Département des Manuscrits > Français > Français > Français 1-6170 [Ancien fonds] > Français 1999-2304

Français 2228

Cote : Français 2228  Réserver
Ancienne cote : Rigault II 2594
Ancienne cote : Dupuy II 1378
Ancienne cote : Regius 8007
Bénart, Louanges de Charles VIII.
XVe siècle (vers 1494-1498).
ce manuscrit est rédigé en français.
Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits
Val de Loire (?).
Exemplaire dont les marges sont entièrement enluminées, trois miniatures. L'enlumineur est anonyme, probablement de la Vallée de la Loire.
Parchemin ; [8] ff., 205 x 125 mm. Justification non régulière à l'encre rouge brune. Le texte déborde souvent de l'espace prévu initialement pour le contenir.
Un cahier de 8 ff. ; volume non folioté.
Reliure XVIIIe siècle, maroquin rouge aux armes et au chiffre royaux.
Estampille employée à la Bibliothèque royale au XVIIe siècle (modèle Josserand-Bruno, n° 1).

Documents de substitution

Il existe une version numérisée de ce document.

Numérisation effectuée à partir d'un document original.

Accéder au manuscrit numérisé
vignette simple

Historique de la conservation

Exemplaire présenté au roi Charles VIII ; probablement librairie d'Amboise ; inventaire de la bibliothèque royale de Blois, 1518 : "Louenges du feu roy Charles VIIIe ; item ung petit livret en ryme contenant les Louenges du feu roi Charles VIIIe, la marge des feuilletz dudict livret bordee de la devise dudict feu roy ; couvert de noir" (Omont, t. 1, p. 45, n° 283) ; inventaire du transfert de la bibliothèque royale de Blois à Fontainebleau, 1544 : "Livre de ballades au roy Charles ; couvert de tafftas noir rompu" (Omont, t. 1, p. 258, n° 1839) ; inventaire Paris, fin du XVIe siècle : "Louange, par un nommé Benard, avec peintures" (Omont, t. 1, p. 311, n° 995) ; ancien fonds royal.

Présentation du contenu

Dédicacé à Charles VIII, ce livret contient deux poèmes dus à un certain Bénart dont on ne sait presque rien, sinon qu'il dit être au service du roi depuis 13 ans.
Incipit : « Ruby raiant, saphis oriental, / Plus que cristal vers le souleil luysant».
Explicit : « Nommer vous puis, sans craincte et sans effroy, / Imperant roy, portant tripple couronne ».
Il s'agit de textes de complaisance destinés à s'attirer les faveurs du roi, et éventuellement une gratification. Le second poème, qui prend la forme d'un chant royal, loue le roi de toutes les manières possibles, tout en prenant soin de critiquer Ludovic Sforza, duc de Milan, que Louis XII renversa par la suite.

Le manuscrit présente un décor héraldique étonnant. Les bordures sont recouvertes de bandes alternativement or, violines, noires et argent, les couleurs du roi, sur lesquelles sont posées des épées flamboyantes utilisées pour la première fois par le roi lors de la campagne de Naples en 1494-1495. Entre elles prennent place les lettres A et C, rappelant le mariage du roi avec Anne de Bretagne (f. 1), ou la lettre K, initiale latine de "Karolus" (autres folios).
La première pièce du livret s'ouvre sur une figure du roi portant la couronne fermée, symbole de ses ambitions impériales. Il est surmonté d'un soleil, Sol Justitiae. Son tabard et le caparançon de son cheval sont brodés des armes du royaume de Jérusalem, allusion au titre pris par Charles à la mort de Ferdinand Ier , roi de Naples et de Jérusalem, en 1494. Les armes de Jérusalem, jointes à celles de France, se retrouvent dans de plusieurs ouvrages commandés pour Charles VIII (New York, Pierpont Morgan Library, M 250, f. 13v. ; Madrid, Biblioteca Nacional de España, ms. Vit. 24-1, f. 3 ; Paris, BnF, Mss., Fr. 5080, plats et contregarde supérieure). De part et d'autre de la scène se trouvent deux bagues ornées d'un rubis et d'un saphir, rappelant le premier vers du poème.
Celui-ci s'achève sur une image du collier de l'ordre de Saint-Michel, fondé par Louis XI en 1469.
Le second poème s'ouvre quant à lui sur une représentation d'un lis naissant d'un étoc. Cette allusion au premier vers du poème peut être mise en relation avec le plant de lis figuré dans la Mer des hystoires imprimée par Pierre Le Rouge en 1488-1489, cette fois occupant l'ensemble de la page et mêlé de marguerites pour célébrer les fiançailles, rompues par la suite, du dauphin, futur Charles VIII, avec Marguerite d'Autriche (Paris, BnF, RLR, Vélins 677, f. A1).

Bibliographie

Catalogues : Cat. des Mss. Français, t. 1, ancien fonds, Paris, 1868.
H. Omont, Anciens inventaires et catalogues de la Bibliothèque nationale, Paris, t. 1, 1908, p. 45, 258 et 311.

Codicologie : P. Josserand et J. Bruno, « Les estampilles du département des imprimés de la Bibliothèque Nationale », dans Mélanges F. Calot, Paris, 1960, p. 261-298.

Décor : R. W. Scheller, "Imperial Themes in Art and Literature in the Early French Renaissance : The Period of Charles VIII", Simiolus, t. 12, 1981-1982, p. 56-57.
Colette Beaune, Le miroir du pouvoir, Paris, 1990, p. 156, 177.
U. Baurmeister et M.-P. Laffitte, Des livres et des rois : la bibliothèque royale de Blois, Blois, catalogue de l'exposition du Château de Blois, 20 juin 1992-17 janvier 1993, et de la Bibliothèque nationale, 15 octobre 1992-17 janvier 1993, Paris, 1992, p. 138.
C. Beaune, Les manuscrits des rois de France au Moyen Âge, Paris, 1997, p. 156.

Expositions : France 1500. Entre Moyen Âge et Renaissance, catalogue de l'exposition de Paris, Galeries nationales du Grand Palais, 6 octobre 2010-10 janvier 2011, Paris, 2010, n° 26 (notice de M. Hermant).

Informations sur le traitement

Notice rédigée par Maxence Hermant (octobre 2010).