Français 1589

Cote : Français 1589
Ancienne cote : Rigault I (1622) « 1653 »
Ancienne cote : Dupuy II (1645) « 1091»
Ancienne cote : Regius (1682) « 7610 »
XIIIe s. (1285).
Ce document est rédigé en latin ou français.
Paris.

Ecriture : petite gothique ; au moins trois copistes : le 1er copiste a transcrit les ff.2-104v, c’est-à-dire les cahiers 1 à 13, moins le premier feuillet - il est, selon Rouse, le copiste du manuscrit, BNF, Français 1633 - ; le second copiste a transcrit les ff. 105- 166v, correspondant aux cahiers 14 à 21 ; le 3e copiste, a recopié le f. 1 (vers 1325-1330). Poésies lyriques avec espace prévu pour la musique, mais celle-ci n’a pas été notée. Lettres d’attente pour le filigraneur.
Illustrations : Illustré par un artiste qui copie les miniatures du manuscrit BnF, Français 1633 dues au Maître de Méliacin ou un exemplaire proche :
- f. 3 : un clerc présente à la cour attablée une poule et ses poussins reproduits en or,
- f. 4 : un clerc de Salonique présente à la cour attablée une statuette de cuivre jouant de la trompette,
- f. 5v : Clamazart de Nuflez, un être hideux, petit et noir se présente devant la cour attablée ; avec esquisse à l’encre rouge en marge inférieure,
- f. 7 : le sorcier s’envole devant toute la cour sur son cheval de bois.
La miniature peinte sur le premier feuillet, transcrit vers 1325-1330, a été copiée probablement sur celle du manuscrit BnF, Français 1633, avec quelques modifications. La peinture du ms. BnF, Français 1633 présentait une réunion tenue à l’avènement du jeune Philippe IV le Bel : on y voyait entourant le jeune roi, sept membres de la famille royale, encadrés de part et d’autre de deux officiers royaux. Antoinette. Saly (cf « Les destinataires… ») avait identifié ces personnages comme étant, de gauche à droite : Gaucher V de Châtillon, connétable de Champagne qui porte de gueules à trois pals de vair au chef d’or brisé d’une merlette de sable au canton dextre - c’est le commanditaire probable de l’œuvre ; « le chevalier qui amendé a de son cors tout son lignage » (vers 48 de l’éd. Saly), il deviendra connétable de France en 1302 et meurt en 1329 - ; la reine Jeanne de Navarre, comtesse de Champagne, épouse de Philippe IV le Bel, portant une robe partie d’azur semé de fleurs de lys d’or et de gueules à une chaîne d’or en triple orle ; la reine Marie de Brabant, veuve de Philippe III le Hardi, portant une robe partie d’azur semé de fleurs de lys d’or et de sable au lion d’or armé et lampassé de gueules ; Blanche de France, fille de saint Louis, veuve de l’infant de Castille Ferdinand de la Cerda, portant une robe partie de France à dextre et à senestre de deux quartiers, le premier de gueules au château d’or sommé de trois tourelles du même, l’autre d’argent au lion de sable - elle est la dédicataire de l’œuvre- le jeune roi Philippe IV le Bel ; Jeanne de Châtillon, veuve de Pierre d’Alençon, cinquième fils de saint Louis, portant une robe partie d’azur semé de fleurs de lys d’or à la bordure de gueules et de gueules à trois pals de vair au chef d’or ; Béatrice de Bourbon, épouse de Robert de Clermont, sixième fils de saint Louis, portant une robe d’azur semé de fleurs de lys d’or au lambel de gueules de trois pendants chargés chacun de trois châteaux d’or ; Blanche d’Artois, sœur de Robert II d’Artois et mère de Jeanne de Navarre, portant d’azur semé de fleurs de lys d’or au lambel de gueules de trois pendants chargés chacun de trois châteaux d’or ; Raoul II de Clermont-Nesle, connétable de France portant de gueules semé de trèfles d’or à deux bars adossés de même.
Dans la miniature du manuscrit BnF, Français 1589, les deuxième et troisième personnages en partant de la gauche ne sont plus des reines mais des rois ; le second porte une robe partie d’azur semé de fleurs de lys d’or et de gueules à une chaîne d’or en triple orle ; le troisième porte une robe partie d’azur semé de fleurs de lys d’or et de gueules au lion d’or.
Décoration secondaire : lettres filigranées alternativement rouges à filigranes bleu canard et bleu canard à filigranes rouges ; quelques lettres d’attente en marge. Selon Rouse, le filigraneur du manuscrit Français 1589 a également travaillé dans les manuscrits BnF, Français 1633 (Girart d'Amiens, Meliacin ) et BnF, Français 24404 (Adenet le Roi, Cleomadès et Berte aus grans piés ).

Parchemin ; quelques restaurations anciennes du parchemin (cf. f. 87).167 ff. ; précédés et suivis de deux gardes de papier moderne ; le f. 167 est blanc. 300 x 220 mm (justification 193 x 153 mm) ; 2 colonnes ; 30 lignes par page. Les manuscrits Français 1589 et 1633 sont des manuscrits jumeaux ; leur mise en page est identique : même espace de justification, même nombre de ligne ; ils ont en commun le filigraneur et un copiste (cf Rouse, Manuscripts…).
Cahiers réguliers de 8 ff., sauf le dernier de 7 ff. f. 1-167 : 1-208, 217 ; toutefois le premier feuillet du premier cahier a été recollé. Les cahiers sont numérotés en chiffres romains, en particulier les 13 premiers ; quelques signatures (f. 123). Marques de corrections à la mine de plomb à la fin de tous les cahiers (voir en particulier f. 40v, 152v).
Réglure à la mine de plomb
Reliure en veau raciné, avec dos de maroquin rouge au chiffre de Napoléon III ; titre en lettres d’or au dos « CONTES DU CH. DE FUST ». Au f. 166v mention « conl zauert », semble-t-il, pour le relieur de Louis de Bruges (?) .
Au f. 1 et 166v, estampilles de la Bibliothèque royale, avant 1735, correspondant au type 8 de Josserand-Bruno (p. 270).

Documents de substitution

Numérisation effectuée à partir d'un document original.

Historique de la conservation

Provenance: Commissionné par le futur connétable Gaucher de Chatillon, en même temps que, le manuscrit BNF, Français 1633, son manuscrit jumeau, le manuscrit BnF, Français1589 aurait été produit dans la boutique du libraire parisien Richard de l’Isle-Adam, selon R. et M. Rouse ( Manuscripts…) ; il s’agirait de l’exemplaire destiné au jeune roi Philippe IV le Bel, tandis que le ms. Français 1633 serait l’exemplaire même de Gaucher. Ce qui est certain en tout cas, c’est que le manuscrit a appartenu au roi Jean le Bon : il porte en effet au f. 166, à l’explicit l’ex-libris d’une écriture de la première moitié du XIVe siècle : » Cest Rouman est au duch de Normand[ie] ». Puis il a fait partie de la Librairie du Louvre, sous les règnes deCharles Vet Charles VI. Il est en effet cité dans les inventaires successifs entre1380 et 1424 :
1) Inventaire de Gilles Mallet établi en 1373 et récolé en 1380 par Jean Blanchet [inv. A] : « Meliachin et du Cheval de fust, rymé et bien escript » (BnF, ms. Français 2700, f. 20 , art. 418) ; copie de l'inventaire [inv. B] : « Meliachin et le cheval de fust, rymé et bien escript » (BnF, ms. Baluze 397, f. 10v, art. 440)
2) Inventaire de 1411 [inv. D] : « Meliachin et du cheval de Fust, rimé et bien escript, en françois, de lettre formee, a deux coulombes, commençant ou .II.e fueillet :toute honneur, et ou derrenier : et plus les essauçoit, couvert de cuir, a deux fermouers de laton» (BnF, ms. Français 2700, f. 76, art. 291)
3) Inventaire de 1413 [inv. E] : « Meliachin et du Cheval de fust, rymé et bien escript, en françoys, de lettre formee, a deux coulombes, commençant ou .II.e foillet :toute honneur, et ou derrenier : et plus les essauçoit, couvert de cuir, a deux fermouers de laton » (BnF, ms. Français 9430, f. 24v, art. 332).
4) Inventaire de 1424 [inv. F] : « Item Meliachin et du Cheval de Fust, rimé et bien escript, en françois, de lettre de fourme, a .II. colombes, comenceant ou .II.e fo. : toute honneur, et ou dernier : et plus les, couvert de cuir, a .II. fermouers de laton : XL s. p. » (Bibl. Mazarine, ms. 2030, f. 43, art. 316).
Vendu à Jean de Bedford, régent de France, le manuscrit passa vraisemblablement à la mort de celui-ci en Angleterre en 1435. Il fut par la suite acheté par Louis de Bruges, seigneur de La Gruthuyse, dont il porte les armes au premier feuillet (encore discernables par transparence), recouvertes par celles de Louis XII ; la collection de ce bibliophile fut en effet cédée dans des circonstances inconnues par son fils Jean de Bruges au roi de France (Manuscrits de Louis de Bruges, p. 11, 15 et 326).
Le manuscrit est répertorié dans les différents catalogues de la Bibliothèque royale depuis le catalogue de Guillaume Petit de 1518 (cf. H. Omont, Anciens Inventaires, t. I, p. 8, [ n° 58 ]). Il porte au f. 1 les anciennes cotes de la Bibliothèque royale : Rigault II (1622) « 1290 » (cf. H. Omont, Anciens Inventaires, t. II, p. 345) ; Dupuy II (1645) « 1091» (cf. H. Omont, Anciens Inventaires, t. III, p. 58) ; Regius (1682) « 7610 », (cf. H. Omont, Anciens Inventaires, t. IV, p. 47).
On notera au f. 166v, plusieurs essais de plumes des XIVe et XVe siècle, parmi lesquelles on retiendra les deux suivantes : « Est a mi Joianinet et si ne sai se ja nul jour a me sera »( début XIVe s.) et « Qui se livre emblera a Maugibet pendu sera /et voisit ou il pent ja », avec un dessin malhabile du gibet de Monfaucon (milieu XIVe s.).

Présentation du contenu

[Girart d’Amiens], Meliacin ou le Cheval de fust, ff. 1-166 : « Pour ce j’ai/ mon tans usé/ en mon sens/ en folie usé …- …qui de bon queur l’escouteront/ et qui escrire le feront/ et bien l’escrivain paier ont. » « Explicit li Contes du cheval de fust .» ( éd. A. Saly, 1990, p. 1-640). C’est le manuscrit de base (B) de l’édition d’Antoinette Saly.

Bibliographie

Catalogues:
Texte : Girard d’Amiens, Meliacin ou le Cheval de Fust, Edition critique par Antoinette Saly, Aix-en-Provence, publications du CUERMA, 1990, XIII-713 p. (Senefiances, n° 27). – Girard d’Amiens, Le Roman du Cheval de fust ou de Meliacin, extraits publiés d’après le texte du ms de la Biblioteca Riccardiana de Florence, avec une introduction et un glossaire réduit par Paul Aebischer, Genève, 1974. – Nico Van den Boogaard, « Les insertions en français dans un traité de Gérard de Liège », tiré à part de Mélanges de philologie et de littératures romanes offerts à Jeanne Wathelet-Willem,Liège : Marche romane, 1978, p. 680-697, en partlier p. 690.
Codicologie : Antoinette Saly, « Les manuscrits du Meliacin de Girart d’Amiens », dans Travaux de linguistique et de littérature publiées par le Centre de Philologie et de Littératures Romanes de l’Université de Strasbourg, t. XVIII, 2 (1980), p. 23-35. – Richard H. et Mary A. Rouse, Manuscripts and their Makers. Commercial Book Producers in Medieval Paris, 1200-1500, t. I, 2000, p.103-114.
Histoire : Antoinette Saly, « Les destinataires du roman de Meliacin », dans Travaux de linguistique et de littérature publiées par le Centre de Philologie et de Littératures Romanes de l’Université de Strasbourg, t. XIX, 2 (1981), p. 7-16. – J. Van Praet, Recherches sur la Librairie de Louis de Bruges,seigneur de la Gruthuyse, suivies de la notice des manuscrits qui lui ont appartenu et dont la plus grande partie se conserve à la Bibliothèque du roi, Paris, 1831. –Léopold Delisle, Recherches sur la Librairie de Charles V, Paris, 1907, t. I, p. 323 et t. II, p. 186, n° 1138.. – I. Hans-Collas et P. Schandel, Manuscrits enluminés des anciens Pays-Bas méridionaux, t. I. Manuscrits de Louis de Bruges, Paris, Bibliothèque nationale de France, 2010.
Expositions : La Librairie de Charles V, Exposition à la Bibliothèque nationale, Paris, 1968, p. 85, n° 160.

Informations sur le traitement

Notice rédigée par Marie-Hélène Tesnière; mise à jour Véronique de Becdelièvre (septembre 2018)

Documents de substitution

Documents de substitution, Mandragore

Documents de substitution

Microfilm en noir et blanc. Cote de consultation en salle de lecture : MF 3265. Cote de la matrice (pour commander une reproduction) : R 9485.