Latin 919

Cote : Latin 919  Réserver
Ancienne cote : Dupuy 407
Ancienne cote : Regius 3662
Horae ad usum Parisiensem [Grandes Heures de Jean de Berry].
XVe (début, vers 1409)
Ce document est rédigé en latin.
Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits
Paris
Ecriture gothique

Décoration:
D’après l’inscription de Flamel, secrétaire de Jean, duc de Berry au recto du premier feuillet de garde, le manuscrit fut achevé en 1409. L’inventaire de sa librairie rédigé en 1413 en attribue la décoration à Jacquemart de Hesdinet autres peintres travaillant pour le duc (cf. infra Historique). Quelque dix-sept grandes peintures, qui existaient encore en 1488 lorsque le volume reçut une nouvelle reliure sur l’ordre de Charles VIII, ont aujourd’hui disparu, selon Delisle (cf. Recherches…, II, p. 99). La représentation du Port de la croix attribuée à Jacquemart de Hesdin, acquise par le Louvre en 1930, est sans doute l’unique survivante de cette série de peintures (cf. Fastes du gothique…, p. 346-347, cat. 299).
Le manuscrit présente aujourd’hui 24 miniatures d’allégories bibliques dans le calendrier et 28 miniatures illustrant le texte, avec 5 portraits du duc de Berry (ff. 8, 34, 96, 97, 98). Trois artistes ont collaboré à la décoration subsistante : le pseudo-Jacquemart (Jacquemart de Hesdin pour A. Châtelet), le Maître de Boucicaut et le Maître du duc de Bedford : cf. Fastes du gothique…, p. 344-346.
Voir les images du manuscrit sur la base http://mandragore.bnf.fr et dans Meiss, French Painting..., 1967, p. 253-255.

Décoration secondaire :
Initiales peintes ou historiées. Encadrements historiés à toutes les pages, dont 28 aux armes, emblèmes (ours et cygne « navré »), chiffre (V.E entrelacés) et devise du duc de Berry. Représentation de figures grotesques en bout de ligne, empruntées, d’après K. Morand, à deux manuscrits décorés par Jean Pucelle, Les Heures de Jeanne d’Evreux (New York, Metropolitan Museum of art, The Cloisters, Acc. 54.1.2) et le Bréviaire de Belleville (Paris, BnF, mss Latin 10483-10484).

Parchemin ; 126 ff. à 2 colonnes, précédés d’une contregarde de papier moderne et de 2 gardes de parchemin, suivis d’une contregarde de papier moderne ; 400 x 300 mm (justification : 250 x 190 mm).

ff. 7r-v, 17r-v, 23r-v, 27r-v, 30r-v, 33r-v, 40r-v, 43r-v, 52v, 58v, 59-60rv, 63v, 64r-v, 66v, 69r-v, 72-73r-v, 76r-v, 79v, 80r-v, 83r-v, 95v, 99v, 101v, 102-105r-v, 124-128r-v : blancs.
Sur les nombreuses détériorations que subit le manuscrit, voir Delisle, Recherches…, II, p. 286-287.

Réglure à l’encre rouge

Reliure restaurée en 1985 en velours cramoisi. Le volume était couvert d’une reliure luxueuse du vivant de Jean de Berry : cf. infra Historique.

F. 123v : estampille de la « Bibliothecae Regiae », correspondant au modèle Josserand-Bruno type A, pl. XXIII, fig. 1.

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Historique de la conservation


Le manuscrit a appartenu à Jean, duc de Berry. Au recto du premier de garde Jean Flamel, secrétaire du duc, a calligraphié en lettres cadelées : « Ces belles et notables heures fist faire tres hault et tres puissant prince Jehan, filz de roy de France, duc de Berry et d’Auvergne, conte de Poitou, d’Estampes, de Bouloingne et d’Auvergne. Et furent parfaittes et acomplies en l’an de grace mil quatre cens et neuf. Flamel ». On lit au bas du même feuillet : « Les Heures du feu duc de Berry ».
Le volume est répertorié dans l’inventaire de la Librairie du duc de Berry en 1413, sous le titre de « belles et riches Heures » :
« Item une tres grans, moult belles et riches Heures, tres notablement enluminees et historiees de grans histoires de la main Jaquemart de Hodin et autres ouvriers de Monseigneur, esquelles sont les Heures de Nostre Dame, les sept Pseaulmes, les Heures de la Croix et du Saint Esperit, de la Passion et du Saint Esperit encores, et l’Office des mors ; et au commancement du second fueillet des Heures Nostre Dame, a escript : flamme ; couvertes de veluiau violet et fermans a deux grans fermouers d’or, garniz chascun d’un balay, .I. saphir et .VI. grosses perles ; et y a une pipe d’or, ou sont atachiez les seignaulx, garnie d’un gros balay et un grosses perles ; laquelle pierrerie est d’une chaienne en façon de paternostres et de certains culez qu furent de feu messire Jehan de Montagu, declairez lesdiz chastons en la .IIII.e partie du .III.c .IIII.e fueillet ensuivant ; et ont lesdictes Heures un grant chemise de drap de damas violet, doublé de mesmes ; lesquelles Heures mondit Seigneur a faictes faire ainsy et par la maniere qu’elles sont dessus devisees » (Guiffrey 1894, I, p. 253-254).
L’incipit du deuxième feuillet peut être repéré à la première ligne du f. 9 : « [natum per proprium] [f. 9] flamine [sacro… ]».
À la mort du duc de Berry, le volume fut estimé 4000 livres tournois.

Pour François Avril, Les Grandes Heures du duc de Berry seraient entrées dans les collections de Charlotte de Savoie, dont l’inventaire après décès (janvier-mars 1484) cite « ung autre livre en parchemin appelé les Heures de Monsgr de Berry, bien historié » (Paris, BnF, ms. Français 15338, f. 91v, éd. A. Tuetey, dans Bibl. de l’École des chartes, 26, 1865, p. 338-360 et 423-442) : cf. F. Avril, « Un portrait inédit de la reine Charlotte de Savoie », dans Études sur la Bibliothèque nationale et témoignages réunis en hommage à Thérèse Kleindienst, Paris, 1985, p. 255-262.
Selon Nicole Reynaud, Charlotte de Savoie (1441-1483) aurait, vraisemblablement, eu en sa possession les Très Riches Heures plutôt que les Grandes Heures et il y aurait eu une confusion entre les deux manuscrits : cf. « Petite note à propos des Très Riches Heures du duc de Berry.. », dans Quand la peinture était dans les livres…, p. 273.

En 1488, le volume était aux mains du roi Charles VIII, ainsi qu’en témoigne un compte de l’argenterie du roi mentionnant les dépenses effectuées pour la reliure du manuscrit : cf. Delisle, Recherches …, II, p. 284-286. Les ornements exécutés par l’orfévre angevin Nicolas Le Soupple sont encore mentionnés dans les inventaires de la Bibliothèque du roi de 1518 et 1544.

Louis XII hérita du manuscrit. Au bas du premier feuillet de garde, sous la mention indiquant l’appartenance du volume au duc de Berry, a été ajoutée la mention : « appartenant au roy Loys XII ».
Le Latin 919 est répertorié sur l'inventaire de la Librairie royale de Blois en 1518 (n° 325) et 1544 (n° 1746), puis des inventaires postérieurs de la Bibliothèque royale : inv. des frères Dupuy, 1645, n° 407 ; in,v. de Nicolas Clément, 1682, n° 3662.

Cotes inscrites au recto de la première garde (I) : [Dupuy] « 407 » ; [Regius] « 3662 ».

Inventaire 1518 : « Les grandes et belles Heures du feu duc de Berry ; couvertes de veloux cramoisi, a gros cloux d’argent doré, et sont dedans ung sac de veloux tanné » (Omont, I, p. 49, n° 325)

Inventaire 1544 : « Les grans Heures du feu duc de Berry ; couvert de veloux cramoisy, a fermouers d’argent doré et ung sac de veloux tanné » (Omont, I, p. 252, n° 1746)

Présentation du contenu


Cf. Leroquais, Heures, I, p. 9-15.

F. 1-6v. Calendrier avec saints parisiens en lettres d’or.
F. 8-42v. Heures de la vierge.
F. 45. Psaumes de la Pénitence.
F. 49v. Litanies.
F. 53 et 56-58. Heures de la Croix et du saint-Esprit
F. 61-85v. Office de la Passion (le texte se lit : ff. 62-64 et 67, 68, 65, 66).
F. 86-101. Office du Saint-Esprit.
F. 106-123v. Office des morts.

Bibliographie

Catalogues:
V. Leroquais, Les livres d’heures manuscrits de la Bibliothèque nationale, I, Paris, 1927, p. 9-15. – Catalogue général des manuscrits latins, I (Nos 1-1438), Ph. Lauer dir., Paris, 1939, p. 327, n° 919.

Sources imprimées :
J. Guiffrey, Inventaires de Jean de Berry (1401-1416), Paris, 1894-1896, I, p. 253, n° 961. – L. Delisle, Recherches sur la librairie de Charles V, Paris, 1907, p. 99 ; 283-290. – H. Omont, Anciens inventaires et catalogues de la Bibliothèque nationale, Paris, 1908-1913, I, p. 49, n° 325 [inv. 1518] ; p. 252, n° 1746 [inv. 1544] ; III, p. 23, n° 407 [inv.1645], p. 346, n° 3662 [inv. 1682]..

Texte:
P. Perdrizet, Le calendrier parisien à la fin du Moyen Âge d'après le bréviaire et les livres d'heures , Publication de la faculté des lettres de l'université de Strasbourg (fasc. 3), Gap, Ophrys, 1933.

Codicologie:
Richard H. Rouse — Mary A. Rouse, Manuscripts and their makers : commercial book producers in medieval Paris 1200-1500, London, H. Miller publ., 2000, 2 vol. cité t. II, p. 59. –N. Coilly, « La reliure d'étoffe à l'époque de Charles V : l'exemple de Jean de Berry (1340-1416) », Bulletin du bibliophile , 2001, p. 7-35.

Illustrations :
O. Pächt, « A forgotten Manuscript from the Library of the duc de Berry », dans Burlington Magazine, XC-VIII, 1956, p. 149 ; id., « « Un tableau de Jacquemart de Hesdin ? », dans Revue des Arts, VI, 1956, p. 149-160. – M. Meiss, French Painting in the time of Jean de Berry. The late fourteenth century and the patronage of the Duke, London-New York, 1967, p. 256-285, 332-334, fig. 216-244, 249-251. – Id., The Boucicaut Masters, London-New York, 1968, p. 125. – Id., The Limbourgs and their contemporaries, London-New York, 1974, p. 365. – E. König, Französische Buchmalerei um 1450. Der Jouvenel-Maler, der Maler des Genfer Boccaccio und die Anfänge Jean Fouquets, Berlin, Gebr. Mann Verlag, 1982, cité pp. 123, 127 + fig. 303. – G. Th. Clark, The Master of Morgan 453, an illuminator in Paris and Amiens, 1415-1440, Dissertation of Princeton University, may 1988, cité p. 82 + fig. 102, 103. – Chr. Raynaud, « Le massacre des Innocents : évolution et mutations du XIIIe au XVes dans les enluminures », dans Le corps et ses énigmes au Moyen âge, s.d. B. Ribémont, Caen, Paradigme, 1993, p. 157-183, cité dans le cadre de l'étude pp. 170, 175. –A. Châtelet, L’âge d’or du manuscrit à peintures en France au temps de Charles VI et les heures du maréchal Boucicaut, Institut de France, Dijon, 2000, p. 76-82, 169-170. – F.O. Büttner, « Der illuminierte Psalter im Westen », dans The Illuminated Psalter. Studies in the Content, Purpose and Placement of its Images, éd. F.O. Büttner, Turnhout, Brepols, 2001, p. 1-106, cité pp. 22, 28. – Christine Geister Andreaus, « The Boucicaut Masters », Gesta, 41/1 (2002), p. 29-38, cité p. 31. – Eva Lindqvist Sandgren, The Book of Hours of Johannete Ravenelle and the Parisian Book Illumination around 1400, Uppsala, Uppsala University Press, 2002, cité pp. 116, 126 (note 75), 127 (note 110). – H. T. Colenbrander, « Scripta manent . Jacquemart de Hodin, painter from Mons ? », dans Manuscripts in Transition. Recycling Manuscripts, Texts and Images, éd. B. Dekeyzer — J. Van der Stock, Leuven, Peeters, 2005, p. 225-233, cité pp. 225-230, 232. – E. König, Die Belles Heures des Duc de Berry, Theiss, 2004. –E. König, « Innovation et tradition dans les livres d’heures du duc de Berry », dans La création artistique en France autour de 1400. Actes du colloque international, École du Louvre, 7-8 juillet 2004, Musée des Beaux-Arts de Dijon-Université de Bourgogne, 9-10 juillet 2004, É. Taburet-Delahaye éd., Paris, École du Louvre, 2006, p. 25-44, en part. p. 36-41. – E. König, « Innovation et tradition dans les livres d'heures du duc de Berry », dans La création artistique en France autour de 1400. Actes du colloque international, École du Louvre 7 et 8 juillet 2004, Musée des Beaux-Arts de Dijon — Université de Bourgogne 9 et 10 juillet 2004, É. Taburet-Delahaye, éd., Paris, École du Louvre, 2006, p. 25-44, utilisé dans le cadre de l'étude p. 36-41. –C. Reynolds, « The Workshop of the Master of the Duke of Bedford : Definitions and Identities », dans Patrons, Authors and Workshops. Books and Book Production in Paris around 1400, éd. G. Croenen — P. Ainsworth, Louvain, Peeters, 2006, p. 437-472, cité p. 439. – E. König, Die Bedford Hours : Das reichste Stundenbuch des Mittelalters, Theiss, 2007. R. Dückers et P. Roelofs, The Limbourg Brothers : Reflections on the Origins and the Legacy of Three Illuminators from Nijmegen, Leiden, 2009, cité p. 16, 17 n. 7, 122, 138. – A. Châtelet, "Les Très Riches Heures du duc de Berry", dans Art de l'enluminure , Hors-série N° 1, 2010, p.2-10, cité p. 6, 7. –A. Châtelet, "La floraison des marges des manuscrits enluminés", dans Art de l'enluminure, N° 36, 2011, p.70-71, cité p. 70. Kyunghee Pyun et Anna D. Russakoff, éd., Jean Pucelle : innovation and collaboration in manuscript painting, London-Turnhout, cop. 2013, cité p. 25, 73 n. 38. – I. Nettekoven, J'aime tant fort une. Das Studenbuch des Königs Charles VIII, München, 2016, cité p. 35.

Histoire :
N. Reynaud, « Petites notes à propos des Très Riches Heures du duc de Berry et de leur entrée à la cour de Savoie », dans Quand la peinture était dans les livres. Mélanges en l’honneur de François Avril, T M. Hofman et C. Zöhl dir.,Turnhout, 2007, p. 273.

Expositions :
Chefs d’œuvre des peintres enlumineurs de Jean de Berry et de l’École de Bourges, Bourges, Hôtel Cujas, 1951, cat. 6. – Les manuscrits à peintures en France du XIIIe au XVIe siècle, Paris, Bibliothèque nationale, 1955, cat. 183. – Les Fastes du gothique : le siècle de Charles V, Paris, éditions de la Réunion des musées nationaux, 1981, p. 344-346, cat. 298. – Paris 1400. Les arts sous Charles V, Paris, Réunion des musées nationaux, 2004, p. 104, cat. 43A. – Les Belles heures du duc de Berry [exposition, Paris, Musée du Louvre, 5 avril-25 juin 2012, organisée avec le Metropolitan museum of art, New York], sous la dir. de Hélène Grollemund et Pascal Torres, Paris : Louvre, 2010.

Bibliographie

Informations sur le traitement

Notice par Véronique de Becdelièvre (décembre 2011) ; mise à jour octobre 2018

Documents de substitution

Voir les images du Latin 919 sur la base http://mandragore.bnf.fr

Documents de substitution

Microfilm en couleur : Grandes Heures du Duc de Berry. Cote de consultation en salle de lecture : MFC 3. Cote de la matrice (pour commander une reproduction) : ICR 21.

Documents de substitution

Fac similé : Les Grandes heures de Jean de France, duc de Berry, Bibliothèque nationale, Paris . Introduction et légendes par Marcel Thomas, Paris : Draeger frères; Vilo, 1971. FOL- FAC SIM- 553