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Département des Arts du spectacle - État des fonds

1906-1992
5 mètres linéaires
Fonds produit par : Sandberg, Serge (1879-1981)

Biographie ou histoire

Serge Sandberg (1879-1981), producteur de cinéma, gérant de salle de cinéma, fondateur des studios de la Victorine.
Né à Kovno en Lituanie, Serge Sandberg arrive à Paris pour l'Exposition Universelle de 1900. Après avoir fait des traductions pour Charles Pathé, il se voit proposer par ce dernier d'ouvrir une succursale de la société Pathé frères en Russie (1902). Lorsque éclate la Guerre russo-japonaise (1904), Serge Sandberg quitte Moscou pour s'occuper de la succursale Pathé de Berlin et de Vienne, et il crée celles de Bucarest et de Budapest.
En 1907, Charles Pathé décide de ne plus vendre de films mais d'en louer ; il propose à Serge Sandberg d'avoir le monopole d'exploitation des films Pathé frères pour une région de la France. Serge Sandberg choisit les Pays-de-Loire. Il fonde alors la société Cinéma-Théâtre (15 salles de cinéma dans les Pays-de-Loire), dont il devient administrateur général.
À partir de 1910, Serge Sandberg agrandit son parc de salles en acquérant plusieurs salles de spectacle parisiennes. Il crée la Société générale d'attractions, qui gère le Tivoli à Paris, la Société générale des grands cinémas (Grand Cinéma Saint-Paul et Montrouge-Palace). Il rachète la Société des cinémas modernes à Edmond Benoît-Lévy et crée la Société des cinémas réunis afin d'administrer une quinzaine de salles parisiennes, dont le Cirque d'hiver que lui concède la société Cinéma-exploitation (monopole des films Pathé à Paris). Il fonde aussi, avec Louis Aubert, l'Aubert-Palace et fait construire à l'intérieur du palais Berlitz le cinéma du Pavillon.
En province, il crée avec Charles Bourdilliat, qui gère la société Cinéma-National (monopole Pathé en Aquitaine), le Tivoli-cinéma de Lyon.
Jusque vers 1925, Serge Sandberg possède donc un réseau de plus de 40 salles de cinéma tant en province qu'à Paris, ainsi que quelques salles de théâtre à Paris et à Marseille.
La frontière entre "salle de cinéma" et "salle de théâtre" est particulièrement délicate à déterminer pour des lieux tels que : le théâtre du Vaudeville, le Cirque d'hiver, le théâtre des Mathurins, le théâtre des Arts, le Grand Casino (Marseille), le théâtre des Variétés (Marseille), le théâtre du Gymnase (Marseille) ou le théâtre Apollo à Nantes, dans lesquels Serge Sandberg programme tous types de spectacles (films, pièces de théâtre, concerts).
Pendant la Première Guerre mondiale, Serge Sandberg est affecté à la Section cinématographique de l'Armée, alors dirigée par Jean-Louis Croze et Pierre Marcel. Les salles de Serge Sandberg, associées à celles d'Edmond Benoît-Lévy (salle Omnia à Paris, monopole Pathé pour le Nord-Ouest) et de Charles Bourdilliat, serviront à la distribution de films de propagande militaire.
En 1917, Serge Sandberg participe à une conférence de la Commission des affaires extérieures sur l'intensification de la propagande militaire allemande par le cinéma dans les pays neutres. Avec ses partenaires (Charles Guerniéri, Edmond Benoît-Lévy, Charles Bourdilliat...), il propose à M. Klobulowsky un programme d'action pour contrecarrer la montée en puissance de l'industrie cinématographique allemande.
En parallèle, Serge Sandberg se lance aussi dans la distribution de films, et en particulier de films italiens : Cabiria, Maciste, Christus... ainsi que les films d'actualités de la société Union-Éclair.
Par la suite, Serge Sandberg ajoute à ses activités cinématographiques la production. En fait, dès 1915, Serge Sandberg avait financé des films de René Navarre et des séries de dessins animés de Benjamin Rabier. Mais en 1918, Serge Sandberg reprend avec Louis Aubert le contrôle de la société Éclair à Charles Jourjon, en créant la SIC Éclair (Société industriee cinématographique, concessionnaire de la marque Éclair).
Alors qu'à l'époque Charles Pathé abandonne la production de films, Serge Sandberg, au contraire, a le projet de doter la France, en pleine crise cinématographique liée à la concurrence américaine, d'un outil complet de production de films (réalisation, distribution, exploitation), à l'instar de ce que mettent place les firmes américaines.
C'est pourquoi Serge Sandberg acquiert en 1919 un terrain à Nice pour y construire les studios de la Victorine ; il engage d'abord Louis Nalpas comme directeur artistique, puis René Navarre. Plusieurs films de la marque Films Louis Nalpas y sont tournés, dont La Fête espagnole, Mathias Sandorf ou la série des Serpentin, ainsi que des films de la société des Cinéromans, que Serge Sandberg a fondée la même année.
Jusqu'en 1927, les studios de la Victorine sont aussi loués pour la réalisation de films tant étrangers que français ; citons Rex Ingram, qui y tourne quatre films.
Serge Sandberg revend les studios en 1927 à Édouard Corniglion-Molinier, qui en fera apport à la société Franco-Film.
En 1928, Serge Sandberg acquiert la majorité des actions de la SGF (Société générale de films), qui a terminé la production de Napoléon d'Abel Gance et qui produit Jeanne d'Arc de Carl Dreyer ainsi que Finis terrae de Jean Epstein, et il crée la NEF (Nord-Est Films).
Après avoir revendu les studios Éclair (1930), à partir de la seconde moitié des années 1930, les activités cinématographiques de Serge Sandberg se recentrent sur la production de 8 films de Sacha Guitry qui sont produits par la société Cinéas puis par la NEF et distribués par Tobis.
La Seconde Guerre mondiale met un point d'arrêt à ses différentes activités, et Serge Sandberg se réfugie dans une propriété agricole des Basses-Pyrénées (La Terrade), sous la protection d'un secrétaire-général de préfecture, M. Lazorthes-Barrès.
Au lendemain de la guerre, il reprend principalement des activités de distribution de films produits avant-guerre.
Deux importants projets de production échouent : l'un avec Gaston Baty (Robert Macaire), l'autre avec René Char (Le Soleil des eaux).
Dans le domaine du théâtre, outre la gestion de salles de spectacle, Serge Sandberg est le commanditaire du Théâtre national ambulant de Firmin Gémier (1911-1912), ainsi que d'Oedipe roi de Thèbes et de La Grande Pastorale qui se joueront au Cirque d'hiver en 1919 et 1920. En 1921, il est souscripteur du théâtre national de l'Odéon que dirige Firmin Gémier, et en 1925 il est souscripteur du théâtre des Champs-Élysées de Louuis Jouvet.
Il est aussi le commanditaire de pièces de Sacha Guitry : Deburau, Pasteur, Le Mari, la femme et l'amant... Il est en outre président et administrateur-délégué de la Coopérative des auteurs dramatiques de 1919 à 1921.
Serge Sandberg s'est également intéressé à la musique. En 1918, il fonds les concerts Pasdeloup. Il est par ailleurs souscripteur puis administrateur de l'École normale de musique, dirigée par Alfred Cortot puis Lucien Muratore (1919-1964). Il est aussi l'un des commanditaires de l'Opéra de paris, dirigé par Jacques Rouché (1919-1934).
Enfin, Serge Sandberg a soutenu de nombreuses causes et diverses inventions dont certaines sont liées aux évolutions du cinéma : la caméra Caméclair, des salles démontables, le projecteur sonore "Le National" ou encore des inventions d'Abel Gance.

Informations sur les modalités d’entrée

Achat auprès de Marc Sandberg, petit-fils de Serge Sandberg, 1997.

Présentation du contenu

Le fonds se compose de correspondance, de coupures de presse, de programmes, de textes de pièces, de scénarios, de dessins, de photographies, de documents administratifs, de périodiques. Il concerne les activités théâtrales, musicales et cinématographiques de Serge Sandberg, ses activités de gestionnaire de salle et de producteur de films (Sacha Guitry), ses projets avec René Char, Gaston Baty.

Informations sur le traitement

Un inventaire complet de ce fonds est disponible en ligne.

Conditions d'accès

Ce fonds est conservé dans les magasins d'un site distant. Un délai de 48 à 72 heures est donc nécessaire pour obtenir la communication des documents qui le constituent. Un document demandé jusqu'à 17 h 45 est disponible le surlendemain à 10 h (pour les demandes effectuées du vendredi 17 h 45 au lundi 10 h, compter 1 jour de plus).

Inventaire en ligne :

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