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Manuscrits relatifs à la ville de Tombouctou

Cote : 4628-7237 (cotes dispersées).  
Manuscrits relatifs à la ville de Tombouctou.

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Présentation du contenu

Ce catalogue contient les descriptions de manuscrits en relation avec la ville de Tombouctou, soit parce que leur auteur y a vécu, parce que leur contenu en parle, ou encore parce que nous avons la certitude qu'ils y ont été copiés. On y trouvera, en particulier, des œuvres de Aḥmad Bābā, Aḥmad ibn Andaġ Muḥammad, al-Bakkā'ī, al-Muḫtār ibn Mu ḥammad al-Kuntī al-Ṣaġīr, Maḥmūd Ka'tī, Muḥammad ibn Muḫtār al-Kuntī, al-Muḫtār ibn Aḫmad al-Kuntī, 'Umar ibn Mūdi Ḥammadi Ğa'i al-Sīdībī, Muḥammad al-WangarI, al-Sa'dī, Yerkoy Talfi, un exemplaire en deux volumes du Qāmūs d'a-Fīrūzābādī copié par Aḥmad Muġyā Ibn ʾAbd Allah Ibn Aḥmad Muġyā al-Lamtūnī, dont l'ancêtre Aḥmad Muġyā, contemporain d'Aḥmad Bābā assassiné lors de l'invasion marocaine est l'un des 333 saints de Tombouctou. Ses descendants vivent toujours à Tombouctou où certains ont exercé la fonction de qāḍī. Nous avons retenu aussi, exceptionnellement, un ouvrage sans relation avec Tombouctou, le Mu’āwanat al-iḫwān fī mu’āšarat al-niswān de Muḥammad Tuqur al-Fulātī , né et décédé au Nigeria, parce que son auteur est souvent compté par erreur parmi les savants de Tombouctou.

C'est grâce au programme international de la Bibliothèque nationale de France 'Profession culture' que ce catalogue a pu être réalisé par Saadou Traoré, qui a travaillé aux catalogues et inventaires des manuscrits de nombreuses bibliothèques de Tombouctou : Ahmed Baba, Fondo Kati, Wangari, Moustapha Kanaté, Imam al-Suyuti et Imam al-'Aqib de Sankoré. Il travaille actuellement au projet de catalogage et de numérisation des manuscrits de la région de Tombouctou dirigé par l'Ensemble régional de Tombouctou (Mali) et financé par la Région Rhône-Alpes (France).

Les provenances des manuscrits décrits ici sont variées. La plupart (cotes comprises entre 5147 et 5734) proviennent de la "Bibliothèque 'Umarienne de Ségou". Il s’agit de la bibliothèque d’Ahmadou Shékou (Aḥmad al-kabīr al Madanī) chef de l’Etat musulman qui était basé à Ségou dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Cette bibliothèque a été créée par Al-Ḥāğğ 'Umar Tall, chef de la confrérie Tijaniyya et dirigeant de la guerre sainte contre le royaume bambara de Ségou et l’empire peul du Macina entre 1852-1864. Après la prise de Ségou en avril 1890 par le colonel Louis Archinard (1850 – 1932), les manuscrits furent acheminés vers la Bibliothèque nationale à la fin de 1892 après un séjour au magasin des approvisionnements coloniaux.

La bibliothèque a procédé à la reliure des volumes entre 1898 et 1901, afin de les mettre à la disposition des chercheurs. Ils n'avaient pas tous fait l'objet d'une description dans le Catalogue des manuscrits arabes des nouvelles acquisitions (1884-1924) rédigé par E. Blochet et publié en 1925. Une équipe d'africanistes composée de Noureddine Ghali, Sidi Mohammed Mahibou et Louis Brenner en fit un inventaire publié soixante ans plus tard (Inventaire de la Bibliothèque 'Umarienne de Ségou conservée à la Bibliothèque nationale – Paris). On y trouve une liste des ouvrages, avec identification des auteurs, des titres, des sujets et des informations concernant la copie lorsqu'elles sont disponibles, mais ne donne aucune description codicologique des manuscrits. Une description plus complète est donnée ici, pour les seuls volumes ou fragments concernant Tombouctou. Une attention particulière a été apportée à la description codicologique des manuscrits, compte tenu des particularités de ces manuscrits, et en complémentarité avec le travail réalisé pour le catalogue des corans d'Afrique par Natalia Viola.

Les autres manuscrits ont été rapportés par des arabisants, des voyageurs, des militaires, qui les ont donnés ou vendus à la Bibliothèque nationale ou d'autres institutions, comme la Société asiatique, qui a déposé ses manuscrits arabes à la Bibliothèque nationale en 1982. Parmi ceux qui sont décrits ici, Arabe 7120 a été donné à la Société Asiatique par Auguste Cherbonneau (auprès duquel la bibliothèque avait acquis en 1881 le volume coté Arabe 4628), Arabe 7146 et 7156 ont été donnés par docteur Ange-Marie Richer. L'ensemble des manuscrits arabes de la Société asiatique a fait l'objet de brèves notices par G. Vajda dans le Journal asiatique en 1950.

Les manuscrits portant les numéros au-delà de 6000 (dans ce catalogue 6096, 6097, 6103, 6106, 6651) ont été décrits dans l'Inventaire de la Bibliothèque 'umarienne de Ségou, mais ils ne font pas partie de l'ensemble des manuscrits expédiés par Louis Archinard. D'après les auteurs de l'Inventaire, ils proviennent du Mali et probablement de la région de Tombouctou. Arabe 6096 et 6097 ont été donnés en 1901 respectivement par M. Tautain, Secrétaire général au Congo et le Capitaine Gaden, en poste à Zinder. Les manuscrits Arabe 6399, 6755, 6756, 7218, 7226, 7237 ne sont pas mentionnés dans l'Inventaire. Arabe 6399 est un volume de différents textes arabes recueillis au Touat, une région située au Sud de l'Algérie, par M. de Calassanti-Motylinski. Arabe 6725 et 6756 sont entrés à la Bibliothèque nationale en 1925. Arabe 7218, 7226 et 7237 ont été acquis en 1989. Arabe 7218 porte une indication d'après laquelle nous savons qu'il a appartenu à Xavier Coppolani. C'est peut-être aussi le cas de Arabe 7226, acquis lors de la même vente publique à Paris. Arabe 7237 provient d'un autre lot acquis la même année auprès d'un libraire.

Tombouctou, fondée selon l'historien Al-Sa'di au XIIème siècle par les Touaregs Imaghcharen, est une cité qui a marqué l’histoire de l’humanité. Point de rencontre de savants venus du Nord et du Sud, elle abrita une prestigieuse université autour de trois mosquées principales : Sankoré, Sidi Yahia et Djingareyber. Son héritage historique et culturel est aujourd'hui matérialisé par des milliers de manuscrits qui se trouvent aujourd'hui dans des bibliothèques comme celle de Institut des Hautes Etudes et de Recherches Islamiques Ahmed Baba (anciennement Centre de Documentation et de Recherches Ahmed Baba ou CEDRAB et les bibliothèques privées dont certaines sont en train de publier des catalogues et de s'ouvrir au public.

Le commerce des livres avait été remarqué par le voyageur marocain Léon l'Africain au début du XVIe s. Mais les livres n'étaient pas qu'importés à Tombouctou, ils y étaient également copiés et c'est cette tradition de copie qui permit aux érudits de Tombouctou de fournir leurs bibliothèques.Au XV ème siècle, les érudits de la ville rédigeaient déjà leurs propres livres à usage didactique aussi bien que d’autres destinés à satisfaire les exigences intellectuelles en matière de droit, d'études coraniques, de traditions du Prophète, de théologie et de langue arabe. Ces livres étaient aussi destinés à satisfaire une demande plus populaire de littérature pieuse et de poésie rendant hommage au Prophète Muḥammad. Au XVIème siècle, nous assistons à l'émergence des chroniques locales et des dictionnaires biographiques. Au temps de l'empire Songhay (1468­ 1591) les savants musulmans de la ville, dont beaucoup vivaient dans le quartier entourant la mosquée Sankoré étaient fortement soutenus. Certains recevaient des souverains des cadeaux en espèce ou en nature, tandis que la rénovation de la mosquée était assurée par l'Etat. Il est dit d'Askia Daoud (qui régna de 1548 à 1583) qu'il avait établi des bibliothèques publiques dans son royaume (Tarikh al-fettach, p. 177). Aḥmad Bābā (1556 1627), l'une des personnalités déportées au Maroc en 1593 suite à la conquête de la ville et de l'empire songhay, se plaignit auprès du sultan al-Mansūr de la destruction de sa bibliothèque forte de 1600 livres qu'il affirma pourtant être l'une des plus petites de la ville. En dépit de sérieuses difficultés que devait traverser la ville aux XVIIème et XVIIIéme siècles, Tombouctou connut un nouvel essor intellectuel au XIXéme siècle.

Bibliographie

  • Al-Arawānī, Aḥ Baber, al-Sa’āda al-abadiyya fī al-taʿrīf bi ‘ulamā’ Tunbuktu al-bahiyya. Ed. al-H. al-M. al-Dālī, [Tripoli, Libye, 2001]
  • Bartallī al-Walātī, Muḥammad ibn Abī Bakr al-Ṣiddīq al-, Fatḥ al-šakūr fī maʿrifat aʿ yān ʿulamāʼ al-Takrūr, éd. M. Ḥaǧǧi, M. I. al-Kattānī. Beyrouth, 1981
  • C. Brockelmann, Geschichte der arabischen Literratur, 2éme éd., Leiden, 1943-1949, Supplement 1937-1942, 3 vol.
  • S. N. Elias, Social History of Timbuktou : The role of Muslim scholars and notables ,1400 - 1900, Cambridge London, New York, 1983
  • M. G. Guesdon, "Les manuscrits arabes de la bibliothèque nationale de France: acquisitions récentes" Studia Islamica, 1996, 83 : 135 - 153.
  • I. D. Haïdara, L’Espagne musulmane et l’Afrique subsaharienne, Bamako, Paris, 1997
  • I. D. Haïdara, Jawdar Pacha et la conquête Saadienne du songhoy (1591-1599), Casablanca 1996
  • J. Hunwick, The writings of Western Sudanic Africa, compiled by John O. Hunwick with the assistance of Ousmane Kane, Bernard Salvaing, Rüdiger Seesemann, Mark Sey and Ivor Wilks, Leiden, Boton, 2003. (Arabic Literature of Africa, 4)
  • Inventaire de la Bibliothèque 'Umarienne de Ségou conservée à la Bibliothèque nationale – Paris, par Noureddine Ghali, Sidi Mohammed Mahibou, Louis Brenner, Paris, 1985
  • Mahmoûd Kātī ibn al-Hadj al-Motawakkil, Tarikh el-fettach ou "Chronique du chercheur". Paris, 1913.
  • U. Rebstock, unter Mitarbeit von T. Mayer, Maurische Litertaturgeschichte, Würzburg, 2001
  • Al-Saʿdī, Tārīḫ al-Sūdān, éd. et trad. O. Houdas, Paris, 1900
  • Y. Sauvan, Le dépôt des manuscrits de la Société asiatique à la bibliothèque nationale : les manuscrits du docteur Richer dans Islam et sociétés au sud du Sahara, 1988, 2, p. 134-137
  • Taknī, A. B., Silsila min al-tā'rīḫ al-ṯaqāfī al-muštarak li-Ifrīqiyā fīmā warāʼa al-ṣaḥrāʼ wa-šamālihā bi-ʿunwān Izālat al-rayb wa-al-šakk wa-al-tafrīṭ fī ḏikr al-muʼallifīn min ahl al-Takrūr wa-al-ṣaḥrāʼ wa-ahl Šinqīṭ , ed. al-H. al-M. al-Dāli, [Tripoli, Libye, 2000]
  • Al-Tinbuktī, Aḥmad Bābā, Nayl al-ibtihāğ bi-taṭrīẓ al-Dībāğ, ed. al-Harāmāt, Abd la-Ḥamīd,ʿAbd Allāh, Tripoli, Libye, 1989.
  • G. Vajda, "Catalogue des manuscrits arabes de la Société Asiatique", dans Journal asiatique, 1950, p. 1-29
  • M. A. Zouber, Ahmad Baba de Tombouctou (1556 - 1627), sa vie et son œuvre, Paris, 1977.

Catalogues de manuscrits des bibliothèques de Tombouctou :

  • Fihris maḫṭūṭāt Markaz Aḥmad Bābā li-al-tawṯīq wa-al-buḥūṯ al-tārīḫiyya, Lundun, 1996-1998
  • ʿAbd al-Qādir Māmā Ḥaydara, Fihris maḫṭūṭāt Maktabat Māmā Ḥaydara li-al- maḫṭūṭāt wa-al-waṯā'iq, Lundun, 2000
  • Fihrist-i nusẖah-hā-yi ẖaṭṭî-yi Kitābẖānah-'i "Al-Imām al-Suyūṭî" : Timbuktū - Ǧumhūrî Mālî , Qum, 2010.

Autres catalogues :

  • ʿA. Haydara, Fihris al Maktabat al-Zayniyya , Bujbayha –Mali, Lundun, 2006. (2 vol.)
  • H. Mūlāy, Fihris al-maḫṭūṭāt al-islāmiya al-mawğūda bi-maʿhad al-abḥāṯ fī al-ʿulūm al-insāniyya bi al-Nīğir, Lundun, 2004-2005 (4 vol.).
  • A. Regourd, dir. , Catalogue cumulé des bibliothèques de manuscrits de Zabid, fasc.1, Sanaa, 2008.