. .q. .III. .III. .c. et si dominus et T. Julianus, et quia pro nunc sum aliis negociis occupatus ulterius non procedam » (cf. Hanly, p. 250-258).

F. 4-35v. [Texte]. « A tous ceulx qui vouldront ouyr parler de verité soit de par Dieu donnee bonne perseverance de la soustenir et de la dire, quant lieu sera et proffit sans aucun offendre non deuement ». « En mon deport aprés soupper, heure bien tarde, alay ens le jardin de la Tournelle hors de Paris, qu fu jadiz maistre Jehan de Meun …-… Dieux scet les merveilleux cas que j’en ay veux et ouy dire. Sy prie a Dieu qu’il mette en cuer au roy nostre sire et a vous et a tous ceulx du grant Conseil de prendre aucun bon adviz sur refformacion de telz excez, et vous doint bonne vie et longue. Amen » (éd. Hanly, p. 62-160).

F. 36. [Épître à la duchesse d’Orléans]. « Le prieur en la fin du livre parle a madame d’Orleans (rubr.) ». « Belle Susanne, par sa grant sainteté / Fut diffamee sans nulle verité, / Et condempnee par tres faulx jugement / A prendre mort assez vilainement …-… C’est vraye chose, vraye conclusion / Que tous baraz sormont leauté. / Tres haulte dame, entendés ma chançon. / Aprés yver, revendrons en esté » (éd. Hanly, p. 160).
« De par vostre povre serviteur, le prieur de Sallon, docteur en decret (rubr.) ».

Gloses : 40 gloses en latin, souvent tirées des auteurs classiques et des Décrétales : édition critique par Hanly (op. cit. p. 163-231).
Quelques gloses faisant référence aux évènements politiques récents et aux abus décriés, sont identiques dans les deux manuscrits. D’autres, destinées à Jean de Montaigu, ne figurent pas dans le Français 811.
Gloses identiques: Français 810, f. 5v / Français 811, f. f. 4v : évocation d’un gouvernement plus juste ; Français 810, f. 7v / Français 811, f. 6 : référence à la folie de Nabuchodonosor dans le livre de Daniel pour évoquer la folie du roi ; Français 810, f. 9 / Français 811, f. 7v : allusion à la sédition des maillotins (mars 1382) ; Français 810, f. 17 / Français 811, f. 15v, 16 : prophétie annonçant la défaite de Nicopolis (25 septembre 1396) et l’emprisonnement de Jean sans Peur.
Gloses commentant, sous des formes différentes, les mêmes termes : Français 810, f. 29 / Français 811, f. 27 (v. 1393) : diatribe contre les abus du clergé ; Français 810, f. 30v / Français 811, f. 28 : commentaire sur la saignée (« flobotomia »).
Gloses particulières au manuscrit : évocation de l’Arbre des Batailles qu’il a dédié à Charles VI en 1389 : « Unde venit dominium plenius disputavi in libro quem feci pro rege qui vocatur Arbor bellica… » ; exhortation à Jean de Montaigu à propos de son rôle de conseiller royal (f. 1) ; rappel des devoirs des princes et des rois (f. 1v-2) ; évocation du Roman de la Rose (f. 4v) : « O benedicte Deus, in quanta scientia et sensu naturali habundat ille liber ».
En revanche, la franchise dont l’auteur fait preuve dans sa critique du luxe des princes de ce monde dans le Français 811 n’apparaît pas ici (Français 811, f. 18 et 18v).
L’allusion à l’histoire de Suzanne (Livre de Daniel, chap. 13), victime des faux témoignages à l’exemple de la duchesse d’Orléans, figure au f. 8, mais manque la supplique qui lui est adressée personnellement dans le Français 811 (f. 17v) : « Utinam domina mea Aurelianensis… ».
C’est peut-être, parce que la dissertation sur la soustraction à l’obédience du pape a été transcrite au début du volume, qu’aucune glose n’est consacrée au sujet (cf. ms. Français 811, f. 22, 24v).

Bibliographie

Catalogues:
P. Paris, Les manuscrits françois de la bibliothèque du roi, Paris, 1845, t. 6, p. 243-272, n° 7202. – Bibliothèque impériale, Département des Manuscrits, Catalogue des manuscrits français. , I : Ancien fonds, Paris, 1868, p. 85, n° 810. – H. Omont, Anciens inventaires et catalogues de la Bibliothèque nationale, Paris, 1908-1913, I, p. 23-24, n° 153 [inv. 1518] ; I, p. 228, n° 1426 [inv. 1544] ; II, p. 304, n° 828 [inv. 1622] ; IV, p. 26, n° 7202 [inv. 1682].

Sources imprimées:
L. Douët d’Arcq, Inventaire de la bibliothèque du roi Charles VI fait au Louvre en 1423 par ordre du régent, Paris, 1867, p. 63, n° 211. – L. Delisle, Recherches sur la librairie de Charles V, I, p. 324, n° 103 ; II, Paris, 1907, p. 197, n° 1212.

Éditions :
I. Arnold, L’apparicion maistre Jehan de Meung et le Somnium super materia scismatis d’Honoré Bovet, Paris, 1926 [d’après V (BnF., Français 811)]. – M. Hanly, Medieval Muslims, Christians and Jews in dialogue. The « Apparicion Maistre Jehan de Meun » of Honorat Bovet, Arizona Center for Medieval and Renaissance Studies Tempe, 2005.

Codicologie:
P. Josserand et J. Bruno, « Les estampilles du département des imprimés de la bibliothèque nationale », dans Mélanges d’histoire du livre et des bibliothèques offerts à Monsieur Franz Calot, 1960, 261-298.

Illustration :
Paris 1400. Les arts sous Charles VI, Paris, 2004, p. 154. – La Leyenda de la Santa Faz, Bibliotheca Apostolica Vaticana, codice Palatino Latino 1988, Bibliotheca Vaticana Apostolica, 2009. – F. Avril, M. Debae, notice sur les Grandes Chroniques de France, ms. 2 de la Bibliothèque royale de Bruxelles, dans La Librairie des ducs de Bourgogne : manuscrits conservés à la Bibliothèque royale de Belgique, vol. IV: Textes historiques, B. Bousman dir., Turnhout, 2009, p. 87-96.

Histoire :
L. Merlet, « Biographie de Jean de Montagu, grand maître de France (1350-1409) », dans Bibliothèque de l’École des chartes, XIII, 1852, p. 248-284. – L. Delisle, Le cabinet des manuscrits de la bibliothèque impériale, I, Paris, 1868, p. 48. – P. Champion, La librairie de Charles d’Orléans, Paris, 1910, repr. Genève, 1975, en part. p. 23-24. – U. Baurmeister et M.-P. Laffitte, « La bibliothèque des rois de France », dans Des livres et des rois. La bibliothèque royale de Blois, Bibliothèque nationale, 1992.

Informations sur le traitement

Notice rédigée par Véronique de Becdelièvre (2012), mise à jour septembre 2018

Documents de substitution

Microfilm en noir et blanc. Cote de consultation en salle de lecture : MF 7052. Cote de la matrice (pour commander une reproduction) : R 104876