Pelliot koutchéen

Pelliot koutchéen

Présentation du contenu

Les documents qui constituent ce fonds furent trouvés par Paul Pelliot dès le début de sa mission en Asie centrale. Quittant Kachgar le 18 octobre 1906, il était arrivé à Koutcha le 2 décembre, dans l'intention d'explorer les grottes bouddhiques des Mingoi (les « Mille Maisons »). Ce site ayant été soigneusement fouillé quelques mois plus tôt par les missions allemande, japonaise et russe, Pelliot décida de reconnaître les ruines isolées. Pendant dix mois, il parcourut méthodiquement l'oasis, fouillant les sites de Douldour-âqour, proche de Qoumtoura, de Soubachi, Hiçar et Tadjik qui lui livrèrent les manuscrits actuellement cotés Pelliot koutchéen. Le koutchéen, la langue de Koutcha, cette oasis située sur la branche nord de la Route de la soie, est connu des linguistes par les manuscrits fragmentaires retrouvés par les diverses missions qui sillonnèrent l'Asie centrale il y a un peu moins d'un siècle. On l'appelle aussi tokharien B. Il s'agit de la branche occidentale d'une langue indoeuropéenne dont la branche orientale est le tokharien A ou agnéen, la langue du royaume d'Agni. Son écriture, la brahmi d'origine indienne, dans sa forme koutchéenne dite « gupta penchée », en a rendu le déchiffrement relativement aisé. Les textes retrouvés — la plupart sont conservés à Berlin, à Londres ou à Paris — sont datables du vie au viiie siècle. Ils se répartissent en deux catégories : ♦ les textes sacrés bouddhiques, traduits d'originaux sanscrits pour beaucoup perdus, sont tracés au calame, en écriture formelle, sur d'étroites feuilles de papier qui ont dû être assemblées en pothis ; ♦ les textes profanes, comptes de couvents ou lettres commerciales, sont tracés au pinceau en écriture cursive sur des feuilles de papier chinois dont certaines étaient montées en rouleaux. Les laissez-passer de caravanes sont inscrits sur des planchettes de bois de peuplier. La collection est constituée de 2 000 pièces, dont plus des deux tiers sont des fragments de petite taille. Elle s'est organisée en plusieurs séries selon la typologie des documents et les projets des identifications.

1. « Pelliot koutchéen A. S. » (ancienne série) 141 pièces sont classées sous 18 cotes (nos 1 à 10 et 12 à 19). Cette série regroupe les manuscrits les plus anciennement identifiés et publiés.

2. « Pelliot koutchéen N. S. » (nouvelle série) 1 185 pièces sont classées sous 1 166 cotes. Beaucoup sont des fragments. S'y ajoutent 393 très petits fragments actuellement montés sur fiches évidées. Les textes de ces deux séries sont en écriture formelle, à l'exception de ceux d'une quarantaine de fragments. Quelques textes sont en tokharien A.

3. « Pelliot koutchéen D. A. M. 507 » (Douldour-âqour, cote de trouvaille : manuscrits, 507), comptabilité de couvent Ces manuscrits sur papier chinois, au nombre de 37 rouleaux et 5 feuilles isolées furent trouvés sur le site du couvent de Douldour-âqour. Ce sont pour la plupart des pièces d'archives comptables ayant appartenu à ce monastère. Avant de constituer cette série, ces documents ont porté la cote « 3533, Manuscrits de Douldour-âqour. Tokahrî. Rouleau fait de pièces diverses, calciné à l'une des extrémités... [ancien M. 507]... [a été remonté sur 42 feuilles par M. Boucher fils] », devenue « Pelliot chinois 3533 ».

4. « Pelliot koutchéen L. C. » (lettres commerciales) Ces 32 pièces sur papier sont numérotées en chiffres romains. Deux petits fragments sur bois ont été joints à cette série.

5. « Pelliot koutchéen bois » Il s'agit de 208 pièces de bois, classées en trois séries en fonction de leur format : série A (grand), 50 pièces ; série B (moyen), 145 pièces ; série C (petit), 8 pièces ; il faut y ajouter 5 documents cotés Pelliot koutchéen bois A, B, C et I, II. Ce sont pour la plupart des laissez-passer de caravanes, trouvés à Saldirang, au nord-ouest de Koutcha, mais aussi des couvertures de pothis inscrites, des « étiquettes », des baguettes ou des tablettes de comptabilité venant d'autres sites de l'oasis, tel Hiçar. L'écriture, cursive, est tracée au pinceau.

6. « Pelliot koutcha 512 » (cote de trouvaille : 512) Il s'agit d'un bois gravé mis au jour par Pelliot le 8 mai 1907 au point H du couvent à Douldour-âqour. Il ne porte aucun texte, mais un dessin, gravé en relief, du boddhisattva Maitreya, et il garde la trace d'un encrage. Dès l'arrivée de ces documents à Paris, Sylvain Lévi, l'indianiste, et Antoine Meillet, le linguiste comparatiste, se sont attachés à déchiffrer et identifier les textes. Walter Couvreur et Werner Thomas ont poursuivi leurs travaux. Depuis près de vingt ans, Georges Pinault en a entrepris l'identification systématique, travail préalable à la publication d'un catalogue exhaustif.

Informations sur le traitement

Notice rédigée par Monique Cohen

Informations sur le traitement

Depuis avril 2018, la description détaillée des documents du fonds Pelliot Koutchéen est répartie entre plusieurs instruments de recherche :