Département des Manuscrits > Rothschild > Rothschild 1788-2087

Rothschild 2049

Cote : Rothschild 2049 [IV, 3, 206]  Réserver
¶ LA TRANSLATION || en francoys de la bulle decernee par no || stre sainct pere le pape / a la requeste du || roy treschrestien pour extirper lheresie || Lutheriẽne et autres sectes pullulans || en ce royaulme. || ¶ Auec priuilege. || ¶ On les vẽd a Paris en la rue neuf || ue nostre dame a lẽseigne du faulcheur. S. d. [1533], pet. in-8 goth. de 8 f. non chiffr. de 21 lignes à la page, sign. A, mar. v., fil., dos orné, tr. dor. (Bauzonnet-Trautz.)
Ouvrage rédigé en français
Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits

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Présentation du contenu

Au titre, un petit bois qui représente un pape.

Au v° du titre est le texte du privilège accordé pour trois mois à la vefve Pierre Roffet, dit le Faulcheur, et à André Roffet, son fils, le 21 décembre 1533.

Le dernier f. contient, au r°, six lignes de texte, suivies du mot Finis et de la marque de Pierre Roffet (Silvestre, n° 150), le v° en est blanc.

La bulle de Clément VII, qui est un document de la plus haute importance pour l'histoire de la Réforme, n'a été reproduite par aucun auteur moderne ; aussi jugeons-nous intéressant d'en donner le texte :

Clement, serviteur des serviteurs de Dieu, a tous et chascun les venerables fréres archevesques et evesques, et a noz aymez filz les inquisiteurs de l'heretique pravité au royaulme de France, duché de Bretaigne, Daulphiné et conté de Prouvence, salut et apostolicque benediction. Nostre principal vouloir et seulle intention est par nostre sollicitude et diligence pouoir garder de tumber en peché et, moyennant la grace de Dieu, faire le salut du peuple a nous commis, pour lequel colloquer au rauc des bien heureux le createur du monde a liberallement voulu souffrir peine mortelle. Comme ainsi soit que, non seullement par lettres de nostre trescher filz en Jesuchrist, Françoys, par la grace de Dieu, roy de France tres-chrestien, mais aussi par la vraye relation de nos aymez filz, François, du tiltre de Sainct Pierre et Marcellin, et Gabriel, du tiltre de Saincte Cecille, prestres, et pareillement de Augustin, du tiltre de Sainct Adryan, dyacre, cardinaulx, a present residens en nostre court de Romme, et d'autres dignes de foy, nous ait esté revelé, dont grandement nous desplaist, que au royaulme de France, duché de Bretaigne, Daulphiné, conté de Prouvence et autres terres et seigneuries de l'obeyssance du roy de France, a l'occasion des enormes et execrables blasphemes du pernicieux Luther et autres hereticques lesquelz le pervers Luther ne cesse de jour en jour suborner, et sur bonne semence semer sa zizannie, s'efforçant les seduyre et distraire de l'union de nostre saincte mére Eglise, adviennent grans scandalles et plus amplement se [lis. ce] pestillant venin se pourroit estendre, au grand dangier des chrestiens, et universellement toute l'Eglise endommager, si promptement n'y estoit par nostre diligence pourveu ; et combien que de tant plus que nous avons veu ceste espéce de peste griefvement avoir son cours, de tant plus avons pensé y adjouster grans et souverains remédes, admonnestans les entachez et coulpables dudit peché de retourner a la voye de verité, et ceulx qui jamais n'ont voulu obeyr a la vraye doctrine, mais, de courage obstiné et maling, en leur erreur ont percisté, ayons ja excommuniez et anathematisez, et comme membres pourris ordonné estre coupez, affin de ne corrompre le demourant du corps ; ce neantmoins il y en a encores plusieurs lesquelz, nonobstant lesdictes exortations et admonnestemens, ne tiennent compte se retirer de leur iniquité et erreur, ains en premier lieu ont confiance en appellations et autres subterfuges, par lesquelz les causes mesmement criminelles sont presque immortelles, et, oultre, se confient a ce que de bonne memoire le pape Lucius troisiesme, notre predecesseur, a ordonné, que qui auroit esté reprins en magnifeste heresie, s'il estoit clerc ou personne religieuse, qu'il fust totallement destitué de tout privilége et prerogative ecclesiastique, et par ainsi privé de tout office et benefice et delaissé soubz la puissance du bras seculier pour recevoir deue punition, si n'est que, incontinent après avoir esté reprins en erreur, de son bon gré il retournast a l'union de la foy catholicque, confessant son erreur et promettant en faire satisfaction et son dire abjurer publicquement, selon le vouloir de l'evesque du lieu, et, si c'estoit personne laye, incontinent, comme dict est, publicquement ne se desdisoit et, satisfaction faicte, ne se amendast, fust laissé entre les mains d'ung juge lay, pour, selon la qualité du meffaict, recevoir la pugnition ; toutesfois, en lieu de se retirer de leur meschant erreur en ensuyvant le statut dudit Lucius, nostre predecesseur, et pareillement noz exortations, comme pourceaulx en le fange, de plus en plus se nourrissent de leur ordure, s'efforçant tousjours persister en leur folle oppinion, prenant pour leur bouclier et deffence la facille voye de pardon, laquelle par cy devant leur a esté octroyée ; et, combien que le statut dudit Lucius, nostre predecesseur, du temps de sondit pontificat fust grandement juste et raisonnable, attendu que bien convenoit a la clemence d'ung pape que la porte de l'Eglise, laquelle est tousjours prompte a pardonner, fust ouverte a ceulx qui après avoir commis erreur vouldroient retourner a la foy et vraye lumiére, ce neantmoins ceulx qui pour celle raison se devoyent retourner a la voye de verité, de cueur endurcy, ont de pis en pis perseveré et, sous esperance de nostre grace, se confians leur peché demeurer impugny, n'ont craincte ne honte de enseigner et prescher la meschante doctrine et faulces propositions de Luther, qui redonde au grant mal et grief prejudice de toute l'Eglise, et, quant advient que pour ce cas sont reprins et près de leurs peines recevoir, incontinent se desdient, promettans estre prestz de retourner a la foy, dont advient souventesfois que l'auctorité ecclesiastique est defrauldée, et par ce point tousjours l'erreur pullule, veu mesmement que ceulx qui d'eulx ont aprins pareillement s'efforcent enseigner et prescher pour estre veuz, et par ainsi toujours y a quelcun par lequel ceste meschante secte gecte son venin, et de plus en plus est dilatée, et, se Dieu par sa grace n'y mect reméde, y a dangier que le demourant du peuple ne s'en sente : mais si la liberté et licence de tant d'appellations et subterfuges, faculté de leur desdire et esperance d'impugnité leur estoit ostée, ce seroit tresbien obvié a telles erreurs et pourveu au salut des armes ; et nous, desirans l'estat de l'Eglise guider de bon zelle, affin de la conserver en unyon, après avoir eu sur ce la meure deliberation de noz venerables fréres, des cardinaulx de l'Eglise rommaine, et sur le tout avoir faict diligente inquisition, considerant ceulx estre indignes d'avoir ayde de la loy qui tous les jours a ycelle contreviennent, et pareillement par les sainctz canons a yceulx ne devoir estre subvenu qui de jour en jour en abusent sans en tenir compte, et que, croissant la malice des hommes, doit croistre la peine et rigueur de justice ; voulans aussi estre favorables et enclins au vueil dudit roy, lequel a tousjours porté a nous et au Sainct Siége apostolicque honneur et singuliére devotion, et affin que par cy après toute voye et maniére de delinquer leur soit ostée ; du conseil de nosditz fréres, a vous tous en general et particuliérement a ung chascun de vous au royaulme de France, duché de Bretaigne, Daulphiné et conté de Prouvence et autres terres et lieux subjectz a la jurisdiction temporelle dudict roy, mandons que, dedans deux moys a compter du jour de la publication de ces presentes, lesquelles en chascune partie desdictes provinces par vous, noz fréres, archevesques, evesques et vos officiaulx, pareillement par noz aymez filz, les archidiacres des eglises metropolitaines et autres cathedrales et aussi par les recteurs et curez des eglises desdictes provinces, dedans leurs chapitres et prosnes, en leurs grans messes, voulons estre publiées, en ce comprins tous et ung chascun, tant clercs que autres religieux de quelque ordre que ce soit, et aussi mendians, pareillement personn[e]s layes enseignantes et soustenantes les enormes, iniques et reprovées sectes et propositions dudit Luther, de quelque estat, qualité ou condition qu'ilz soient, tant d'auctorité apostolicque que de la vostre, par edict public et lettres affigées es carrefourgs et lieux communs, en sorte que vraysemblable soit que ladicte monition soit venue a leur congnoissance, lesquelles lettres les contraignent et astraignent comme si particuliérement a ung chascun d'eulx auroit esté solennellement et personnellement inthimé, vous enhortez et admonnestez iceulx hereticques qu'ilz ayent a desister de leur erreur, peché et iniquité et retourner a l'unyon de la foy et lumiére, confesser leurs faultes et se desdire et abjurer leurs heresies ; lesquelles adnonnestées [lis. lesquelz admonnestez] qu'ilz n'ayent a rencheoir ne persister en leur faulce doctrine ; et, si de eulx mesmes se reduysent et de leur bon gré se desdient, leur donnez absolution dudit crime d'heresie et des censures qu'ilz pourroient en encourir, après toutesfois leur avoir enjoinct penitence salutaire ; et, la ou ilz ne le vouldroient ainsi faire, voulons, après iceulx deux moys passez, icelles personnes heretiques, comme de rechief tumbées en heresie, et toutes autres personnes, tant clercs, religieux que laiz, de quelque estat, qualité ou condition qu'ilz soyent, qui desormais telles sectes et propositions heretiques enseigneront, prescheront ou soutiendront, estre privez de tout office et benefice ecclesiastique et, combien qu'ilz ne se voulussent alors desdire, estre mis soubz la puissance du bras seculier pour du crime souffrir pugnition selon la disposition de droict, pourveu que dudit cas ayent esté attainctz et judiciairement convaincuz ; et, affin que ces presentes puissent sortir leur plain et entier effect, donnons plaine puissance et faculté, de nostre auctorité apostolicque, en vertu de ces presentes, a nostre trescher filz Anthoyne, du tiltre de Saincte Anastase, prestre cardinal, nostre et du Saint Siége apostolicque legat, aux royaulme et seigneuries subjectes audit roy, de commettre et deputer deux bons et notables personnages que ledit roy nommera, c'est assavoir deux en la ville et cité de Paris et deux autres en la ville et cité de Tholose, ausquelz il attribuera la cognoissance, jugement et decision des appellations intergectées en semblables causes, en voyant aussi et examinant les procedures faictes contre lesdictz heretiques ; auront plain pouoir et puissance de y proceder jusques a sentence diffinitive, et ce, nonobstant oppositions ou appellations quelconques, et ce, nonobstant toutes aultres constitutions ou ordonnances faictes par cy devant au contraire. Parquoy, nos fréres et filz, monstrez vous vertueux a l'execution de nostre vouloir, affin que nous puissions deffendre par sincerité de foy la saincte Eglise de Dieu contre toute pravité d'heresie et a juste cause nous puissions resjouyr en Nostre Seigneur, car par ce point pourrons extirper et totallement mettre a neant ladicte heresie, se vous vous monstrez vertueulx justiciers. Si voulons a la coppie de ces presentes signée par ung notaire apostolicque, soubz le seel de quelque court ecclesiastique, estre adjoustée telle et semblable foy en jugement et dehors que si ce mesme original estoit produict et exhibé, les presentes après troys ans non vallables. A nulluy doncques ne soit permis de enfraindre ou par temerité aller au contraire de ce nostre vouloir, permission et decret ; et, si aucun par folle temerité presume d'aller au contraire, saiche que il encourra l'indignation de Dieu tout puissant et de ses apostres sainct Pierre et sainct Pol. Donné a Romme, a Sainct Pierre, le penultime jour d'aoust, l'an de grace mil cinq cens trente troys et de nostre pontificat le dixiesme.
Finis.

Historique de la conservation

Cet exemplaire provient de la bibliothèque de M. SOLAR (Cat., n° 337).

Histoire — Histoire — Histoire des religions — Histoire du christianisme — Histoire des sectes chrétiennes — Histoire des églises protestantes

Clément VII Medici, pape • Bulle contre les Luthériens, traduite en français (1533)

Du Prat (Antoine), chancelier et cardinal • Il dénonce au pape les progrès des luthériens (1533)

François Ier, d'abord comte d'Angoulême • Il dénonce au pape les progrès des luthériens (1533)

Gramont (Gabriel de), cardinal de Sainte-Cécile • dénonce au pape les progrès des luthériens (1533)

Inquisiteurs nommés en France par le pape (1533)

Luthériens • Bulle publiée contre eux par Clément VII (1533)

Roffet (Andry), dit le Faucheur, libraire à Paris (1533)

Roffet (Pierre), dit le Faucheur • Sa veuve (1533)

Solar (Félix) • volumes lui ayant appartenu

Tournon (François de), cardinal de Saint-Pierre et de Saint-Marcellin, archevêque de Bourges • Il dénonce au pape les progrès des luthériens (1533)

Trautz-Bauzonnet (Georges), relieur à Paris

Trivulzio (Agostino), cardinal de Saint-Adrien • Il dénonce au pape les progrès des luthériens (1533)