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Latin 9684

Cote : Latin 9684  Réserver
Ancienne cote : Rigault I 1673
Ancienne cote : Dupuy I 1822
Ancienne cote : Regius 5276
Caius Sallustius Crispus, Bellum Catilinarium ; [Ambrogio Migli] poème; Oudart du Fouilloy,poème; Charles d’Orléans, Le livre contre tout péché.
XVe s. (après novembre 1404-1407). L’ouvrage fut composé entre la fin de l’année 1404 et le 23 novembre 1407 (assassinat de Louis d’Orléans). L’explicit du poème (f. 40-v) permet de situer le terminus a quo : « Cy define maintenant / Ce livret, lequel Dieu donnant / Je nommé [Charles] d’Orléans / Fiz quand je eus acompli .X. ans [24 novembre 1404] ». La peinture des armes de Louis d’Orléans dans l’initiale du f. 1 rend le terminus ad quem antérieur à son décès.
Ce document est rédigé en latin .
Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits
Paris.

Cinq mains : E (f. B-Cv et f. 42 : pièce de huit vers latins), en qui Pierre Champion voit l’écriture de Jean d’Angoulême (La librairie de Charles d’Orléans, p. 99) ; A (f. 1-35) qui serait, selon Gilbert Ouy, un copiste du nom de Monfaut travaillant pour Jean Lebègue et à qui l’on doit la copie du Latin 5762 (G. Ouy, « Jean Lebègue, auteur, copiste et bibliophile », p. 169) ; B (f. 35-v.) ; C (f. 36-37) qui est peut-être Oudart de Fouilloy ( cf. A. Thomas,Romania, t. 22, p. 131) ; D (f. 37v-41, et f. 42 : strophe de six vers latins) en qui l’on reconnaît la main de Nicole Garbet. Les opinions divergent pour l’identification de l’auteur des notes marginales et interlinéaires : cf. infra : notes marginales.

La décoration de l’ouvrage fut confiée à l’atelier du Maître de Bedford , à qui l’on doit également l’illustration de deux autres manuscrits de la Conjuration de Catilina : BnF, ms. Latin 5762 et Genève, Bibl. Publ. Univ., ms. lat. 54, plus tardif (circa 1420-1425) appartenant à Jean Lebègue (1368-1457). On y retrouve les préceptes que l’humaniste consigna dans un guide conçu postérieurement, vers 1417, conservé aujourd’hui à Oxford, Bibliothèque Bodléienne, manuscrit d’Orville 141 (éd. J. Porcher, Paris, 1962).

Le manuscrit comporte une seule miniature au f. 1. Salluste y est représenté sous les traits d’un copiste, assis devant un pupitre dans son étude. Son état d’écrivain est symbolisé par le grattoir et la corne à encre suspendus sur un pan du mur. Son passé militaire est évoqué par les jambières, les éperons d’or qu’il a aux pieds et le valet en armure qui l’attend au-dehors du bâtiment avec un cheval dont une partie du corps est cachée par la pièce où se tient l’écrivain. En dépit des dates différentes de leur exécution, le frontispice est commun aux trois manuscrits et représente Salluste dans son étude selon les préceptes de Lebègue. Les miniatures des manuscrits de Genève (f. 1) et de Paris (Latin 5762, f. 3) sont très proches : même orientation de la scène dans l’espace, structure architecturale en marbre blanc de l’étude identique dans sa simplicité avec un toit plat et un sol en damier plus étendu que dans la scène du Latin 9684, tablette de l’écritoire reposant sur les deux bras du fauteuil occupé par l’écrivain, coiffure de ce dernier de couleur blanche, profil et attitude identique du valet et de son cheval à la robe blanche. Dans la peinture du Latin 9684, l’édifice est orienté vers la droite, son architecture est plus élaborée, les arcatures en marbre rose étant surmontées d’un étage recouvert d’un toit bleu ; la tablette de l’écritoire repose sur deux pieds et non plus sur les bras du fauteuil ; la tunique de l’écrivain est bleue, celle de son valet est rouge ; le cheval de ce dernier n’est pas de face mais montre sa croupe. Dans les trois frontispices, la scène se passe dans un décor planté d’herbes et d’arbres, comme le recommandait Jean Lebègue (cf. A. D. Hedeman, « Making the past present… », fig. 30, 31, 32, p. 175, 176, 177). Les peintures du ms. Genève, Bibl. Publ. Univ. lat. 54 et du ms. BnF., Latin 5762 sont représentées sur fonds rouge à trame d’or. Le fonds de la miniature du Latin 9684 est plus riche, quadrillé de bleu et d’or.

Décoration secondaire :
La page frontispice du Latin 9684 présente une décoration secondaire plus élaborée que le manuscrit Genève, lat. 54 : encadrement d’une bordure dorée à motifs floraux et décoratifs or, blancs, bleus et rose sombre. Large bordure marginale de rinceaux à vignettes rose sombre, bleues et or, et dragon. Bien que l’encadrement de la page soit proche de celle du Latin 5762, la décoration du Latin 9684 dénote une recherche plus aboutie dans les détails des motifs ornementaux et le décor de la bordure dorée encadrant la miniature.
Grande initiale ornée O tracée et relevée par des fleurons en couleur sur fond or avec les armes de Louis d'Orléans (de France au lambel d’argent de trois pendants), marquant le début du De bello Catilinario.
Initiales filigranées bleues, rouges et bleu noir. Lettres d’attente visibles en face de chaque initiale.

Parchemin ;42 ff. précédés de 2 feuilles de papier moderne et 4 feuillets de parchemin (A, B, C, D), et suivis de 2 feuillets de papier , 260 x 180 mm (just. 150 x100 mm).

6 cahiers : 14 (f. A-D) ; 2-68 (f. 1-40v). Les deux derniers feuillets (41-42) ont été ajoutés et collés. Réclames à partir du f. 8v. Le recto du f. D est blanc. 22 lignes par page. Longues lignes pour les f.1-34v.
Indications chronologiques et géographiques des listes chronologiques rubriquées (f. B-C).
La composition de la première partie du manuscrit (f. 1-35) est très proche de celle du ms. Latin 5762 (f. 3-36v) et les deux volumes ont longtemps été considérés comme des « jumeaux » (D. Byrne, « An early French Humanist… », p. 42-43).

Réglure à l'encre rouge.

Reliure de demi-maroquin rouge refaite au XIXe s. sous Louis-Philippe, dont le dos porte le chiffre. Titre en majuscules dorées : C. SALLUSTII / CRISPI / BELLUM / CATILINARIUM (cf. Latin 9684). Le volume était autrefois recouvert de basane verte dont les feuillets de garde conservent des traces.
La page de garde A et les deux derniers feuillets (f. 41, 42) portent en leur milieu la trace du trou d'un ancien clou.

Estampilles:
F. 3 et 40v: estampille de la Bibliothèque royale, antérieure à 1735, modèle Josserand-Bruno, type A, n° 1 .
F. 35 et 41: estampille de la Bibliothèque impériale, 2nd Empire, 1852, modèle Josserand-Bruno, n° 31.

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Historique de la conservation

Le manuscrit a été fait pour le duc Louis d’Orléans dont les armes sont représentées dans l’initiale ornée du f. 1. De même que Térence (BnF. ms. Latin 7917) et un exemplaire du De bello Jugurthino de Salluste (BnF, ms. Latin 5747) copiés par Nicole Garbet, le volume servit pour l’enseignement des enfants d'Orléans. Les f. B-C, et f. 42 comportent des écrits de la main de Jean d'Angoulême (f. B-C, et f. 42).

Le manuscrit fut donné par Jean d'Angoulême à son frère aîné Charles d'Orléans après la rédaction vers 1442 du premier inventaire de la librairie ducale de Blois (Laffitte 2018-1). L'ouvrage n’est , en effet, pas cité dans les inventaires de la librairie de Charles d'Orléans établis entre 1417 et 1441 (AN, K 500, n° 5 : Inventaire de mai 1417 ; KK 269 : Inventaires de 1427 et de 1436 ; K 500, n° 7 : Inventaire établi ca1442, Ouy 2007, p. 41-54). L’ex-libris, dont il marquait ses livres avant la mort de son père, est visible à la lampe de Wood dans la partie supérieure du recto du premier feuillet de garde (Av) : « Constat domino meo comiti de Angolesme ». Le f. 42 porte la mention, lisible également aux rayons infra-rouges : « [Karolo duci Aurelianensi spectat] codex iste ».
Bien que le manuscrit n’apparaisse pas davantage sur l’inventaire de la bibliothèque établi en 1467 (Arch. nat., P 1403, n° 38-39, éd. G. Ouy, op. cit., p. 55-67), il faisait partie de la bibliothèque de la famille d’Orléans conservée à Blois, dans un local voisin de la Chambre des Comptes et de la chapelle Saint-Calais entre 1465 et 1501. Le f. 41 porte la mention : « De camera compotorum Blesensi » (cf. Des livres et des rois. La bibliothèque royale de Blois, Paris, 1992, p. 63)

En novembre 1501, Louis XII reprit les manuscrits de ses parents et le volume prit place dans la Librairie royale de Blois, ainsi qu’il est notifié sur le feuillet de garde Dv : « Tabula Historiae in superficie, liber primus ». Cancellée, cette première mention fut remplacée par l’inscription : « Ex libris historialibus, pulpito 3°, ad parietem a parte curie castri, littera C 3 » (f. Dv). Le manuscrit fut alors classé dans le Répertoire de 1518 parmi les ouvrages non couverts de velours : « Salustii tria volumina, paria, in pargameno » (Omont, Anciens inventaires et catalogues…, I, n° 1561-1563)
Le manuscrit est répertorié dans l’inventaire de la Librairie royale de Fontainebleau, établi, en 1544 sous les n° 575-578 : « Salustius, couver[t] de cuir tanné (Omont, op. cit., I, n° 575-578). Ces mêmes trois ouvrages, sans qu’il soit possible de différencier le manuscrit, figurent dans le catalogue de Paris, fin XVIe sous les numéros 1197, 1199 ou 1200 (Omont, ibid.).
Le manuscrit semble avoir disparu des catalogues après 1682 (catalogue de Nicolas Clément), comme le signale la mention rapportée par l’abbé Sellier, garde de la bibliothèque royale de 1726 à 1761, au f. Av : « manuscript oublié dans le catalogue et à porter ». Il n’est, en effet, pas répertorié dans le Catalogus codicum manuscriptorum Bibliothecae regiae de 1744. Il n’avait cependant pas quitté la Bibliothèque royale puisqu’il porte aux f. 3 et 40v une estampille antérieure à 1735 et qu’on lui avait attribué la cote « lat. 5747 A », en prenant pour base le ms. Latin 5747 (Sallustius, De bello Jugurthino). Repris en compte, il est cité dans le registre des Acquisitions du département des Manuscrits de la BnF en 1756 (Archives Ancien Régime, 65, f. 361) : « Salustii Crispi de Catelinario bello liber, codex membranaceus 15. s., cum figura, in-4° »
Cinq anciennes cotes sont inscrites au recto du f. B : [Rigault I] 1673 : « Series imperatorum a Julio Caesare ad Fridericum II. Series regum Francorum a Pharamundo ad Ludovicum IX. Sallustii de bello Catilinario » (Omont, II, p. 201, n° 1673) ; [Dupuy I] 1822 (ibid.) ; [Regius] 5276, Supplt. Lat. 845 ; Lat. 5747A (barré).

Présentation du contenu

Texte:
F. 1-35. [Sallustius, Bellum Catilinarium].
F. 1-3. [Préface] : « Omnis homines qui sese student prestare ceteris animalibus summa ope niti decet, ne vitam silencio transeant veluti pecora …-…De cujus moribus hominis pauca explanananda sunt priusquam inicium narrandi faciam » (éd. Ernout, 54-58). – F. 3-35. [Texte] : « Lucius Catilina nobili genere natus fuit magna vi animi et corporis, sed ingenio malo pravoque. Huic ab adolescencia bella intestina, cedes, rapine, discordia civilis grata fuere …-… Fuere item qui inimicos suos cognoscerent. Ita varie per omnem exercitum leticia, meror, luctus atque gaudia agitabantur » (éd. cit., 58-124). « Salustii Crispi de Catelinario bello liber explicit ».

F. 35-35v. [attribué à Ambrogio Migli, poème de 32 vers latin].
« Hic infra Sibilla vates alloquitur illustres domini ducis Aureliani genitos monetque pro eorum per egregios mores exaltatione ». « Indole Cesarei fratres solique nepotes / Liliferi solii Ludovici parte parentis …-… Subdere per magnas patrias, fulgere triumphis. / Vos modo magnanimis fortes incumbite factis ». (éd. G. Ouy, dans « Humanisme et propagande politique… », p. 37-38).
Pour Léopold Delisle (Cab. des manuscrits, I, 103-104) et Antoine Thomas (Romania, XXII, 130), l’auteur de ce poème serait Oudart de Fouilloy, précepteur de Jean d’Angoulême, dont le f. 37 porte la signature. Gilbert Ouy réfute cette assertion et l’attribue à Ambroglio Migli, secrétaire de Louis d’Orléans, qui semble avoir participé à l’éducation de ses trois fils (La librairie des frères captifs, p. 95-96). Pour l’auteur, le poème offre de frappantes similitudes avec deux autres écrits d’Ambrogio Migli conservés à la BnF., NaL. 1793, f. 211-v et Latin 7371, f. 123v-124 (cf. « Humanisme et propagande politique… », p. 20).

F. 36-37. [Oudart du Fouilloy, poème de 55 vers] intitulé « Historia ad dilectionem Reipublice excitativa a Valerio Maximo scripta libro quinto, titulo « De gratis erga patriam » taliter sicut sequitur versificata » (add. d’une autre encre : ab O. d. F.).
« Urbs romana potens claris celebrata triumphis / Atque oratorum modulis vatumque camenis …-… Sperneret. Ast sponte totos expromeret artus / [ ?] nunc stares Christi que arx alta maneres ». « Hec Odo de Fouillaco ».(éd. partielle Champion, La librairie de Charles d’Orléans, p. 98).

F. 37v-41. [Charles d’Orléans, Le livre contre tout péché].
« qui veult a grant honneur venir / Il doit l’amour Dieu acquerir …-… Et a la gloire parvenir / Qui duras tousjours sans faillir. / Amen ». / « Explicit ».(éd. Champion, Charles d’Orléans, Poésies, II, p. 545-550).
Faussement attribué à Louis XII (A. Champollion-Figeac, Notice historique et littéraire sur Charles duc d’Orléans…, p. XXXVI-XXXVII) et à Jean d’Angoulême (G. Dupont-Ferrier « Jean d’Orléans, comte d’Angoulême… », p. 52, n. 2), le poème fut composé par Charles d’Orléans, enfant, qui y versifia l’enseignement dispensé par son maître Nicole Garbet sur les sept péchés capitaux (A. Thomas, Romania, XXII, p. 131). .

Feuillets de garde :
F. B-Cv. [Listes historiques].
F. B. [Liste des empereurs romains d’Occident et d’Orient]. « In primis Julius Cesar imperavit ante adventum Christi annis […], cui successit Octovianus dictus Augustus Cesar, cujus anno 42 natus est Christus, et post nativitatem Christi imperavit annis 14 ». « 16 (rubr.) Tiberius. / 40 (rubr.) Gaius qui et Calligula …-… Constantinus filius Leonis cum Hirene matre sua ». – F. B-va. [Liste des empereurs d’Occident et du Saint-Empire Romain Germanique]. « Post ea Romanum imperium ad reges Francorum, Karolo Magno filio Pipini regis ad rogatum Romanorum, tempore Adriany pape, facto imperatore, sed tamen in Constantinopolis imperium processit per successionem Nicefori qui post Irenem illud imperium occupavit …-… usque ad tempus Karoli Magni. Et deinde ceperunt Greci imperatorem proprium habere et eum imperatorem Constantinopolitanum appellare ». F. Bv. « 802 (rubr.) Karolus Magnus. / 815 (rubr.) Ludovicus Pius cum Lothario filio …-… Otho .IIII.us. / Fredericus .II.us ». – F. Bvb. [Liste des empereurs byzantins]. « Modo revertamus ad imperatores qui apud Constantinopolim post Hirenem, matrem Constantini Sexti supradicti, imperaverunt …-… Alexius nepos Ysaici Cumeano vic. pug[n]avit cum Roberto Wiscardo. Johannes Porphiro genitus filius ejus ». – F. Cr-va. [Liste des rois de France]. « Franci origine Trojani, post eversionem Troie, Priamo quondam duce, inde digres[s]i juxta Traciam super ripam Danubii consederunt edificantesque ibi civitatem, vocabant eam Sicambriam …-… Deinde transivit regnum aliquandiu in tetrachiamque quatuor filii Cladovii sibi successerunt, sed tandem monarchia ad Clotarium, filium Cladovii, revertetur, ut subta declarant ». « Suessionis (rubr.), Clotarius ; Parisius (rubr.), Childebert ; Metis (rubr.), Theodoricus / Theodebertus / Theodebaldus ; Aurelianis (rubr.), Clodomirus …-… Philippus / Ludovicus ». – F. Cvb. [Liste des rois de Rome]. « De regno Latinorum ». « Regnum Latinorum, ut dicunt, sub Jano primo rege exortum ab anno .76. …-… Tarquinus Superbus .35. ». « Post hoc, pulsis ab Urbe regibus, consules Rem publicam tractabant usque ad Julium Cesarem […] per annos 462, Brutus expulsis regibus, primus consul ».

F. 42. [Strophe de 6 vers latins]. « Anglorum regno pro morte privata mariti / Formoso Ludovici filio ducis / Aurelianensis Karolo compendii pulcra / Francorum nupsit Ysabellis, filia regis / Anno millesimo .CCCC.mo julii sexto / Vicesima nona. Faveant Superi, precor ipsis » (Champion, op. cit., p. 99 ; A. Thomas, art. cit., p.130, n. 1).
Ces vers, qui semblent avoir été copiés par Nicole Garbet, font allusion au mariage de Charles d’Orléans et d’Isabelle de France, veuve de Richard II, le 29 juin 1406.

F. 42. [Poème de huit vers latins]. « Munus fit judex. Fraus est mercator in orbe, / Nec lex est dominis nec timor est pueris …-.. Etas ridetur ; mulier pulsatur amore. / Dives laudatur, pauper adheret humo » (Champion, op. cit., p. 100).

Additions marginales et interlinéaires :
Selon Antoine Thomas, les notes marginales auraient été ajoutées par Oudart de Fouilloy, précepteur de Jean d’Angoulême, qui aurait supervisé l’exécution du manuscrit (Romania, t. 22, p. 131). Pierre Champion y voit la main de Nicole Garbet (La librairie de Charles d’Orléans, p. 100). Pour Gilbert Ouy et Anne D. Hedeman, on y reconnaît l’écriture de Jean Lebègue qui a supervisé l’exécution du volume (Patrons, Authors and Workshops…, p. 169 et 179).
L’ensemble des annotations rappelle les additions marginales des mss. Latin 7917 (Terentius, Comediae) et Latin 5747 (Sallustius, De bello Jugurthino) annotés par Garbet pour l’enseignement des jeunes princes d’Orléans. Les notes attirent l’attention des élèves sur une phrase, un mot ou une définition du texte : « nota » (f. 1v, 2r-v, 3v, 4, 5v, 6, 7, 10, 31), « notate » (f. 26v, 28v), « notate diffinicionem avaricie » (f. 6), « notate de amicitia » (f. 10), « notate de libertate » (f. 16), « notate domini mei » (f. 25). F. 10, manucule, plus finement dessiné que dans le Latin 5747 (f. 1v et 34 v). Manchettes marginales signalant les discours remarquables: « nota orationem L. Cateline » (f. 10), « Epistula » (f. 15v, 16v, 20v). Additions interlinéaires (f. 13, 19, 24, 32v), pieds de mouche marginaux (f. 10, 15v, 16v, 20v) émaillent le texte. Marque humaniste en forme de tige surmontée de trois points aux f. 7v (cf. Latin 5747, f. 16 et 18-v).

Bibliographie

Catalogues:
L. Delisle, Inventaire des manuscrits conservés à la Bibliothèque impériale sous les n° 8823-11503 du fonds latin, Paris, 1863, p.43, n° 9684. – Ch. Samaran et R. Marichal, Catalogue des manuscrits en écriture latine, III, Paris, 1974, 632. – H. Omont, Anciens inventaires et catalogues de la Bibliothèque nationale, I, p. 151, n° 1561-1563 ; I, p. 186, n° 575-578 ; I, p. 321, n° 1197, 1199-1200 ; II, p. 201, n° 1673 ; III, p. 446, n° 5276.

Éditions :
G. Ouy, « Humanisme et propagande politique en France au début du XVe siècle : Ambrogio Migli et les ambitions impériales de Louis d’Orléans », dans Atti del convegno su « Culture et politique en France à l’époque de l’Humanisme et de la Renaissance », Turin, 1974, p.37-38. – Charles d’Orléans, Poésies, II : Rondeaux [Annexe : Le Livre contre tout péché], éd. P. Champion, nouv. éd., 1983, p. 545-550. –Salluste, Catilina, Jugurtha, Fragments des Histoires, éd. Alfred Ernout, Paris, 1996, p. 54-124.

Texte:
A. Thomas, « Les premiers vers de Charles d’Orléans », dans Romania, 22, 1893, p. 128-133. – G. Dupont-Ferrier, « Jean d’Orléans, comte d’Angoulême, d’après sa bibliothèque », dans Mélanges d’histoire du Moyen Ấge publiés sous la direction de Luchaire, Paris, 1897, p. 39-92, en part. p. 52, n. 1. – L.D. Reynolds, Texts and Transmission. A survey of the Latin Classics, Oxford, 1983, p. 341-349. – G. Ouy et C.M. Reno, « Où mène le Chemin de long estude ? Christine de Pizan, Ambrogio Migli et les ambitions impériales de Louis d'Orléans. A propos du ms BNF fr. 1643 », dans Christine de Pizan 2000. Studies on Christine de Pizan in Honour of Angus J. Kennedy , Ed. J. Campbell — N. Margolis, Amsterdam, Rodopi, 2000, p. 177-195, cité p. 178-179. – É. Rouziès, « Salluste dans les bibliothèques du XVe au XIXe siècle », dans D’une antiquité l’autre : la littérature antique classique dans les bibliothèques du XVe au XIXe siècle, Lyon, 2006, p. 39-40.

Codicologie:
P. Josserand et J. Bruno, « Les estampilles du département des imprimés de la Bibliothèque nationale », dans Mélanges d’histoire du livre et des bibliothèques offerts à Monsieur Franz Calot, 1960, p. 261-298. – Gilbert Ouy, «In search of the earliest traces of french humanism : the evidence from codicology» , dans The Library chronicle (Philadelphia, Pa.) , , vol. 43, n. 1 (1978 spring), p. 3-38 ; cité p. 37, n. 44 (f. 35 r. et v.) . Gilbert OUY, « Jean Lebègue (1368-1457), auteur, copiste et bibliophile », dans Patrons, Authors and Workshops. Books and Book Production in Paris around 1400 . Ed. G. Croenen — P. Ainsworth, Louvain, Peeters, 2006, p. 143-171, cité p. 169.

Illustration:
J. Porcher éd., Jean Lebègue. Les histoires que l’on peur raisonnablement faire sur les livres de Salluste, Paris, 1962, p. 13-18 ; id.,Jean Lebègue, illustrateur de Salluste, Paris, 1962. – M. Meiss, French Painting in the time of Jean de Berry, III, New-York, 1974, 368. – D. Byrne, « An early French Humanist and Sallust : Jean Lebègue and the Iconographical Programme for the Catiline and Jugurtha », dans Journal of the Warburg and Courtauld Institutes, t. 49, 1986, p. 41-65, en part. p. 42-43. – A. D. Hedeman, « Making the Past Present : Visual Translation in Jean Lebegue’s « Twin » Manuscripts of Sallust », dans Patrons, Authors and Workshops : Books and Bookproduction in Paris around 1400, dir. G. Croenen, P. F. Ainsworth, Paris-Louvain, 2006, p.173-196, en part. p. 173-180. – A. D. HEDEMAN, « L'humanisme et les manuscrits enluminés : Jean Lebègue et le manuscrit de Salluste de Genève, Bibliothèque publique et universitaire, ms. 54 », dans La création artistique en France autour de 1400. Actes du colloque international, École du Louvre 7 et 8 juillet 2004, Musée des Beaux-Arts de Dijon — Université de Bourgogne 9 et 10 juillet 2004, É. TABURET-DELAHAYE (éd.), Paris, École du Louvre, 2006, p. 449-464, cité pp. 449, 451 (Salluste, Conjuration de Catilina , ms. des fils de L. d'Orléans).

Histoire:
L. Delisle, Cabinet des manuscrits de la bibliothèque impériale, I, Paris, p. 98-121, en part. p. 104, 116. – P. Champion, La librairie de Charles d’Orléans, nouv. éd. Genève, 1975, p. 59-60, 96-100. – C. Fabris, Étudier et vivre à Paris au Moyen Ấge : le collège de Laon, XIVe-XVe siècles, Paris 2005, p. 419, n° 262. – G. Ouy, La librairie des frères captifs. Les manuscrits de Charles d’Orléans et de Jean d’Angoulême, Turnhout, 2007.

Expositions:
Les manuscrits à peinture en France du XIIIe au XVIe , Paris, 1955, p. 100, n° 209. – U. Baumeister et M.-P. Laffitte, Des livres et des rois. La bibliothèque royale de Blois, [catalogue d’exposition, Blois 20 juin-30 août 1992 ; Bibliothèque nationale de France, 15 octobre 1992-17 janvier 1993], [Paris] 1993, p. 40-41, n° 2. – Paris 1400. Les arts sous Charles VI [catalogue d’exposition, musée du Louvre, 22 mars-12 juillet 2004], Paris, 2004, n° 117A.

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Le fichier Avril a été constitué entre 1968 et les années 1990 par François Avril, conservateur au département des Manuscrits, à partir d’un examen systématique des manuscrits des fonds latin, français (et partiellement N.A.F.) et italiens, dans la perspective de l’élaboration d’un catalogue scientifique des manuscrits enluminés de la BnF. Cette documentation de travail est tenue à jour et complétée jusqu'en 2003.

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Notice rédigée par Véronique de Becdelièvre; mise à jour octobre 2018

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