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Latin 16374

Cote : Latin 16374  Réserver
Ancienne cote : « Inter sentencias 44 » (Sorbonne, 1338)
Ancienne cote : « 192 » (Sorbonne, XVIIe s.)
Ancienne cote : « 519 » (Sorbonne, XVIIIe s.)
XIIe s. (fin)
Manuscrit en latin
Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits
Paris . Deux copistes. La première main, plus ancienne, est responsable du prologue. 2 col. de 37 l. pour le texte et 2 col. de 34 l. pour le prologue .
Initiale de couleur avec volutes (f. 2va) ; lettres ornées (f. 3ra, 46rb, 82vb, 109ra ). L’ornemaniste est proche de l’artiste au n° 11 de l’article de P. Stirnemann, « Fils de la Vierge. L’initiale à filigranes parisienne : 1140-1314 », La revue de l’art , 90 (1990), p.58-73, précisément p. 72 ; lettres filigranées alternativement rouges à filigrane bleu et bleues à filigrane rouge (2 l.). Rubriques dans le texte (chapitres, subdivisions, auctoritates ). Certaines auctoritates et l’indication de la structure de la démonstration figurent en marge et sont accompagnées d’accolades à l’encre rouge (voir p. ex. f. 9) ; les distinctiones sont indiquées en marge, à l’encre noire d’une main plus tardive. Le numéro des distinctiones est reporté dans la marge supérieure de chaque feuillet à l’angle. Titres courants à l’encre rouge et bleue (numérotation des livres).
Parchemin; piqûres.156 ff. , Pour le texte principal: 230 x 167 mm ; marge sup. = 16/19 mm ; marge inf. = 42 mm ; marge int. = 25 mm ; marge ext. = 30 mm ; entrecolonne = 9 mm. Pour le prologue : marge sup. = 14/17 mm ; marge inf. = 45 mm ; marge int. = 17 mm ; marge ext. = 37 mm ; entrecolonne = 11 mm.
Foliotation moderne ; le f. 1 appartient à un bifeuillet dont le premier feuillet est collé au contreplat supérieur ; 2 cahiers de 10 ff. (2-21); 11 cahiers alternant 1 cahier de 12 ff. et 1 cahiers de 8 ff. (22-133) ; 1 cahier de 6 ff. (134-139)6 ; 1 cahier de 10 ff. (140-149) ; 1 cahier de 6 ff. (150-155) ; le f. 156 est collé au contreplat inférieur ; on devine une signature pour le cahier 1 : « .I us . » (f. 11v, marge inférieure, mine de plomb). On note la présence de quatre signets : le feuillet a été en partie coupé, puis noué afin de signaler le début de chaque livre (voir f. 4, f. 46, f. 82, f. 109).
Réglure à la mine de plomb
Reliure en parchemin avec titre à l’encre au dos « Magister/Sententie/ M. S. » ; le f. 1 comporte des traces de fermoir .
Reliure en parchemin avec titre à l’encre au dos « Magister/Sententie/ M. S. » ; le f. 1 comporte des traces de fermoir ; estampilles de la bibliothèque de la Sorbonne f. 2, 73v, 154v ; estampilles de la Bibliothèque nationale correspondant aux années 1792-1802 (cf. Josserand-Bruno, 277 type 17) f. 2, 154v .

Historique de la conservation

Collège de Sorbonne . Manuscrit mis en gage et laissé à la bibliothèque par Christian de Montrouge, membre du collège de Sorbonne et par Thomas d’Irlande (né entre 1265-1275 ; † ap. 1329), afin de pouvoir emprunter deux petites collections de sermons, la première pour Thomas, la seconde pour lui : « Memoriale magistri Christani de Rubeo Monte pro duabus summulis sermonum, altera quarum est precii .X. sol. et altera precii .XX. sol. Prima erat inscripta magistro Thome de Hybernico, secunda sibimet » (f. 1), formule répétée avec une légère variante « Memoriale magistri Christiani de Rubeo Monte pro duabus summulis sermonum quarum altera est precii .XX. solidorum, alia precii .X. solidorum » (f. 155v). P. Glorieux dans Aux origines …, t. 1, p. 298 propose de dater cette mise en gage entre 1275 et 1315. Thomas d’Irlande était socius du collège le 9 juillet 1295 et il est probable qu’il ait quitté le collège avant 1306 (voir M. A Rouse et R. H. Rouse, Preachers, Florilegia and Sermons : Studies on the « Manipulus Florum » of Thomas of Ireland , Toronto, 1979, p. 93-99) : on peut donc supposer que cette mise en gage a eu lieu durant ses études de théologie et alors qu’il était membre du collège, c’est-à-dire avant 1306 et, vraisemblablement, après les années 1290. Sur les deux membres du collège, voir P. Glorieux dans Aux origines …, t. 1, p. 328 ; pour Thomas d’Irlande, voir surtout M. A Rouse et R. H. Rouse, Preachers, Florilegia and Sermons : Studies on the « Manipulus Florum » of Thomas of Ireland , Toronto, 1979 ; A. Derville, « Thomas d’Irlande », DS , 15, col. 830.Ex libris de la Sorbonne, suivi de l’estimation (f. 1) « Iste liber est pauperum magistrorum de Sorbona, precii XL sol. » puis cote du catalogue de 1338 « Inter sentencias 44 ». Cf. catalogue de 1338, ms. N.a.l. 99, p. 65 « Sentencie 22 »: « 44. [espace réservé] »
Emprunteurs : [d’après Le registre de prêt …, p. 735] : Erardus Emengard (1427) ; Amandus de Brevimonte (avant 1404) ; Radulphus Silvestris (avant 1405) ; Judocus de Liza (1421) ; Petrus Benin (1428) ; Eadmundus Munerii (1428) ; Johannes Cordier (1476) ; Johannes de Monte (1482).Emprunt de Jean de Lignetort : « dominus Johannes de Lignetort (suivi d’une mention de prix ?)» (f. 1).Prix : « … precii XL sol. » (f. 1)
Ancienne cote : Cote de 1338 : « Inter sentencias 44 » (f. 1) ; cote XVIIe s. « 192 » (f. 1) ; cote XVIIIe s. « 519 » (contreplat supérieur) accompagnée de la note suivante « Ce manuscrit du XIIIe siècle contient le livre des Sentences de Pierre Lombard, voyez n° 517 » ; on relève, à l’envers, sur le contreplat supérieur, un numéro d’inventaire ? « Coll. 196 » (non identifié dans le catalogue n. a. l. 100).
Annotations : Deux mains principales annotent l’ensemble du ms. mais la fréquence leurs interventions varie fortement : ainsi, le L. I est extrêmement annoté par les deux mains, le L. II est essentiellement annoté par la main la plus tardive, le L. III n’est quasiment pas travaillé, tandis que les annotations des deux mains sont plus fréquentes au début du L. IV.
- La première main probablement contemporaine de la copie du ms, est de petit module. Elle emploie une encre noire et se trouve essentiellement dans les marges latérales. En général, chaque annotation, souvent très brève, est signalée par un appel de note dans le texte, appel précédant un pied de mouche pour l’annotation proprement dite (voir p. ex. f. 3va, marge ext.commentaire du passage In homine autem spes* ponenda non est… : *beatitudinis ). Elle a recours parfois aux annotations interlinéaires.Cette main a aussi recours à des nota s’étirant tout au long du passage considéré et situés à l’extrême bord du feuillet (p. ex. f. 3, f. 6, f. 57v, f. 75) Elle s’efforce de compléter le texte du Lombard en y rajoutant les glose volatiles et en employant une mise en page particulière pour les plus longues, sous forme de pyramide inversée : p. ex. f. 4, marge ext. « Augustinus in libro Retractationum id est ubi dixi de Patre et Filio qui gignit et quem gignit unum est, dicendum fuit unum sunt, sicut aperte ipsa unitas loquitur dicens : Ego et Pater unum sumus. » ( éd. cit. , p. 62). Voir aussi f. 75, f. 98 (mise en page plus simple), f. 114 (pyramide inversée). On relève aussi trois distinctiones que l’on peut lui attribuer aux f. 67v - 68, f. 78.
- La deuxième main (XIVe s.) intervient systématiquement tout au long du ms pour indiquer les sous-divisons du texte : elle mentionne dans les marges latérales le numéro de la distinction, qu’elle indique aussi en haut de chaque colonne (voir p. ex. f. 53, en marge et à l’angle ext. : « Hic incipit d. .XI. »). Elle signale aussi les chapitres à l’intérieur de chaque distinction et son numéro d’ordre dans l’ensemble du Livre des Sentences. (p. ex. f. 14va, pour la distinction 13 : « 3um capitulum et 89m »), la division en chapitres que cette main indique morcelle énormément le texte des Sentences. Elle signale au lecteur les verba magistri en mentionnant en marge « Magister » (voir p. ex. f. 4rb, f. 8va, f. 46ra), et précise les citations scripturaires et patristiques. Le travail qu’elle effectue sur le prologue correspond à une divisio textus , mentionnant les causes qui poussent le maître à effectuer ce travail (ponit causas hortantes que sunt spes… f. 2ra, marge int.), puis celles qui le retiennent (« quamvis non ambigamus etc. » : ponit causas dehortantes, primo ponit calumpnia…, f. 2, marge inf.). On note un recours aux quatre causes aristotéliciennes : « et primo ponit quid vel de quo scribat quo ad causam materialem. Tertia pars … » puis « Quarta pars : secundum eumdem quomodo scribet quo ad causam formalem… ». (f. 2v, marge int.)
On remarquera aussi l’intervention de mains plus tardives (XVe s.), se cantonnant à des nota et des remarques extrêmement ponctuelles en marge (voir f. 3rb, f. 33vb, f. 116rb).

Présentation du contenu

F. 2ra-154vb [PETRUS LOMBARDUS Sententiarum libri IV ] (P. L., CXCII, 561-962 et BRADY, 1971 et 1981). L. I : [ Prologus ] « Cupientes aliquid de penuria ac tenuitate… – … librorum capitula distinguuntur premisimus » ( éd. cit. , 3-4) (2ra-2va) ; « Veteris ac nove legis continentiam… – … quem Deus non voluit ». « Explicit primus Liber de misterio Trinitatis. Incipit secundus de rerum creatione et formatione corporalium et spiritualium et aliis pluribus eis pertinentibus ( rubr. ) » ( éd. cit. , 55-328 ) (3ra-46ra). – L. II : [ Prologus ] « [M. pro Magister interlin.] Que ad misterium Trinitatis divine… – … considerationem creaturarum transeamus » ( éd. cit. , 327) (46ra-b) ; « Unum esse rerum principium ostendit, non plura, ut quidam putaverunt ( rubr. ) ». « Creationem rerum insinuans Scriptura… – … ut in malis nulli potestati obediamus ». « Explicit Liber secundus ( rubr. ) » ( éd. cit. , 327-580) (46rb-82vb). – L. III : [ Prologus ] « Jam nunc his intelligendis atque pertractandis… – … gratia ad miserum accedat » ( éd. cit ., 23) (82vb) ; « Cum venit igitur plenitudo temporis… – … ut viciorum fere occidantur ». « Explicit Liber tertius ( rubr. ) » ( éd. cit. , 23-229) (82vb-109rb). – L. IV : [ Prologus ] « His tractatis que ad doctrinam rerum pertinent… – … ad doctrinam signorum accedamus » ( éd. cit. , 231) (109rb) ; « … Liber quartus ( rubr. ) ». « Samaritanus vulnerato appropians curationi… – … ad pedes usque via duce pervenit » ( éd. cit ., 231-560) (109rb-154vb).
F. 156 (contreplat inférieur) : sur quatre colonnes, notes théologiques et étymologiques, commentant brièvement des expressions ou des termes du L. I des Sentences . « Ex vi sacramenti quod faciunt nostra… – … eadem essentia. Pater . Filius »
F. 1v : blanc

1) Texte


BRADY (éd.), PETRUS LOMBARDUS, Sententiae in IV libris distinctae , t. I pars I, Prolegomena et t. I, pars II (Liber I et II), Grottaferrata, 1971 ; t. II (Liber III et IV), Grottaferrata, 1981

2) Codicologie


JOSSERAND, Pierre et BRUNO, Jean, "Les Estampilles du département des imprimés de la Bibliothèque nationale", dans Mélanges d’histoire du livre et des bibliothèques offerts à Monsieur Franz Calot , Paris, 1960, 261-298 et pl. XXIII-XXIV
STIRNEMANN, P., « Fils de la Vierge. L’initiale à filigranes parisienne : 1140-1314 », La revue de l’art , 90 (1990), p. 72

3) Histoire


DELISLE, Léopold, Le Cabinet des manuscrits de la bibliothèque impériale [puis nationale ] …, Paris, 1868-1881, t. II, p. 176, p. 193 et t. III, p. 25.
A. Derville, « Thomas d’Irlande », DS , 15, col. 830.
GLORIEUX, Mgr. Palémon, Aux origines de la Sorbonne , t. 1, p. 298, p. 328
ROUSE, R. H., « The Early Library of the Sorbonne », Scriptorium , 21, 1967, p.64 (repris dans ROUSE, R. H. et M.A, Authentic Witnesses : Approaches to Medieval Texts and Manuscripts , Notre-Dame, 1991)
ROUSE, R. H. et M. A, Preachers, Florilegia and Sermons : Studies on the « Manipulus Florum » of Thomas of Ireland , Toronto, 1979, p. 93-99
VIELLIARD, J. (éd.), JULLIEN DE POMMEROL, M.-H. (collab.), Le registre de prêt de la bibliothèque du collège de Sorbonne (1402-1536) , Paris, 2000, cité p. 735, parmi les mss. empruntés

2008
Caire ANGOTTI, "Formes et formules brèves : enjeux de la mise en page. L'exemple des manuscrits des théologiens (XII-XIVè), in Qu'est-ce que nommer? L' image légendée entre monde monastique et pensée scolastique ; actes du colloque du RILMA, Institut Universitaire de France (Paris, INHA, 17 - 18 octobre 2008), éditées par Christian HECK, Turnhout : Brepols, 2008, p. 59-86, cité p.82

2008
Caire ANGOTTI, "Formes et formules brèves : enjeux de la mise en page. L'exemple des manuscrits des théologiens (XII-XIVè), in Qu'est-ce que nommer? L' image légendée entre monde monastique et pensée scolastique ; actes du colloque du RILMA, Institut Universitaire de France (Paris, INHA, 17 - 18 octobre 2008), éditées par Christian HECK, Turnhout : Brepols, 2008, p. 59-86, cité p.82

2008
Caire ANGOTTI, "Formes et formules brèves : enjeux de la mise en page. L'exemple des manuscrits des théologiens (XII-XIVè), in Qu'est-ce que nommer? L' image légendée entre monde monastique et pensée scolastique ; actes du colloque du RILMA, Institut Universitaire de France (Paris, INHA, 17 - 18 octobre 2008), éditées par Christian HECK, Turnhout : Brepols, 2008, p. 59-86, cité p.83

2010
Christian Heck, Qu'est-ce que nommer? L'image légendée entre monde monastique et pensée scolastique , Turnhout : Brepols, 2010

Informations sur le traitement

Notice rédigée par Claire Angotti, revue par Marie-Hélène Tesnière et encodée par Delphine Mercuzot, le 7 août 2013.

Dépouillement bibliographique

Ce dépouillement bibliographique est réalisé de façon systématique à partir des publications acquises par le département des Manuscrits. Il est issu de chargements périodiques (dernier chargement : février 2021).

2015

Mediaeval commentaries on the Sentences of Peter Lombard, vol. 3, dir. Philipp W. Rosemann, Leiden : Brill, 2015, cité p. 84.