Géorgien : présentation du catalogue et de l'histoire du fonds

Fonds géorgien
Textes en géorgien.

Présentation du contenu

Présentation du catalogue par madame Nestan Chkhikvadze

La collection des manuscrits géorgiens de la BnF contient 32 manuscrits. Cette collection, peu nombreuse, est représentée par des manuscrits très importants pour l'étude et la connaissance de l'histoire de la littérature chrétienne, de l'art de la fabrication des livres, du Moyen-Âge, ainsi que pour la connaissance de l'époque moderne. On peut regrouper les manuscrits de la collection en deux ensembles. Le premier concerne les manuscrits copiés en Géorgie ou dans les centres monastiques de la Palestine, du Sinaï, du mont Athos. Ils contiennent les anciennes traductions géorgiennes des livres bibliques, les commentaires de l'évangile et des recueils liturgiques des VII-XIIIe siècle. Ces oeuvres reflètent l'évolution de la littérature chrétienne et les relations culturelles et ecclésiastiques de l'Église géorgienne avec le monde syro-palestinien et Constantinople (Géorgien 3-9, 28, 30, 31). Le deuxième ensemble est constitué par les manuscrits tardifs contenant la littérature géorgienne, civile (Géorgien 10-15), scientifique (Géorgien 17-21, 27), historique (Géorgien 23-26), y compris une traduction géorgienne d'un poème de Voltaire (Géorgien 16), reflètent les connaissances et la vie culturelle de l'état et de la société des XVII-XIXe siècle. Cet ensemble comprend aussi des manuscrits témoignant de l'entrée dans les collections royales et impériales de la BnF des manuscrits géorgiens : deux anciens catalogues rédigés par Langlois (Géorgien 29) et L. Feer (Géorgien n°32). Les notes et le rapport de Marie Brosset à la conférence de l'académie impériale (Géorgien 26) montre l'intérêt de l'État et de la société scientifique de la France pour la culture géorgienne comme partie de l'Orient chrétien.

Les catalogues des manuscrits géorgiens de la BnF ont été imprimés plusieurs fois. En 1889, en géorgien par XaXanov : ხახანაშვილი ა., პარიზის ნაციონალური ბიბლიოთეკის ქართული ხელნაწერები, მოამბე, ტფილისი, 1898, 2,გვ. 1-20, (16 manuscrits), puis en 1908, en 1837 par Brosset (15 manuscrits) : Élements de la langue géorgienne, Paris, 1837, introduction. puis par Macler, en français (26 manuscrits) : Macler, F. Catalogue des manuscrits arméniens et géorgiens de la Bibliothèque nationale, Paris, Imprimerie nationale E. Leroux, 1908. Le plus important catalogue est paru en 1933 par Takaishvili (28 manuscrits) : თაყაიშვილი ე., პარიზის ნაციონალური ბიბლიოთეკის ქართული ხელნაწერები და ოცი ქართული საიდუმლო დამწერლობის ნიშანი, პარიზი, 1933 ; ce catalogue a été réédité voir : შარაძე გ., დაბრუნება, თბილისი,1991, გვ. 236-296.

Ce fonds comprend 32 manuscrits.

A l'exception des manuscrits 27, 28, 30 et 31, chaque manuscrit comprend une notice de la Bibliothèque Impériale.

S'il n'existait pas de fonds de ce nom dans la Bibliothèque du roi en 1739, on y trouvait cependant un synaxaire géorgien inscrit par erreur sous la cote Arménien 25. Sur les 16 manuscrits dénombrés en 1866 par Victor Langlois, cinq étaient entrés sous l'Ancien Régime.

La plupart des autres manuscrits sont des acquisitions du XIXe siècle : en 1824 et 1825, le consul de Tiflis fit don de deux pièces ; sous Louis-Philippe, la Bibliothèque acquit de Letellier six manuscrits (1833). En 1835, les héritiers de F. E. Schulz, jeune professeur allemand chargé en 1827 par le gouvernement français d'une mission en Orient, déposèrent neuf volumes à la Bibliothèque par l'intermédiaire de Jules Mohl. L'année 1867 fut marquée par l'entrée de huit manuscrits : deux furent donnés par la Société Asiatique et provenaient de S. A. le prince Theimouraz de Géorgie (cf. Journal Asiatique, avril-mai 1867, p. 350, note de V. Langlois) ; Lebrethon, auxiliaire de l'Institut, fit don d'un volume ; enfin, la Bibliothèque acquit de Victor Langlois cinq autres manuscrits (cf. Géorgien 29, f. 26, lettre de V. Langlois à M. Guérin, secrétaire de la Bibliothèque impériale, 19 juillet 1867 : « J'ai reçu une grosse caisse de mscts géorgiens que S. A. le prince Jean m'a envoyée [...] »). En 1879 et en 1889, deux autres manuscrits furent achetés chez un libraire.

On dénombre aujourd'hui 32 manuscrits. La dernière acquisition remonte à 1972.

Ce fonds fut catalogué à plusieurs reprises :

  • un premier catalogue resté manuscrit (Géorgien 29) est dû à Victor Langlois vers 1867 et comporte quelques notes additionnelles de Marie Brosset envoyées par lui de Saint-Pétersbourg. Il décrit 18 manuscrits. Par ailleurs, Brosset parle dans l'introduction de ses Éléments de la langue géorgienne publiés à Paris en 1837, des manuscrits géorgiens de la Bibliothèque
  • En 1897, Léon Feer rédigea un nouveau catalogue, resté lui aussi manuscrit, qui comporte des index et décrit 26 manuscrits sous les numéros de l'ancien fonds ; une introduction donne l'historique des acquisitions.
  • En 1908, F. Macler donna, avec le catalogue des manuscrits arméniens, un Catalogue des manuscrits géorgiens de la Bibliothèque, qui fut le premier catalogue imprimé.
  • En 1933, Takaïchvili publia, en géorgien, un nouveau catalogue : Les Manuscrits géorgiens de la Bibliothèque nationale de Paris et les vingt alphabets secrets géorgiens
On compte dans ce fonds un grand nombre d'ouvrages de théologie, des romans, une chronique (cf. travaux de Brosset), des dictionnaires et des grammaires, ainsi qu'une traduction d'une tragédie de Voltaire.

Bien que peu nombreux, certains de ces manuscrits présentent un intérêt considérable pour l'étude de l'histoire de la littérature chrétienne, de la fabrication du livre au Moyen-Age, et pour la connaissance de la période tardive (XVIIe-XIXe s.)

On peut les rassembler en deux groupes :

  • Les ouvrages élaborés soit en Géorgie, soit dans les centres monastiques de la Palestine, du Sinaï, du Mont-Athos, contenant les anciennes traductions géorgiennes des livres bibliques, leurs commentaires, et des recueils liturgiques des VIIe au XIIIe s., réfléchissant l'évolution de la littérature chrétienne et celle des relations culturelles et ecclésiastiques de l'Eglise géorgienne avec le monde syro-palestinien et Constantinople (Mss Géorgien 3 à 9, 28, 30, 31)
  • Les ouvrages tardifs représentés par la littérature géorgienne profane (ms Géorgien 10 à 15), et même une traduction gérogienne du poème de Voltaire, Alzir (Géorgien 16), des dictionnaires, des ouvrages de grammaire et de logique (Géorgien 17 à 21, 27) ou encore des ouvrages historiques aidant à la connaissance de la vie culturelle de l'Etat et de la société géorgiens des XVIIe-XIXe s.

Bibliographie

Ouvrages imprimés :

Macler (Frédéric), Catalogue des manuscrits arméniens et géorgiens de la Bibliothèque nationale, Paris, Imprimerie nationale, E. Leroux, 1908.
Brosset (Marie-Félicité), Éléments de la langue géorgienne..., Paris, 1837. (Introduction concernant les manuscrits géorgiens de la Bibliothèque nationale).

Catalogues manuscrits

Langlois (Victor), « Catalogue des manuscrits géorgiens de la Bibliothèque impériale », vers 1867. [Notices de M. F. Brosset sur quelques manuscrits géorgiens de la Bibliothèque.] Géorgien 29
Feer (Léon), « Catalogue des manuscrits géorgiens », [Paris], 31 décembre 1897. (Catalogue 521) [Avantpropos avec l'historique du fonds et un index.]
Reinaud (Joseph-Toussaint), « Catalogues de divers fonds orientaux ». N. a. fr. 5433.
« Fonds orientaux. Langues diverses », 1889, vol. I, f. 144 : Géorgien.

Autres références :

« Recueil de pièces relatives aux manuscrits orientaux ». N. a. fr. 5441.

Bibliographie

Khakhanov (A.), « Les manuscrits géorgiens de la Bibliothèque nationale de Paris », Moambé [Le Messager], Tiflis, janvier 1898, I, 2, p. 1-20. [En géorgien.] .

Bibliographie

Takaïchvili (E.), Les Manuscrits géorgiens de la Bibliothèque Nationale de Paris et les vingt alphabets secrets géorgiens, Paris, 1933. [En géorgien.]
Berthier (Annie), dir., Manuscrits, xylographes, estampages : les collections orientales du Département des manuscrits : guide. Paris, Bibliothèque nationale de France, 2000 .

Documents de substitution

Microfilms noir et blanc à la même cote.