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Supplément grec 926

Cote : Supplément grec 926  Réserver
XVIe siècle
Papier.ff. I. 33, 23 lignes.mm. 213 × 152.Demi-reliure parchemin blanc.Trois cahiers, le premier de quatorze feuillets, le deuxième quaternion, le dernier de douze feuillets, à quoi s'ajoutent deux feuillets entièrement blancs après le f. 33. Sont également restés vides d'écriture le f. Iv, la majeure partie du f. 15r.v, et le f. 33v.Orthographié avec une fantaisie dépassant grandement les déformations habituelles dues à l'iotacisme, le texte est en revanche écrit avec une certaine élégance, sur bon papier vénitien, par une main du XVIe siècle (le filigrane — Chapeau, avec contremarque V — appartient, à cette époque, exclusivement à des firmes vénitiennes : v. Briquet, Les Filigranes 2, t. I, pp. 222-223, et n°s 3452 à 3516). La date ne semble pas pouvoir être précisée davantage. Pages réglées ; écriture chevauchant sur la ligne.Titre, sous-titres (omis dans la majeure partie du volume) et initiales à l'encre rouge ; bandeaux à l'encre noire (ff. I et 1).F. I : ἀρχ(ὴ) τῆς Τροάδος. F. 33, après le dernier vers : τέλος τῆς Τρωάδος. ἀμὴν ἀμὴν ἀμήν.
Manuscrit en grec
Bibliothèque nationale de France. Département des manuscrits

Présentation du contenu

Récit de la destruction de Troie (Διήγησις γεναμένη ἐν Τροίᾳ ἅπας ὁ ἀφανισμὸς ἔνθε ἔγηνε ms., f. 1), en vers politiques non rimés.

Inc. (f. 1) Ἄρξομαι διηγήματα τὰ τῆς Τρωάδος πάθη — des. (f. 33) ὅλους καταχωνεύει τους εἰς ἀπαιράντους τόπους.

Écrite dans une langue populaire non exempte de gaucheries ni d'incohérences — qu'aggrave sensiblement l'extravagance du scribe en matière d'orthographe —, cette narration métrique, mais pauvre de poésie, est indépendante tant de l'Iliade de Constantin Hermoniacos que de la version grecque du Roman de Troie de Benoît de Sainte-Maure (version conservée notamment dans les mss Paris. gr. 1732 A et 2878, et Coislin. gr. 344). Elle n'a, a fortiori, rien de commun avec Darès, modèle de Benoît. Par rapport à Dictys, les divergences sont plus importantes que les coïncidences, ce qui exclut la possibilité d'emprunts directs. L'influence de sources occidentales n'apparaît pas, et l'ignorant auteur doit n'avoir utilisé, en les déformant largement, que des modèles grecs. L'un de ces modèles semble pouvoir être reconnu en l'Achilléïde byzantine : la dernière partie de ce poème, dans sa recension longue (éd. W. Wagner, Trois poèmes grecs du Moyen-Age, Berlin 1881), a été mise à contribution par notre auteur, qui a emprunté tels quels ou avec de minimes changements les vers 1760-1766 (éd. cit., p. 53), qu'on peut lire au feuillet 23 du présent manuscrit, puis les vers 1784-1793 (éd., p. 54), que délaye le feuillet 28r.v (le vers 1790 est textuellement reproduit au f. 28), enfin les vers 1810-1820 (éd., pp. 54-55), démarqués au f. 30v. On ne doit pas, toutefois, exclure à ce propos la possibilité d'une source commune non encore décelée, puisque D. C. Hesseling, qui a réédité l'Achilléïde (L'Achilléïde byzantine, dans les Verhandelingen der Koningkl. Ak. van Wetensch. te Amsterdam, Afd. Letterkunde, Nieuwe Reeks, Deel XIX, n° 3, 1919), a démontré que les vers 1759-1820, particuliers à la plus longue recension (ms. de Naples), sont interpolés et reflètent la tradition des chroniqueurs byzantins — notamment Constantin Manassès, qu'ils abrègent en lui empruntant quatre vers (Hesseling, loc. cit., pp. 16, 88-90, et 141).

Le seul modèle nommément cité dans le texte est Homère, que notre narrateur évoque plusieurs fois avec vénération, ce qui ne l'empêche pas de défigurer complètement la tradition homérique quand par hasard il prétend la suivre.

Le récit se réduit aux épisodes suivants : 1(ff. 1-13v) naissance et enfance de Pâris ; 2(ff. 13v-17v) présentation d'Hélène ; 3(ff. 17v-23) Pâris et Hélène ; 4(ff. 23v-26) histoire d'Achille ; 5(ff. 26-27v) combat singulier de Pâris contre Ménélas ; 6(f. 28r.v) mort d'Achille ; 7(ff. 28v-30v) stratagème du cheval de Troie et prise de la ville ; 8(ff. 31-33) Achille mort retient les vaisseaux des Grecs, qui ne peuvent prendre le chemin du retour qu'après avoir sacrifié Priam et toute sa race sur le tombeau du fils de Pélée.

Informations sur les modalités d’entrée

Le manuscrit est entré à la Bibliothèque nationale, par voie d'achat, le 16 janvier 1883.

Documents de substitution

Microfilm en noir et blanc. Cote de consultation en salle de lecture : MF 18583. Cote de la matrice (pour commander une reproduction) : R 15644.

Documents de substitution

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FILIGRANES • chapeau (avec contremarque V)

Troie (récit de la destruction de), en vers politiques