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Rothschild 515

Cote : Rothschild 515 [II, 3, 17]  Réserver
LESPERON || DE DISCIPLINE pour inciter les humains aux bõ || nes lettres / stimuler a doctrine / animer a sciẽ- || ce / inuiter a toutes bõnes oeuures vertueuses || et moralles / par consequẽt pour les faire cohe- || ritiers de Iesuchrist / expressemẽt les nobles et || genereux / Lourdement forge / [et] rudement lime / || par Noble homme Fraire Antoine du Saix / || Commendeur de sainct Antoine de Bourg en || Bresse. 1532. || ¶ Quoy qu'il aduienne. — ❧ LA SECVNDE || PARTIE DE LESPERON DE DISCIPLINE / en laquelle est || traicte de la nourriture et instruction des en- || fants / Mesmement nobles et genereux, qui || pour lorigine / entretien / et consummation de || vraye noblesse extraicte de bonnes meurs et || gestes magnanimes, doibuent requerir sciẽce : || a ce que le sens quon quiert, soit en son temps || en eulx acquis 1532. || ¶ Quoy qu'il aduienne. — Ensemble 2 part. en 1 vol. in-4 goth., mar. r. fil., comp., dos orné, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet.)
Hauteur 194 mm., largeur 127 mm.
Ouvrage rédigé en français
Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits

Conditions d'accès

Communication exceptionnelle, soumise à l’autorisation du directeur du département, sur demande motivée.

Présentation du contenu

Première Partie : 14 f. lim. et 108 f. non chiffr., ensemble 122 f., sign. a, b par 4, c par 6, d-q par 8, r par 4.

Seconde Partie : 104 f. non chiffr., sign. A-N par 8.

La première partie compte vingt chapitres ; elle est précédée de vers latins et français Aux Liseurs et Aux Imprimeurs, et d'une longue épître en prose au duc Charles de Savoie, qui occupent ensemble les feuillets liminaires.

La seconde partie a 28 chapitres ; elle est suivie de vers dédiés à Philippe de La Clayette, seigneur de Vougy, d'une espèce de fatrasserie adressée à « aulcuns repargnez et singuliers amys », d'une pièce en l'honneur de Jacques de Chabannes, seigneur de La Palice, d'une Supplication presentée au tressacré, auguste et glorieux corps de Jesuchrist, d'un onzain intitulé : L'Arrest de l'Esglise catholique, et de l'Epitaphe de Philibert Du Saix, jadis seigneur de Coursant et gouverneur de Bresse, 1531.

La pièce la plus curieuse du volume est celle que l'auteur envoie à ses amis. On y trouve les noms de Jacques Du Bellay ; de [Guillaume Du Bellay], seigneur de Langey, « ambassadeur de majesté royalle » ; de Langhiac, abbé de Chezy ; de La Villette, bailly de Bugey ; de René Macé

Celluy qui a tout le loz amassé
Que jamais homme en Europe et Asie
Peust meriter par haulte poesie.... ;
Cest l'escripvain de Royalle Cronicque
Du Lys françois que l'on consacre a Reins,
Tant que prieur il en est de Beaurains

; de Pierre Gerard (à qui Du Saix adresse des vers insérés dans son Petit Fatras) ; de

Pierre Martin, Apelles en paincture,
Pére d'Ovide en metrificature,
Le grand prelat et chief de Toyselle

; de Simon Bourgoing, l'auteur de l'Espinette du jeune prince, et de Jehan de Lève. On remarque, à la fin, ces vers sur Geofroy Tory :

Geoffroy Thory, qui divine as heu main
Pour figurer dessus le corps humain
La lettre anticque, ouyant que plume ay prise
Pour te imiter, ce bourgeon ne mesprise :
Raisin sera, s'il a temps de meurer.
Vueille avec nous le Seigneur demeurer !

Les vers d'Antoine Du Saix n'ont pas une grande valeur littétaire et justifient pleinement la remarque de Du Verdier (I, 139), qui, reproduisant le titre de l'Esperon de discipline, où le poète parle de ses vers « lourdement forgés et rudement limés », ajoute avec esprit : « et fait bien l'auteur de le confesser et de m'avoir prevenu à le dire » ; mais ils sont curieux comme documents historiques. Du reste, l'édition que nous avons décrite est d'une insigne rareté et peut être considérée comme un monument typographique important.

Les titres, imprimés en rouge et en noir, portent un fleuron à l'écu de Savoie, dont le champ est teinté en rouge, à la presse. Toutes les pages du volume sont entourées d'encadrements gravés en bois, dans le goût de Geofroy Tory. Ces encadrements ont été faits pour le livre, comme le prouvent les armes de Du Saix, son nom, et la date de 1532 contenus dans les ornements. Ils présentent huit compositions différentes, dans l'une desquelles on remarque le nom de Girardiéres. Ce nom, qui est celui d'une famille noble de la Bresse et du Bugey, et qui est accompagné d'un écu chargé de trois têtes de loup, est probablement celui du graveur. Peut-être y a-t-il lieu de le rapprocher de celui de Pierre Gerard, « Apelles en peinture ».

En tout cas, Du Saix a fait preuve d'infiniment plus de goût dans la décoration de ses ouvrages que dans ses compositions littéraires. L'admiration qu'il professait pour Geofroy Tory, son modèle, admiration dont témoigne le passage cité plus haut, dénote aussi chez lui un véritable sentiment artistique.

Le volume ne porte pas de nom de lieu. M. Brunet, qui reproduit le fleuron du titre (Man. du Libr., II, 919 ; cf. Silvestre, n° 273). remarque que ce même fleuron se retrouve sur le titre du Doctrinal de court, de P. Michaut, imprimé à Genève par Jacques Vivian, en 1522, et pense que l'on doit, en conséquence, faire honneur à cet imprimeur de l'Esperon de discipline. Malgré les objections que le rédacteur du Catalogue Yemeniz (n° 1786) a élevées contre cette hypothèse, elle nous paraît d'autant plus probable que Genève était la ville où Du Saix pouvait le plus facilement faire imprimer ses œuvres. Ajoutons qu'un autre volume publié par le même auteur, l'Oraison funébre de Marguerite d'Autriche, dont la Bibliothèque nationale possède un exemplaire, et dont M. de Quinsonas a reproduit le texte dans ses Matériaux pour servir à l'histoire de Marguerite d'Autriche (II, 381-402), porte sur le titre le même fleuron aux armes de Savoie.

Antoine Du Saix avait pour devise les mots : Quoy qu'il advienne. Cette devise, qui est répétée fort souvent dans ses ouvrages, se rencontre à la fin du Dictier du comte de Nansot (ou Nassau), qui termine l'édition des œuvres de Marot publiée à Avignon par Jehan de Channey et qui a été reproduit dans plusieurs autres éditions de l'Adolescence Clementine (voy. Rothschild 598) ; elle figure également au bas d'un dizain intitulé : De quel boys se chauffe Amour, qui est placé à la suite du Caquet des bonnes Chamberiéres, dans une édition que M. de Montaiglon a réimprimée (Recueil de Poésies françoises, V, 71-84). On pourrait, par suite, être tenté d'attribuer ces deux pièces à Du Saix ; mais la première, au moins, est de Molinet, et se retrouve, sans aucune devise, dans le recueil de ses œuvres (voy. Rothschild 471(71°)).

Notes: Ajout ou correction publié dans le Tome 5 du Catalogue des livres de la bibliothèque de M. le baron James de Rothschild (Paris : Damascène Morgand, libraire, 1920) : L'Esperon de discipline, 1532. Lire p. 328, l. 11 :Il est établi aujourd'hui que le volume a été imprimé par Sébastien Gryphius à Lyon (voy. Revue des livres anciens, II, 1917, p. 368).

Historique de la conservation

Exemplaire de M. CH. GIRAUD (Cat., n° 1238), de M. DE CHAPONAY (n° 774) et de M. LEBEUF DE MONTGERMONT (n° 303.)

Belles-lettres — Poésie — Poètes français — Poètes français depuis Villon jusqu'à Marot

Bourgoing (Simon), ou Bourgouin, traducteur des Vies d'Hannibal, de Scipion et de Pompée • Il est cité par Antoine du Saix (1531)

Chaponay (Le marquis Henri de) • volumes lui ayant appartenu

Charles III, duc de Savoie • Antoine Du Saix lui dédie L'Esperon de discipline (1532)

Devises et anagrammes : Quoy qu'il advienne, Antoine Du Saix (1532-1537)

Du Bellay (Guillaume) • cité par Antoine Du Saix (1532)

Du Bellay (Jacques) • cité par Antoine Du Saix (1532)

Du Saix (Frère Antoine) • L'Esperon de discipline (1532)

Du Saix (Philibert), seigneur de Coursant • son épitaphe (1531)

Girardières • son nom est inscrit dans les encadrements de L'Esperon de discipline (1532)

Giraud (Charles) • volumes lui ayant appartenu

Gryphius (Sebastian Greiff, dit), imprimeur à Lyon (1532)

La Clayette (Philippe de), seigneur de Vougy • vers à lui adressés par Antoine Du Saix (1532)

Langhiac, abbé de Chézy • cité par Ant. Du Saix (1532)

La Villette, bailli de Bugey • cité par Antoine Du Saix (1532)

Lebeuf de Montgermont, cité • Volumes lui ayant appartenu

Macé (René) • cité par Antoine Du Saix (1532)

Martin (Pierre), peintre • cité par Antoine Du Saix (1532)

Tory (Geofroy), de Bourges, écrivain, graveur, libraire, puis imprimeur à Paris • Ses gravures Il a été cité par Ant. Du Saix (1532)

Trautz-Bauzonnet (Georges), relieur à Paris

Vivian (Jacques), imprimeur à Genève (1532)