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Latin 5747

Cote : Latin 5747  Réserver
Ancienne cote : Rigault I 1232
Ancienne cote : Dupuy I 1346
Ancienne cote : Regius 5277
XV e siècle (début)
Ce document est rédigé en latin .
Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits
Paris. Une main. Le copiste est Nicole Garbet, précepteur des enfants de Louis d’Orléans : l’écriture est identique à celle des mss. BnF., Latin 6405, Latin 7917 et Bibl. mun. Carpentras, ms. 298, signés par lui.
Les deux derniers mots du colophon « in Jugurtino », au f. 46v seraient, d’après Gilbert Ouy, de la main de Jean d’Angoulême: l’écriture est, en effet, très similaire à celle du texte copié dans le ms. BnF., Latin 9684, f. 42 (G. Ouy, op. cit., p. 90) .

Décoration: une peinture au f. 1 représentant Salluste en roi, instruisant les trois fils de Louis d’Orléans : Charles d'Orléans, Philippe, comte de Vertus, et Jean d'Angoulême, identifiables aux feuilles d’orties ornant le tissu vert des trois manteaux. On aperçoit au premier rang Charles.

Décoration secondaire:
Encadrement de la page frontispice (f. 1) de baguettes à prolongement de rinceaux à vignettes et dragon.
Grande initiale ornée (5 l.) à vignettes marquant le début du texte.
Initiales ornées (2 l.) rouges sur fond or, à antennes et prolongement de vignettes aux f. 8, 9, 13, 43, 45v.

Parchemin;46 ff. précédés de 2 feuillets de garde (papier moderne parchemin) et suivis d’un feuillet de papier moderne, 290 x 200 (justification : 200 x 135 mm).

6 cahiers : 1-5 8 (f. 1-40v), 66 (f. 41-46v). Le feuillet de garde a été ajouté et collé. Réclames. Traces de restauration ancienne : f. 29.
Contregardes en papier marbré. 28 longues lignes.

Annotations marginales et interlinéaires de la main de Nicole Garbet : f. 1v, 14v, 34v, 35, 35v : « nota », dont l’abréviation, comportant un "a" suscrit avec trait de fuite développé, est identique à celle que l’on retrouve dans les BnF, Latin 7917 et Latin 9684. Pieds de mouche marginaux (f. 4v, 7v, 10v, 34). Manucules soulignant les « nota » aux f.1v, 34v (cf. Latin 9684, f. 10). Marque humaniste en forme de tige surmontée de trois points aux f. 1 et 18-v (cf. Latin 9684, f. 7v). Manchettes marginales soulignées d’encre rouges signalant les discours remarquables: « Oratio Micipse » (f. 4, paraphe), « Oratio Acherbal[is] » (f. 5v), « Epistula Acherbal[is] (f. 10v), « Oratio G. Mennii (f. 13), « oratio Marii contra nobiles » (f. 34), « Oratio Sille ad Bocchum regem Getulorum » (f. 43), « Oratio regis Bocchi ad Sillam » (f. 45v). Une longue glose marginale (73 x 50 mm) est effacée au f. 1v. Des additions interlinéaires remplaçant un mot gratté (f. 1v), corrigeant une erreur (f.7v), une omission (f. 9) ou développant des points du texte apparaissent aux f. 1-v, 3v, 14v.

Réglure à l’encre.

Reliure refaite le 29 août 1845 par Tripier Bradel au chiffre de Louis-Philippe. Titre en majuscules dorées : C. SALLUSTII / CRISPI / BELLUM / JUGURTHINUM. Le volume était autrefois recouvert de velours violet (cf. infra inventaire de 1544) .

Estampilles de la Bibliothèque royale (Ancien Régime, XVIIe s) : f. 1 modèle Josserand-Bruno, type A, n ° 2 ; f. 46v : modèle Josserand-Bruno, type A, n° 1 .

Documents de substitution

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Historique de la conservation


Le volume a été copié par Nicole Garbet, le précepteur des enfants d’Orléans, et la peinture qui orne le frontispice atteste qu’il fut composé pour les trois fils de Louis d’Orléans (cf. supra). Les additions marginales et interlinéaires incitent à penser que, de même que le manuscrit de Térence (Latin 7917), le volume fut utilisé au cours de leurs leçons.
Le volume porte, semble-t-il, une mention de sa main de Jean d’Angoulême au f. 46v : « in Jugurthino », mais n’apparaît pas sur l’inventaire de sa bibliothèque établi en 1467 (Arch. nat., P 1403, n° 38-39, éd. G. Ouy, op. cit., p. 55-67).
Le ms. fut remis à Charles d'Orléans après la rédaction vers 1442 du dernier inventaire de la librairie ducale de Blois (Laffitte 2018-1, p. 17). Au f. 46v apparaît sa signature rubriquée : « Karolus ». Le volume n'est, en effet, répertorié dans aucun des inventaires de la librairie de Charles d’Orléans établis entre 1417 et 1441 conservés aux Archives nationales (K 500, n° 5 : Inventaire des joyaux du duc d’Orléans au château de Blois, rédigé le 5 mai 1417 par P. Renoul, secrétaire de Charles d'Orléans ; KK 269 : Inventaires de 1427 et de 1436 ; K 500, n° 7 : Inventaire rédigé en 1441 après le retour de Charles d’Orléans de son exil en Angleterre).

Le volume fut conservé à Blois dans un local voisin de la Chambre des Comptes et de la chapelle Saint-Calais entre 1465 et 1501, comme en témoigne l’ex-libris, de la fin du XVe s. inscrit au verso du f. 46 : « de camera compotorum Bles[ensi] (cf. Des livres et des rois. La bibliothèque royale de Blois, Paris, 1992, p. 63).
En novembre 1501, Louis XII reprit les manuscrits de ses parents et le volume prit place dans la Librairie royale de Blois, ainsi qu’il est notifié au recto du feuillet de garde : « Tabula historie in superficie, liber II » (écriture du XVe s.). Cette indication, cancellée, a été remplacée par la suivante : « ex libris historialibus pulpito 2°, ad parietem a parte curie castri, Littera A 3 » (écriture du XVIe s.) (cf. Des livres et des rois. La bibliothèque royale de Blois, p. 23-31). Il est alors classé dans le Répertoire de 1518 sous le n° 842 : « Salustii Jugurthinum Bellum » (Omont, Anciens inventaires et catalogues…, I, p. 106, n° 842).
Le manuscrit est répertorié dans les inventaires postérieurs de la Bibliothèque royale: répertoire de 1544, n° 530 : « Salustius bellum Jugurthinum ; couvert de veloux viollet » (Omont, op. cit., I, p. 184, n° 530) ; catalogue de la deuxième moitié du XVIe s., n °1198 (Omont, op. cit., I, p. 321, n° 1198). Au f. 1, inscription de trois anciennes cotes : [Rigault I] 1232 (Omont, op. cit., II, p. 145), [Dupuy I] 1346 (ibid.), [Regius] 5277 (Omont, III, op. cit., p. 446).

Présentation du contenu

F. 1-2. [Sallustius], [Préface] : « Falso queritur de natura sua genus humanum, quod inbecilla atque evi brevis forte pocius quam virtute regatur (add. interlinéaire : « vere falso ») …-… dum me civitatis morum piget tedetque. Nunc autem ad inceptum redeo » (éd. Ernout, p.130-134). « Explicit prefaxio Salustii » (souligné de rouge). – F. 2v-46v. [Texte] : Bellum scripturus sum quod P[opulus] R[omanus] cum Jugurtha rege Numidarum gessit …-… isque kalendis januarii magna gloria consul triumphavit. Ea tempestate spes atque opes civitatis in illo site sunt » (éd. Ernout, p.134-267).
F. 46v. Distique : « Qui cupis ignotum Jugurthe noscere letum / Tarpeie rupis pulsus ad ima fuit ».
Titre au verso du feuillet de garde en parchemin : "Salustius, Bellum Jugurthinum" (XVIe s.).Le texte présente la version complète de De bello Jugurthino et appartiendrait à la famille des manuscrits « integri » (cf. Reynolds, Texts and Transmission, 341) qui comprennent les chapitres 103.2-112.3 manquant dans certains manuscrits. Le Latin 5747 n’est en revanche cité dans aucune édition de texte.

Bibliographie

Catalogues:
H. Omont, Anciens inventaires et catalogues de la Bibliothèque nationale, I, p. 106, n° 842 ; I, p. 184, n° 530 ; I, p. 321, n° 1198 ; II, p. 145, n° 1232 ; III, op. cit., p. 446, n° 5277. – C. Samaran et R. Maréchal,Catalogue des manuscrits datés, II, Paris, 1962, notice p. 498. – Bénédictins du Bouveret, Colophons de manuscrits occidentaux des origines au XVI e siècle, V, Fribourg, 1979, p. 7, n° 14901, f. 46v.

Sources imprimées :
L. Delisle, Cabinet des manuscrits de la bibliothèque impériale [puis nationale], I, Paris, 1868, p. I, 116.

Édition :
A. Ernout éd., Salluste, Catilina, Jugurtha, Fragments des Histoires, Paris, 1996, p. 125-267.

Texte:
L.D. Reynolds, Texts and Transmission. A survey of the Latin Classics, Oxford, 1983, p. 341-349.

Codicologie:
P. Josserand et J. Bruno, « Les estampilles du département des imprimés de la bibliothèque nationale », dans Mélanges d’histoire du livre et des bibliothèques offerts à Monsieur Franz Calot, 1960, 261-298.

Illustration :
P.-G. Girault, « Portraits et images du prince vers 1400 : l’exemple de Louis d’Orléans », dans La création artistique en France autour de 1400. Actes du colloque international, École du Louvre, 7-8 juillet 2004 Musée des Beaux-Arts de Dijon-Université de Bourgogne 9-10 juillet 2004, É. Taburet-Delahaye éd., Paris, 2006, p. 151-175, utilisé comme source iconographique p. 159 (note n° 19 p. 173).

Histoire:
L. Delisle, Cabinet des manuscrits..., I, Paris, 1868, p. 98-121, en part. p. 103, 110, 116. – P. Champion, La librairie de Charles d’Orléans, nouv. éd., Genève, 1975, p. 95. – É. Rouziès, « Salluste dans les bibliothèques du XVe siècle », dans D'une antiquité l'autre : la littérature antique classique dans les bibliothèques du XVe au XIXe siècle, Lyon, 2006, p. 39-40. – U. Baurmeister et M.-P. Laffitte, Des livres et des rois. La bibliothèque royale de Blois, [catalogue d’exposition], [Paris], 1993, p. 23-31, 63. – C. Fabris, Etudier et vivre à Paris au Moyen Ấge : le collège de Laon, XIVe-XVe siècles, Paris, 2005, p. 419, [notice sur Nicole Garbet n° 262]. – G. Ouy, La librairie des frères captifs. Les manuscrits de Charles d’Orléans et Jean d’Angoulême,Turnhout, 2007, p. 90. M.-P. Laffitte, « À propos de la librairie de la chambre du roi : manuscrits de la bibliothèque personnelle de François Ier hérités des comtes d'Angoulême (1445-1496) », dans Bulletin du bibliophile, 2018-1, p. 11-52, cité p. 17, et n. 21.

Informations sur le traitement

Notice rédigée par Véronique de Becdelièvre ; mise à jour octobre 2018