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Allemand 122

Cote : Allemand 122  Réserver
Ancienne cote : Supplément français 2299 ter
Gebether unter dem heiligsten Meß Opffer [Prières pour la Messe].
XVIIIe siècle (après 1729)
Écriture gothique allemande (Frakturschrift).

20 miniatures encadrées d’or : f. I bis v. (Crucifixion avec la Vierge et saint Jean, Moïse et le serpent d’airain et le sacrifice d’Isaac par Abraham ; au registre supérieur, deux angelots tenant soit une fleur de lys et le trigramme « IHS », soit un calice surmonté de l’hostie et un rameau ; au registre inférieur, sarcophage avec l'inscription « Haec requis mea ») ; p. 2 ter (Jésus au Mont des Oliviers ; au registre supérieur, angelots portant un phylactère : « Omnipotens agonizans. Christus in Oliveto agonizans Patri fit suplex » ; au registre inférieur, citation de saint Bernard en lettres d’or sur fond noir : « Christus usque tertio fractus in agone orabat, ubi quidem non solis oculis sed quasi membris omnibus flevisse videtur ») ; p. 4 ter (Jésus devant Pilate ; au registre supérieur, angelots portant un phylactère : « Rex Veritatis. Jesus spirituale veritatis regnum coram Pilato sibi vindicat » ; au registre inférieur, citation de saint Bernard en lettres d’or sur fond noir : « Stat in medio Veritas, non amat angulos ; sola liberat Veritas, sola solvat, sola lavat ») ; p. 6 ter (Jésus tombe sous le poids de la croix devant la Vierge et les saintes femmes ; sainte Véronique lui présente son voile ; au registre supérieur, deux angelots portant la Sainte Face et un phylactère : « Abstersae lachrimae. Matronae fideles praemium constantiae ferunt solatium » ; au registre inférieur, citation de saint Léon le Grand en lettres d’or sur fond noir : « Non flendus est pro Redem[p]tione mundi moriens quem in Majestate Patris judicantem videbitis ») ; p. 8 ter (Jésus crucifié entre les deux larrons ; les soldats jouent sa tunique aux dés ; au registre supérieur, angelots présentant un phylactère : « Lux inter tenebras. Jesus meditator inter duos maleficos medius pendet » ; au registre inférieur, citation de saint Augustin en lettres d’or sur fond noir : « Tres erant in cruce. Unus Salvator, alter salvandus, tertius damnandus ; omnium par poena sed impar causa ») ; p. 10 ter (Jésus crucifié confie sa mère à saint Jean ; au registre supérieur, angelots présentant un phylactère : « Cura pro matre filialis. Jesus Matrem Ioanni commendat » ; au registre inférieur, citation en lettres d’or sur fond pourpre : « Totum Christi corpus et omnia membra misere verberantur ; non remansit in Eo nisi lingua ut peccatoribus oraret, Matrem discipulo comendaret ») ; p. 12 ter (Un soldat tend à Jésus une éponge imbibée fixée au bout d’une lance ; au registre supérieur, angelots présentant un phylactère : « Amara refectio. Christus deficiens amarissima potione cruciatur » ; au registre inférieur, citation de saint Augustin en lettres d’or sur fond noir : « Quod sitire se dicit in cruce positus, salutem totius orbis concupiscit ») ; p. 14 ter (Longin perce le flanc de Jésus de sa lance ; au registre supérieur, angelots présentant un phylactère : « Fons salutis. Ex confosso Christi latere sanguis et aqua promanant » ; au registre inférieur, citation de saint Jean Chrysostome en lettres d’or sur fond noir : « Exivit sanguis et aqua, non casu sed quoniam ex ambobus constituta est Ecclesia ») ; p. 16 ter (Descente de croix ; au registre supérieur, phylactère : « Cimelium pretiossimum. Joseph Arimathaeus corpus Christi de cruce tollit sepulchro » ; au registre inférieur, citation de saint Bernard en lettres d’or sur fond noir : « Mors Christi mors est meae mortis, quia Ille mortuus est ut ego viver[e]m. Quo pacto enim jam non vivat, pro quo moritur Vita. ») ; p. 18 ter (Jésus crucifié entouré de la Vierge au cœur enflammé, de saint Jean et d’une foule comprenant la Mort, trois jeunes hommes brandissant des serpents, un bâton ou un fouet, un moine cornu et une courtisane accompagnée de l’Amour ; au registre inférieur, citation de Rom. 8, 35 en lettres d’or sur fond noir : « Quis ergo nos seperabit a charitate Christi ? ») ; p. 20 ter (Jésus ressuscité montre ses plaies aux Apôtres ; au registre supérieur, angelots portant les symboles des cinq plaies du Christ et un phylactère : « Spectaculum saluberrimum. Christus redivivus se v[u]lnera sua discipulis conspicienda praebat » ; au registre inférieur, citation de saint Augustin en lettres d’or sur fond bleu : « Cicatrices Christus servavit in corpore, ut dubitationis vulnus sanet in corde ») ; p. 22 ter (Ascension du Christ ; au registre supérieur, angelots présentant un phylactère : « Laborum finis. Hostibus victis et pace merito parta, Salvator tandem ad caelos ascendit » ; au registre inférieur, citation de saint Grégoire le Grand en lettres d’or sur fond bleu : « Redemptor noster homo nascendo, vitulus moriendo, leo resurgendo et ad caelos ascendo, tandem aquila factus est ») ; p. 24 ter (Immaculée Conception : Vierge enveloppée de lumière, couronnée d'étoiles, la Lune sous les pieds, foulant le serpent qui serre dans sa gueule la pomme du péché originel ; elle tient une tige de lys ; un miroir est posé sur un nuage à sa droite) ; p. 26 ter (Saint Joseph donnant des fruits à l’Enfant Jésus) ; p. 28 ter (Sainte Anne apprenant à lire à la Vierge enfant) ; p. 30 ter (Saint Ange gardien montrant à un homme agenouillé la Sainte Face et les instruments de la Passion portés par des angelots) ; p. 32 ter (Sainte Amélie) ; p. 34 ter (Saint François Xavier dans la gloire céleste, un Crucifix à la main, et saint François Xavier débarquant à Goa) ; p. 36 ter (Saint Jean Népomucène serrant un crucifix) ; p. 38 ter (Trigramme « MRA » dessiné par les symboles mariaux ; angelots priant, portant des lys ou un chapelet, ou terrassant le dragon).

Décor secondaire :
Initiales de couleur calligraphiées à l'encre noire, bleue, rose, rouge ou jaune, inscrites dans un cadre orné : p. 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 23, 25, 27, 29, 31, 33, 35, 37.
Encadrement orné en page de titre, tracé à l'encre rose, jaune, bleue ou noire (f. I) ; encadrements tracés à l’encre rose sur les pages de texte.
Numéros de pages ornés, tracés à l’encre noire.
Titres tracés à l’encre rose.

Parchemin. [II] feuillets - 44 pages + [XX] feuillets intercalés contenant les miniatures ; le tout est précédé et suivi de deux feuillets de garde : un en papier gaufré argenté à motifs floraux de cinq couleurs et un en papier blanc (filigranes non répertoriés : écu parti sous couronne, deux pointes en V visibles sur une des deux parties). 150 × 100 mm (justification 105 × 65 mm).
12 cahiers composés de deux feuillets et, dans la plupart des cas, d'une ou deux miniatures peintes sur des feuillets indépendants collés (f. [I-II] + 1 miniature ; p. 1-4 + 2 miniatures ; p. 5-8 + 2 miniatures ; p. 9-12 + 2 miniatures ; p. 13-16 + 2 miniatures ; p. 17-20 + 2 miniatures ; p. 21-24 + 2 miniatures ; p. 25-28 + 2 miniatures ; p. 29-32 + 2 miniatures ; p. 33-36 + 2 miniatures ; p. 37-40 + 1 miniature ; p. 41-44).
Réglure à la pointe sèche (ex., p. 25, 26), 15-17 longues lignes.

Reliure du XVIIIe siècle en maroquin rouge, plats et contreplats à décor de petits fers dorés rehaussés d’argent (bordure et motif central au chiffre IHS et Maria), dos long orné, tranches dorées.

Estampille de la Bibliothèque royale (Restauration) 1815-1830 (modèle identique à Josserand-Bruno n° 20) : gardes et p. 44.
Manuscrit en allemand
Bibliothèque nationale de France. Département des manuscrits

Historique de la conservation

À l’angle supérieur gauche de la feuille de garde, l’estampille « J. B. Grand Electeur » indique que le manuscrit fut la propriété de Joseph Bonaparte (1768-1844), nommé Grand Électeur de l’Empire par Napoléon Ier le 18 mai 1804.

Il fut acquis par la Bibliothèque royale le 18 février 1828 d'un certain M. Fergusson, anglais, avec quatre autres manuscrits et pour la somme globale de mille francs (BnF, Manuscrits, Archives Modernes, 492 ter, 1821-1830, f. 206). Parmi les autres pièces du lot ont été identifiées les Heures de Frédéric III d’Aragon (ms. Latin 10532) et les Heures dites de Joseph Bonaparte (ms. Latin 10538). Le premier de ces deux manuscrits aurait appartenu, au cours de son histoire, à un établissement religieux espagnol. Les gardes et contregardes anciennes de sa reliure furent changées lors d’une restauration postérieure, éliminant toute trace d’estampille. Mais le registre d’entrées de la Bibliothèque nationale de France témoigne de sa provenance : « Ce manuscrit, qui est de la plus grande beauté, est orné de 64 miniatures exécutées avec la plus rare perfection. Il porte l'estampille du cabinet ou bibliothèque de Joseph Bonaparte, roi d'Espagne, à qui il a appartenu » (Archives Modernes, 492 ter, f. 206). Le second manuscrit est relié aux armes de Philippe V d'Espagne et porte toujours l’estampille « J. B. Grand Electeur ». Ces ouvrages, dont Joseph Bonaparte a pu se saisir lors de son règne espagnol (1808-1813), seraient passés entre des mains anglaises après la défaite de Vitoria, le 21 juin 1813.

Présentation du contenu

Contient :
P. [I]. Page de titre : « Gebether unter dem heiligsten Meß Opffer. »
P. 1-2. « Zu dem Anfang der heiligen Meß. »
P. 3-4. « Auffopfferung der heiligen Meß. »
P. 5-6. « Zu dem Kyrie eleïson. »
P. 7-8. « Zu dem Gloria und nachfolgenden Gebethern. »
P. 9-10. « Zu dem Evangelio und Credo. »
P. 11-12. « Zu dem Offertorio. »
P. 13-14. « Zur Praefation Sprich mit dem Priester. »
P. 15-16. « Zu Auffhebung der heiligen Hostiae und des Kelchs. »
P. 17-18. « Zu dem Memento. »
P. 19-20. « Zu dem Pater noster. »
P. 21-22. « Zu dem Agnus Dei und Communion. »
P. 23-24. « Vor End der heiligen Meß. »
P. 25-26. « Gebeth zu der H. Mutter Gottes Maria. »
P. 27-28. « Gebeth zu dem heiligen Joseph. »
P. 29-30. « Gebeth zu der heiligen Anna. »
P. 31-32. « Gebeth zu dem H. Schutz Engel. »
P. 33-34. « Gebeth zu der heiligen Amalia. »
P. 35-36. « Gebeth zu dem H. Francisco Xaverio. »
P. 37-38. « Gebeth zu dem H. Joanni Nepomuceno. »
P. 39-44. « Die Lauretanische Litaneii. »

La prière à sainte Amélie (p. 33-34) est adressée à la sainte patronne de la destinataire : « ich als meine Patroninben Gott.... ». La miniature correspondante montre la sainte coiffée d‘un diadème, parée à la fois des attributs de la virginité que sont le voile et le lys, et de l’habit princier que constituent le manteau pourpre doublé d’hermine et le bonnet d’électeur (p. 32 ter). Ces insignes se retrouvent dans les portraits contemporains d’épouse ou de fille de prince électeur, tels que ceux réalisés par Martin van Meytens II (1695-1770) à la cour d'Autriche ou ceux exécutés par Louis de Silvestre (1675-1760) à la cour de Saxe (Martin van Meytens der Jüngere, catalogue d'exposition [Vienne, Winterpalais des Belvedere], Vienne, 2014 ; Harald MARX, Die Gemälde des Louis de Silvestre, Dresde, 1975). Le bonnet est posé sur une table couverte d’un drap bleu à motif doré de lauriers encadrant deux poissons. Ils pourraient être une allusion aux esturgeons qui, selon la légende, auraient escorté sainte Amélie ou ses reliques lors d’une traversée (Biographie nationale de Belgique, I, 1866, p. 259-260).
La représentation de la sainte précède, dans le volume, celles de saint François-Xavier (p. 34 ter) et de saint Jean Népomucène (p. 36 ter). Le culte de ce dernier, prêtre et martyr canonisé en 1729, est emblématique de la Contre-réforme catholique en Bohême et dans l’ensemble de l’Empire.
Compte tenu de l’histoire du manuscrit, entré à la Bibliothèque royale avec plusieurs volumes de provenance espagnole ayant appartenu à Joseph Bonaparte, on peut avancer qu'il fut peut-être exécuté pour Marie-Amélie de Saxe (1724-1760), fille du prince électeur Auguste III de Pologne (1696-1793) et de l’archiduchesse Marie-Josèphe d'Autriche (1699-1757). Elle épousa, en 1738, Charles III d'Espagne (1716-1788), roi de Naples, de Sicile puis d’Espagne. Deux des fils du couple royal reçurent les prénoms des saints masculins représentés dans le manuscrit : Carlos Antonio Pascual Francisco Javier Juan Nepomuceno Jose Januario Serafin Diego, le futur Charles IV (1748-1819), et François Xavier de Bourbon (1757-1771).

Bibliographie

1895
Gédéon HUET, Catalogue des manuscrits allemands de la Bibliothèque Nationale, Paris, 1895, p. 58.

Informations sur le traitement

Notice rédigée par Laure Rioust (février 2018)