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Supplément grec 101

Cote : Supplément grec 101 
Recueil de textes théologiques et moraux
Milieu du XVe s.
215 × 145 mmff. II. 127, environ 20 lignes.
CAHIERS – Deux parties de manuscrits distincts, mais contemporains : a(ff. 1-95) 8 cahiers : 1 septenion (1-14), 2 senions (15-38), 1 senion amputé d’un f. après le f. 45 (39-49), 1 senion (50-61), 1 septenion (62-75), 1 senion (76-87) et 1 quat. (88-95). Signatures α’-η’ dans l’angle supérieur droit du premier recto de chaque cahier ; seules les signatures α’ (f. 1) et δ’ (f. 39) semblent être de première main. Numérotation p(ri)mo, s(e)c(on)do, terzo et quarto dans l’angle inférieur droit du premier recto des cahiers ε’ à η’ par une main italienne du XVe s. b(ff. 96-127) 4 quat. Signatures ς’-θ’, de première main, dans l’angle supérieur droit du premier recto de chaque cahier ; signature θ’ également au f. 127v, dans l’angle supérieur gauche. Folios blancs : 48v-49v, 75rv, 95rv, 118v et 119.
Papier.
FILIGRANES – a(ff. 1-38. 62-95) lettre R surmontée d’un trait terminé par une croix, cf. Briquet 8936 ; b(ff. 39-54. 57-61. 96-127) trois monts surmontés d’un trait étoilé, cf. Briquet 11748-11755 ; c(ff. 55-56) lampe ou autre objet suspendu, cf. Briquet 7878.
ÉCRITURE – Trois mains : A, ff. 1-44v. 50-94v ; B, ff. 45-48 ; et C, ff. 96-127v, la copie semble avoir été faite en plusieurs fois, ce qui a entraîné des irrégularités dans la présentation. Pages réglées à la pointe sèche. Surface écrite : 150 × 95 mm [ff. 96-127v].
DÉCORATION – Titres ou incipit (ff. 22v, 50, 76), bandeaux (ff. 50 et 76) et quelques initiales (ff. 15, 18-21, etc.) à l’encre rouge.
RELIURE – Italienne de la première moitié du XVIe s., alla greca : tranchefiles dépassant un peu la hauteur du codex, ais de bois de mêmes dimensions que les cahiers, mais dos à nerfs. Couvrure de maroquin brun. Sur chaque plat, décor estampé à froid : dans un encadrement rectangulaire, motifs entrelacés obtenus par la répétition d’un petit fer représentant deux cornes d’abondance (cf. T. de Marinis, La Legatura artistica in Italia nei secoli XV e XVI, t. II, Florence 1960, p. 12, pl. CCCXII, p. 19 et pl. CCXXIV) ; au sommet du plat postérieur, un titre en capitales dorées, ΤΑ ΕΥΑΓΓΕΛΙΚΑ. Au dos, décor de filets à froid ; au milieu du dos, entre deux nerfs, a été collée une étiquette de parchemin sur laquelle une main du XVIIe s. a écrit Explicatio quarumd(am) Evang(eliorum) Vocu(m).

Présentation du contenu

I (ff. 1-95) Première partie, rédigée en une langue souvent très déformée.

1 (ff. 1-4v) Définition et étymologie de seize termes philosophiques, ἑπόμενον, δεῖγμα, διάκοισης (sic), πρόκρησις (sic), ἅρμοσις (sic), συνέπεια, προθήκη, ἐπότρυσις (sic), ἐνέργεια, χρεία, ἀνάγκη, πρωτότυπον, ἐοικόμενον (sic), ληπτόν, τέλειον, κίνδυνον, que l’on retrouve tous employés dans la partie suivante, inc. (definitio 1) Τί ἐστι ἑπόμενον ; Τὸ προτιμεύων καὶ συνακολουθῶν ἵνα γεννηθεῖ (sic), des. (definitio 16) περὶ δὲ ἑπομένου, ὁ κινδυνεύσας ἐθαυμαστώθη· θαυμάσια λέγονται τὰ ἐκεῖνα.

2 (ff. 5-74v) Considérations visant au redressement des erreurs et des péchés, présentées en paragraphes détachés, dont chacun commence ou finit par une citation de l’Évangile de Matthieu, Ἐν ὀνόματι τοῦ πάντων δωτῆρος τρισυποστάτου τῶν ὅλων θεοῦ, εἰς ἱερὸν ἅγιον εὐαγγέλιον τὸ κατὰ Ματθαίου (sic) διάλυμα ms., inc. Ὄρθωσιν ἐξ ἀλοκώτου (sic) εἰς ῶ συνέπης ἀκούης (sic), des. ποία ἀπὸτελέσεις (sic) τοῖς αὔξουσι, καὶ ποία τοῖς ἐλαττοῦσι ἔσται : 1(ff. 5-22v) première section (dernière citation, f. 22v, ll. 3-4, cf. Mt 9, 15) ; 2(ff. 22v-44v) deuxième section, inc. Ὄρθωσις ὄρου (sic) καὶ παραταγῆς (première citation, f. 22v, cf. Mt 10, 7-8 ; dernière, f. 44v, cf. Mt 5, 34) ; 3(ff. 45-48) trois paragraphes de caractère théologique copiés par un autre scribe sur des ff. laissés en blanc par la première main, inc. Ὅτι μὲν ἡ τῆς εἰκονίσεως (sic) ἐναντίων ἀποδίωξις ; 4(ff. 50-74v) troisième section, Μετάφρασις ἀπολοίπων ms. (première citation, f. 50, cf. Mt 5, 3 ; dernière, f. 74, cf. Mt 25, 1).

3 (ff. 76-94v) Textes d’ordre théologique, dont les subdivisions sont difficiles à déterminer, Ἐρεῖς μοι τί (sic) ὅτι οὐκ ἐπαρρησιάζετο ὁ Κύριος, οὐδὲ τοῖς ἔργοις παρησιᾶσαι ἤθελλεν (sic) ms. : 1(ff. 76-79) Sur le Christ, inc. Δῆλον ὅτι οὐ τὸ κάτογγον (sic) ἢ τὸ ἀλλόκοτον ἐζήτει, des. τὰ δὲ ἐσόμενα οὐδεὶς εἶδε, μόνον αὐτὸς ὁ ὤν ; 2(ff. 79-83v) Sur la Vierge, sur la divinité de Jésus-Christ, contre les Juifs, inc. <Π>ερὶ μὲν ὅτι ἡ θεομήτορ (sic) παρθένος τεκοῦσα ἔμεινεν, des. τούτους τοὺς δώδεκα ἀποστόλους ; 3(ff. 83v-93v) Sur les fautes des chrétiens, qui ont contribué aux succès et aux progrès de la religion de Mahomet, inc. Οἱ εἰς ὄνομα Χριστοῦ βαπτισθέντες, λέγετε ἂν ἠξιώθημεν δωρεῶν, des. ἐξ αὐτοῦ δὲ τὰ πάντα καὶ αὐτῷ πρέπει προσκύνησις ... νῦν καὶ ἀεὶ καὶ εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων, ἀμήν ; 4(ff. 93v-94v) Exhortation placée dans la bouche de l’Église orientale s’adressant à sa sœur, l’Église occidentale, inc. <Ἡ> ἀνατολικὴ ἐκκλησία τῇ ἐμῇ κασιχνητῇ (sic) τῇ δυσσικκῇ (sic) κράζω, des. ποίησον ἤδη τὰ σὰ διαβούλια.

II (ff. 96-127v) Mélanges de caractère théologique et moral.

1 (ff. 96-99v) Sur les merveilles de l’univers, Περὶ τὸν γνώναι τί θεός (sic) ms., inc. Πόσα τερατώδη ἐπὶ γῆς ; Τὸ βάρος, τὸ μέγεθος, τὸ μηδενὸς κρατουμένη (sic), des. ἵνα δοξάσῃ πρός τι κατὰ μέρος ὁ δοῦλος σου, ὅτι πρέπει σοι ... καὶ εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων, ἀμήν.

2 (ff. 99v-103v) Sur Dieu et les créatures, et sur la procession du Saint-Esprit, inc. Λέγομεν ὅτι εἰ μή ἐστι θεός, πόθεν τὰ κτίσματα, des. ἔτι γε, οἱ ἄγγελοι τὸ ἀκατάλυτον καὶ ἀθάνατον ἔχωσιν (sic). Le début de l’Évangile de Jean est évoqué aux ff. 100-101v.

3 (ff. 103v-104v) Question-réponse sur les cas où la mort est préférable à la vie, inc. Κατὰ πόσους τρόπους πρὸς ἡμᾶς ὁ θάνατος γίνεται ἄξιος ; Ὅταν βρέφος τί ἐβρέθη μὴ τηρούμενον καλλῶς (sic), des. καὶ λαμβάνη (sic) τιμωρίας ἀντὶ τιμῆς ἧς λαβεῖν ἔμελεν (sic). Une ligne est laissée en blanc après la l. 4 du f. 104, mais une note marginale d’une autre main indique par le mot ἀντάμα qu’il n’y a pas d’interruption dans le développement.

4 (ff. 104v-105) Question-réponse sur les thaumaturges, inc. Τί δοκήσει (sic) περὶ τοῖς τερατοποιοῖς ἄνδρασι ; Δοκήμο (sic) τοῦτο, ὅτι ὅταν ἀγαθῷ συνέπονται, des. καὶ δόξαν ἀνὰπέμπειν (sic) σοι ... καὶ εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων, ἀμήν.

5 (f. 105rv) Question-réponse sur les enseignements du Christ, inc. Τίς ἡ κέλευσις καὶ διδαχὴ πρὸς ἡμᾶς παρὰ τοῦ Κυρίου ; Ἀγώνισιν εἰσπληρῶσαι ἐνεργίας (sic), des. περὶ ἑπομένου καὶ πρέποντος· οὐ ζητῶ τὸ θέλημα τὸ ἐμὸν, ἀλλὰ τὸ θέλημα τοῦ πέμψαντός με (Jn 5, 30) πατρός.

6 (ff. 105v-110) Sur les enseignements de l’Ancien Testament et sur ceux du Nouveau, inc. Ὅτι διὰ τῶν ἐνεργιῶν τὴν ἀλλήθειαν ἐβρίσκομεν (sic), des. καὶ τιμωρίαν μεγάλλην (sic) καὶ θανατουμένην· τῷ γὰρ τρεισυποστάτῳ (sic) θεῷ μου δόξαν ... καὶ εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων, ἀμήν.

7 (ff. 110v-113) Sur la constitution de l’esprit, ainsi que sur l’âme et sur les façons dont elle se sépare du corps, inc. Περὶ μὲν σύστασην (sic) τοῦ ἡμετέρου νώου (sic) κατὰ μικρὸν περιμάθωμεν, des. περὶ τοὺς δικαίους· ζήσονται αἱ καρδίαι αὐτῶν εἰς αἰῶνα αἰῶνος (Ps 21, 27).

8 (ff. 113, l. 4-117v) Considérations morales diverses, notamment sur la justice et l’injustice, les mérites et les péchés de l’homme, ainsi que les secours qui viennent de Dieu, inc. Ἅπαν δὲ ἐκ δικαιοσύνης ἥτις ἐστὶν ἰσοτωνία (sic), des. τῶν ἐξομοίων (sic) ἀνθρώπων πονηρῶν ἀντιπολεμούντων.

9 (ff. 117v-118) Sur la possibilité de connaître les mystères divins, avec commentaire sur la résurrection de Lazare, inc. Ἐρή (sic) μοι τίς· πῶς δυνατὸν ἄνθρωπος (sic) γνωρίζειν τὰ μυστήρια τοῦ θεοῦ, des. πρὸς τοὺς πανούργους ποιεῖν μας (?).

10 (ff. 118-120v, 118v-119 laissés en blanc) Sur la liberté humaine face au bien et au mal, inc. Οὐκ ἐδίδαξεν ὁ Κύριος περὶ τῶν βιωτικῶν ἤγουν τῶν συμφερώντων (sic), des. ἀλλὰ τὰς δυνάμεις διαγνωρήσεται (sic).

11 (ff. 120v-121v) Sur le sort des bons et des méchants après la mort, inc. Ἰστέον σοι εἰς γὰρ (sic) ἐξαγορὰν (sic) τοῦ ἐκείσαι (sic) κόσμου, des. καὶ τί τὸ ἀγαθὸν ἐκ τοῦ πονιροῦ (sic) καὶ κακοῦ.

12 (ff. 121v-122) Sur la volonté humaine, inc. Αὔξη (sic) μὲν οὖν ἡ βουλὴ τοῦ ἀνθρώπου καὶ ἐλλαττούται (sic), des. ὡς ἐν ολίγῳ χθαμαλλούται (sic) πάνυ. Suit, après un blanc, cette phrase, qui semble appartenir au même développement : ὅθεν ἡ τῆς δικαιοσύνης ἐνέργια αὔξη τὸν νοῦν καὶ ἡ τῆς ἁμαρτίας ἐλλάττει πάλαι (sic).

13 (ff. 122-123v) Considérations morales paraphrasant les enseignements évangéliques et concernant la recherche de l’intérêt personnel, du plaisir, etc., inc. Ὅταν μὲν πτωχός τις εἰσακούεται ἀπὸ τοῦ θεοῦ, des. ἢ τὸ τὰ ἀμφότερα κακῶς ἀπολέσθαι.

14 (ff. 123v-125) Sur l’opposition qui existe entre les enseignements de Dieu et le monde, inc. Τί ὅτι ἡ τοῦ θεοῦ διδαχὴ εἰς ἐναντίον κόσμου, des. ἐκεῖνα ἡ ἀμελλήἀ (sic) γίνεται.

15 (f. 125rv) Commentaire de Pr 9, 4.

16 (ff. 125v-127v) Considérations morales (cf. ff. 113 sqq. et 122 sqq.) concernant la vertu, le plaisir, etc., inc. Θεοῦ διδαχὴ πρὸς δικαιοσύνης ἀκουλουθίαν (sic) πᾶσαν, des. mut. (?) ὃ δὲ ἐκ τοῦ μὴ ὄντος καὶ μὴ εἶναι μένει.

Historique de la conservation

ANNOTATIONS – D’une main plus tardive, a(ff. Iv-II) notes de contenu théologique faisant l’éloge du recueil que contient le volume, inc. Ὅτι μὲν ἡ θεία τούτη βίβλος, des. καὶ κατεσθίων τὸν κόσμον λαθραίως et b(ff. 9v-12. 15v. 17. 90v. 102v-104. 118. 123v-125 ) annotations marginales.

HISTOIRE – Le volume a appartenu au cardinal Bessarion, qui en fit don, probablement avant le 14 octobre 1468, date à laquelle il devint « cardinalis Sabinensis » après avoir été « cardinalis Tusculanus », à un personnage non identifié (cf. f. I, B. Car(dinalis) ep(iscop)us thusculanus | donauit mihi. p. ant(oni)o desa…; pour le libellé de la première ligne, cf. les ex-libris autographes de Bessarion : H. Omont, « Inventaire des manuscrits … donnés à Saint-Marc de Venise par le cardinal Bessarion (1468) », Revue des Bibliothèques 4, 1894, p. 137 ; C. Bianca, « La formazione della biblioteca latina del Bessarione », dans Scrittura, biblioteche e stampa a Roma nel Quattrocento, éd. C. Bianca, etc., Vatican 1980, p. 115 ; E. Mioni, « La formazione della biblioteca greca di Bessarione », dans Bessarione e l’Umanesimo, éd. G. Fiaccadori, Naples 1994, pp. 233 et 240, n. 28). Ce ms. ne figure pas parmi les livres grecs et latins que le cardinal donna à Saint-Marc de Venise en 1468 (cf. Omont, art. cit., pp. 129-187, et L. Labowsky, Bessarion’s Library and the Biblioteca Marciana. Six Early Inventories, Rome 1979). Au verso du f. II, d’une main italienne du XVIe s., courte notice sur le contenu, Metaphrasis in dicta euangelior(um) in lingua puto uernacula secu(n)du(m) græcos. Vel Interrogationes sup(er) dicta noui testame(n)ti in eade(m) lingua ; plus bas, d’une main sensiblement postérieure (XVIIIe s. ?), ancienne cote, 580 ; entre les deux, sur un petit rectangle de papier collé, autre notice, due à une main du XVIIe s., Explicatio quarundam uocum incerti auctoris. Codex bombycinus. Entré à la Bibliothèque nationale pendant la période révolutionnaire. Estampilles côte à côte de la Bibliothèque nationale (Première République) et de la Bibliothèque impériale (Second Empire) aux ff. 1 et 127v (types Josserand-Bruno 17 et 31).