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Pelliot chinois 3046

Cote : Pelliot chinois 3046  Réserver
Texte en ouigour
Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits

Présentation du contenu

Le manuscrit Pelliot Chinois 3046 est un rouleau de 25,7 cm de large sur 484 cm de long, composé de 11 feuilles, dont 10 de 45,7 cm de long et la 11e, déchirée en biais, de 28 cm. Papier épais et cassant, ocre, à vergeures. Quelques petits trous ; traces de colle le long des bords sup. et inf., ainsi que sur les joints des feuilles, et tout particulièrement sur le joint entre les ff. 10 et 11, où le papier a également été endommagé.

Au recto se trouve une copie d'une partie du chapitre 347, Tch'ou fen, p'in 58 (2), du Ta pan jo po lo mi to king 大般若波羅蜜多經, traduction chinoise par Hiuan-tsang du Mahāprajńāpāramitā-sūtra, correspondant au n° 220, tome VI, p. 781 b, col. 15, à p. 784 c, col. 25, dans l'édition de Taishō du Canon bouddhique chinois. D'après le texte du Taishō, on peut estimer qu'il manque au début de ce rouleau environ une feuille et à la fin environ quatre feuilles et demie. Écriture k'ai médiocre ; encre foncée ; 28 col. par f., 17 car. par col. Marges tracées, sup. et inf., 2,7 cm, réglures.

Au verso, à la fin du rouleau, sur les ff. 10 et 11 (sur une étendu de 19 et 28 cm respectivement, soit sur 47 cm en tout) se trouvent 28 lignes d'écriture ouïgoure, dont les deux dernières sont incomplètes à cause du déchirement du rouleau. Le texte ouïgour complet a pu être à l'origine beaucoup plus long puisqu'il doit manquer à la fin du rouleau 4 ff. et demie, soit environ 200 cm. L'écriture ouïgoure, de type assez ancien et de format moyen, généralement bien noire et régulière, est d'une main exercée mais sans prétention. L'encre de quelques lettres est effacée, surtout à l'endroit du joint entre les ff. 10 et 11, à la l. 12, mais aussi le s de "PS'P à la l. 3 et le Y de YYPCQ à la l. 19. Les phrases ou membres de phrases sont ponctués avec une certaine régularité par deux points (..), qui ont tendance à se fondre en un trait (—). Les lettres '/N et R sont pratiquement identiques, de même que Y et β comme s et ? se ressemblent plus ou moins. Dans quelques cas, les lettres p et K ne sont pas liées aux lettres qui les suivent : cf. SWYKCWD' aux ll. 1 et 16, QWYPYN à la l. 5, et YYPCQ à la l. 19. Comme particularités de l'orthographe, on peut noter la lettre ḥēth pointée dans alqu pour alγu à la l. 6 et dans tonluq pour tonluγ à la l. 22, ainsi que l'omission de l'āleph dans 'LTWNCYD' à la l. 2, YYPCQ à la l. 19, YRWQ à la l. 21, 'LTY aux ll. 22 et 23, 'P'- à la l. 24, et KR'KW à la l. 28.

Il s'agit de notes (Ödig) de comptabilité écrites à Cha-tcheou pour se rappeler, tout d'abord, les quantités de marchandises — soie, argenterie, musc, esclaves, lainage — restées « à prendre » notamment à Sou-tcheou chez diverses personnes, vraisemblablement membres d'une même association de marchands. Suit une série de notes indiquant les quantités d'étoffe de laine requises par différentes personnes. Vers la fin de ce texte, qui est tronqué, les mentions d'un chameau et d'une tente semblent introduire un autre type de phrase. On peut remarquer que les noms des personnes citées, s'il sont en majorité turcs, ont dans plusieurs cas une consonance étrangère, soit chinoise (Quypı̊n, Qutsı̊, Xuačan), soit iranienne (Apsap, Mir, Varčı̊).

TEXTE

Pelliot Chinois 3046 verso

1. 'WYDYK Š'CYWD' Q'LTY SWYKCWD' PYR 'WTWZ TWRQW

ödig šačiuda qaltı̊ sügčuda bir otuz torqu

2. 'LTWNCYD' 'YKY KWYMWŠ C'N'X 'YKY KWYMWŠLWK KYŠ

altunčı̊da ekki kümüš čanaq ekki kümüšlüg keš

3. "LXW Q'LTY — "PS'P T' 'WYC YYK TWRXW "LXW

alγu qaltı̊ — apsap-ta üč yig torqu alγu

4. X'LTY — MYR YK'N T' TWYRT P'TRY YYP'R X'LTY

qaltı̊ — mir yegän-tä tört patrı̊ yı̊par qaltı̊

5. P'K 'WRYD' PYŠ YKRMY TWRXW "LXW X'LTY — QWYPYN

bäg urı̊da beš yegirmi torqu alγu qaltı̊ — quypı̊n-

6. T' TWYRT YKRMY YYK TWRXW "LQW X'LTY — XWT

ta tört yegirmi yig torqu alqu qaltı̊ — qut

7. S'NKWN T' PYR XR'P'Š "LXW X'LTY YK'N SYNKXWR

saŋun-ta bir qarabaš alγu qaltı̊ yegän sı̊ŋqur-

8. D' PYR XR'P'Š "LXW X'LTY PWYRY P'RS X' 'WYCWN

da bir qarabaš alγu qaltı̊ böri bars-qa üčün

9. 'WYC TWRXW 'WYT'DYM XWTSY D' TWYRT TWRXW "LXW

üč torqu ötädim qutsı̊-da tört torqu alγu

10. P'R PWYRY S'NKWN T' 'WYC TWRQW "LXW P'R 'YT YYLYN

bar böri saŋun-ta üč torqu alγu bar ı̊t yı̊lı̊n

11. XWTSY NYNK — XYβTW X' PYRKWSY 'RDY XWTSY

qutsı̊-nı̊ŋ — qı̊βtu-qa bergόsi erdi qutsı̊

12. PYRM'DY MN 'WYT'DYM S'KYZ 'WN PYŠ ...S MN

bermädi men ötädim säkiz on beš qars men

13. PYRDYM XWTSY 'YNC' TYDY SN βR(='=N)CY D' T'β'R

berdim qutsı̊ inčä tedi sen βačı̊-(βarčı̊- ?)da taβar

14. "LTYNK TYDY MN "LM'DYM TYDYM β'(=R)CY K'LS'R

altı̊ŋ tedi men almadı̊m tedim βačı̊ kälsär

15. T'KYŠK'Y PYZ TYDYM PW MWNC' X'RS XWTSY D' "LXW

tägišgäy biz tedim bu munča qars qutsı̊-da alγu

16. 'WL SWYKCWD' YYN' YYTY YKRMY TWRXW "LXW X'LTY

ol sügčuda yenä yetti yegirmi torqu alγu qaltı̊

17. S'RYX D' PYR YYK TWRXW "LXW P'R P'K 'WRY

sarı̊γ-da bir yig torqu alγu bar bäg urı̊

18. 'WYCWN T'RX'XCY XWLCWR X' TWYŠTY

üčün tarγaqčı̊ qul + čor-qa tüšti

(Espace d'une ligne)

19. 'WYDYK PYTYK · PYR YYPCQ "TLYX 'WXWL PYŠ TWN

ödig bitig · bir yı̊pčaq atlı̊γ oγul beš ton-

LWX

20. X'RS X' — YWRWNK 'WYC TWNLWX X'RS Q' . .

luγ

qars-qa — yürüŋ üč tonluγ qars-qa . .

21. YRWX X' PYŠ TWNLWX X'RS X' . . 'YŠY TWYRT

yaruq-qa beš tonluγ qars-qa . . eši tört

22. TWNLWX Q'RS Q' . . KWYL XWNCWY 'LTY TWNLWQ X'RS

tonluγ qars-qa . . köl qunčuy altı̊ tonluq qars-

23. X' — YWT'Y 'LTY TWNLWX X'RS Q' . . YK'N

qa — yutay altı̊ tonluγ qars-qa . . yegän

24. 'P' 'WYC TWNLWX X'RS Q' — KWYL 'P' TWYRT

apa üč tonluγ qars-qa — köl apa tört

25. TWNLWX X'RS Q' — XW'(=N)C'N TWYRT TWNLWX X'RS Q'

tonluγ qars-qa — xwačan tört tonluγ qars-qa

26. TWNKWZ PYR TWNLWX X'RS X' QWP' PYR TWNLWX

toŋuz bir tonluγ qars-qa quba bir tonluγ

27. X'RS Q' PYR T'β' TWXWZ TWNL////////////

qars-qa bir täβ̈ä toquz tonl . . . . . . . .

28. KR(=')'(=N=R)KW K' PYR TWN/////////////////////

käräkü-kä bir ton luγ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..

TRADUCTION

Le mémoire est resté à Cha-tcheou. À Sou-tcheou vingt-et-une pièces de soie, (et) chez [[2]] l'orfèvre deux écuelles en argent et deux carquois argentés sont restés à prendre. Chez Apsap trois pièces de soie grège sont restées à prendre. Chez Mir Yegän quatre bolées de musc sont [[5]] restées. Chez Bäg Urı̊ quinze pièces de soie sont restées à prendre. Chez Quypı̊n quatorze pièces de soie grège sont restées à prendre. Chez Qut Saŋun un esclave est resté à prendre. [[8]] Chez Yegän Sı̊ŋqur un esclave est resté à prendre. Pour Böri Bars j'ai payé trois pièces de soie. Chez Qutsı̊ il y a quatre pièces de soie à prendre. Chez Böri Saŋun il y a trois pièces de [[10]] soie à prendre. En l'année du Chien, Qutsı̊ avait une somme à donner pour des ciseaux. Qutsı̊ ne l'a pas donnée ; moi, je l'ai payée. Moi, j'ai donné quatre-vingt-cinq pièces d'étoffe de laine. [[13]] Qutsı̊ a dit comme suit : « Toi, tu a pris des marchandises chez Vačı̊ (Varčı̊ ?) » a-t-il dit. « Moi, je n'en ai pas pris » ai-je dit. « Lorsque Vačı̊ viendra, nous nous confronterons » ai-je dit. [[15]] Autant de pièces d'étoffe de laine sont à prendre chez Qutsı̊. À Sou-tcheou encore dix-sept pièces de soie sont restées à prendre. Chez Sarı̊γ il y a une piθce de soie grège à prendre. [[18]] Le marchand de peignes pour Bäg Urı̊ est descendu chez Qul-čor.

Notes pour mémoire. Un garçon (page ?) du nom de Yı̊pčaq : (se rappeler) étoffe de laine [[20]] pour cinq tuniques. Yürüŋ : étoffe de laine pour trois tuniques. À Yaruq : étoffe de laine pour cinq tuniques. Eši : étoffe de laine pour quatre tuniques. Köl Qunčuy : étoffe de laine pour six [[23]] tuniques. Yutay : étoffe de laine pour six tuniques. Yegän Apa : étoffe de laine pour trois tuniques. Köl Apa : étoffe de laine pour quatre tuniques. Xuačan : étoffe de laine pour quatre [[26]] tuniques. Toŋuz : étoffe de laine pour une tunique. Quba : étoffe de laine pour une tunique. Un chameau (étoffe de laine pour ?) neuf tuniques.......... Pour une tente (?)... une [[28]] tunique (?)............

COMMENTAIRE

34.1 'WYDYK, soit ödig, figure également dans l'expression ödig bitig, l. 19, ainsi que dans 15.19 et 35 verso. Or, le même mot ödig se retrouve à plusieurs reprises dans le manuscrit ouïgour de la Biographie de Hiuan-tsang, où il correspond régulièrement à ki 記 dans le texte original chinois, c.-à-d. « note, mémoire, mémorial, registre », plus facilement traduisible en anglais par « record ». Voir notamment dans le manuscrit du Musée Guimet la feuille 86 r°, ll. 12-14 : bu saβ kerόki uluš lar ödigi siü(k)ki (SYWYKY = si-yu-ki 西域記 M *sei-ĥi̭wǝk-ki̭i) atl(ı̊bit igdä ol, « cette histoire est dans l'écrit du nom de Si-yu ki, 'Mémoires sur les Pays d'Occident' », correspondant au passage yu tsai Si-yu ki 語在西域記 de l'original chinois, San-tsang fa-che tchouan, ch. IV, fol. 9 v°. Voir aussi la feuille 92 r°, l. 14 : barča ödig b(ä)lgü qı̊ltı̊, « (dans) tous (ces lieux) il fit des monuments commémoratifs », traduisant le chinois kie yeou piao ki 皆有表記 (San-tsang fa-che tchouan, ch. IV, fol. 12 b v°). De plus, on trouve dans le colophon de la version ouïgoure de la Biographie de Hiuan-tsang (cf. la feuille 67 r°, l. 9, du ms. du Musée Guimet, et la l. 2151 du ms. de Pékin édité par A. von Gabain, Briefe der uig. Hüen-tsang Biographie, p. 388) : (Houei-li ta-che) ö-dig alı̊p taβγač tilinčä yaratmı̊š, « (le grand maître Houei-li), ayant reçu les notes (de Hiuan-tsang), les a rédigées en chinois ». À la lumière de ces différents exemples, par conséquent, on peut attribuer à ödig le sens de « note pour mémoire, mémorandum, mémoire, mémorial » ou de l'anglais « record ». Quant à son étymologie, ödig doit représenter la forme nominale en -°g (AG, § 109) d'un verbe non attesté *öd-, qui serait vraisemblablement une variante intensive en -d- (AG, § 153) du verbe ö-, « se rappeler, penser ». Il ne faudrait donc pas confondre ödig, « note, mémoire », avec ötüg, « prière, demande adressée à un supérieur », qui, lui, semble dériver du verbe *öt-, factitif en -t- (AG, § 165) de ö- au sens de « faire penser, rappeler ». Un troisième mot de la même série serait ötüt, forme attestée dans la version ouïgoure de la Biographie de Hiuan-tsang (fol. 103 v°, l. 12, et sans doute aussi fol. 90 v°, l. 14), qui doit signifier « ce que l'on rappelle, tradition », correspondant au chinois siang tch'ouan 相傳 (San-tsang fa-che tchouan, IV, fol. 1 v° et 12 r°). Sur le suffixe nominal déverbatif -üt/-ut, cf. C. Brockelmann, Östt. Gramm., § 117.

34.3 "PS'P, soit Apsap, n'est pas, à ma connaissance, attesté comme nom, si l'on excepte le nom en transcription chinoise du dernier qaghan ouïgour sur l'Orkhon (839-840), à savoir Ho-sa 㕎馺*. âp-sâp (cf. J. R. Hamilton, Les Ouïghours p. 141, n° 13 ; et C. Mackerras, The Uighur Empire, pp. 125 et 182).

34.4 MYR, soit Mir ou Mı̊r, représente un nom de personne déjà attesté chez les Ouïgours des environs du Xe siècle : cf. T. Haneda, « A Propos d'un texte fragmentaire de prière manichéenne en ouïgour... », Recueil des Œuvres Posthumes de Tôru Haneda, II, p. 89 (ou pp. 328-29), A, l. 14, et B, l. 10. D'autre part, j'avais proposé dans mon ouvrage Les Ouïghours..., p. 153, de reconnaître le même nom dans la transcription chinoise Mi 密, *mi̭ĕt, du nom d'un ambassadeur ouïgour, probablement d'origine sogdienne, que j'avais alors rapproché du sogdien mīr, « soleil, dimanche » (cf. W. B. Henning, BBB, p. 129). Toutefois, un mot mı̊r, « miel », provenant sans doute du chinois mi 蜜, *mi̭ĕt, est également attesté en turc ancien (cf. EDPT, p. 771), de même qu'il y avait, du moins à partir d'une certaine époque, une forme mir, « chef, seigneur », provenant de l'arabe émir, peut-être à travers une forme persane abrégée (cf. P. Pelliot, TP, XXVII, 1930, pp. 332-3).

34.4 P'TRY, à lire patrı̊ ou batrı̊, est sans doute une des formes prises en turc par le sanskrit pātra, « vase, coupe, bol pour les aumônes », attesté par ailleurs sous la forme patı̊r ou batı̊r (cf. TT X, p. 17, n. 124 ; et EDPT, p. 307). En turc le terme s'employait en particulier comme nom de mesure.

34.6 "LQW semble noter alqu, qui est l'orthographe normale d'un mot signifiant « tout », alors que c'est plutôt al-γu, « à prendre », qui est voulu par le contexte. Sans doute vaudrait-il mieux attribuer le trait sur la lettre ḥēth à une petite faute d'écriture comme dans le cas de TWNLWQ pour tonluγ à la l. 22.

34.11 XYβTW est pour qı̊βtu, « ciseaux », mot attesté ailleurs sous les formes qı̊ftu et qı̊ptı̊ (cf. EDPT, p. 582 ; TMEN, I, § 318). La forme qı̊βtu me paraît devoir provenir (du factitif en -t- ?) d'un verbe *qı̊β- ou *qı̊p- vraisemblablement un doublet du verbe qap-, « saisir », qui a dû donner qaβı̊r-, « resserrer », et qaβı̊š-, « se réunir » (cf. mon ouvrage Le Conte bouddhique..., p. 68). À cet égard, on peut remarquer, d'ailleurs, que le nom mongol des « ciseaux », qayiči, semble remonter à *qawiči et, plus loin, à *qapiti (cf. TMEN, I, p. 450 ; N. Poppe, Vergl. Gramm., I, p. 48).

34.12 säkiz on beš est, par rapport à la formule ancienne beš toquz on, la façon déjà évoluée d'indiquer « quatre-vingt-cinq » (cf. AG, § 202, p. 104).

34.19 YYPCQ, soit yı̊pčaq, pourrait représenter yı̊p, « corde », suivi du suffixe diminutif -čaq (AG, § 46), ce qui signifierait « ficelle ».

34.19 oγul, « fils », était employé aussi au sens de « garçon » quel qu'il soit et comme une sorte de titre, « page, jeune noble » (cf. Kā?γarī, I, p. 74 ; et TMEN, II, § 502).

34.20 qars-qa est employé au datif vraisemblablement parce que le mot ödig, « note qui fait penser à, qui rappelle », est sous-entendu. Voir l'emploi du datif avec ödig dans 15.19 : biziŋä yemä ödig bolzun, « que ce soit également une note qui fait penser à nous, un témoignage à notre égard ». En tout cas, on peut comprendre qu'il s'agissait de se rappeler les différentes quantités de marchandises requises pour les différentes personnes de la liste.

34.21 'YŠY doit correspondre au titre féminin eši de dame noble (cf. TMEN, II, n° 645, et EDPT, p. 256). Dans cette liste, d'ailleurs, figurent certainement d'autres personnages féminins, dont notamment une qunčuy à la ligne suivante.

34.24 'P' est vraisemblablement pour apa, titre ou terme de parenté fréquent, au lieu de äpä ou äbä (cf. EDPT, p. 5).

34.25 XW'(=N)C'N, soit Xwačan ou Qunčan, fait penser ŕ un nom chinois de femme commençant par houa 華, *xwa, « fleur », comme par exemple houa-tchan 華綻, « pétales de fleur ».

34.26 QWP', quba, est un nom de couleur qui s'applique aussi bien aux hommes qu'aux animaux : « jaune pâle, blond, cendré ». Cf. EDPT, p. 581.

34.27 bir täβδ, « un chameau », semble introduire une construction différente, rompant la succession régulière des phrases se terminant en qars-qa.

34.28 KR(=')'(=N=R)KW doit représenter k(ä)räkü, « tente » (cf. EDPT, p. 744), bien que les lectures *kängü ou *kärgü soient également possibles.

Bibliographie

Catalogue des Manuscrits ouïgours du IXe-Xe siècle de Touen-Houang, établi par James Hamilton, tome I, Peteers, Paris, 1986.

Historique de la conservation

Informations sur les modalités d’entrée

Rapporté par la mission Pelliot de 1906-1908. Entré à la BN en 1910.

Informations sur le traitement