Département des Manuscrits > Grec > Ancien fonds grec > Grec 2430-2549

Grec 2474

Cote : Grec 2474  Réserver
Ancienne cote : Regius 3534 (première partie) et 3535 (seconde partie)
Ancienne cote : 2712, 37, 9 cotes non identifiées (première partie)
Ancienne cote : Dupuy : Paquet 40 (seconde partie)
Ancienne cote : Mediceus theol. 114 (seconde partie)
Ancienne cote : Ridolphi 113 (vigesima cassa) (seconde partie)
Héron d’Alexandrie, Geoponica. Apophthegmes des pères (collectio systematica et collectio alphabetica).
XVIè siècle (première partie)
XIIIè siècle (seconde partie)
Ce document est rédigé en grec.
Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits
Italie (première partie) Lieu de copie inconnu pour la seconde partie.

120 x 170 mm (environ).
I-III + IV-V + (1-8) + (1-264) + I-III.

ECRITURE
Deux parties distinctes forment ce manuscrit, qui constituaient un jour deux manuscrits distincts. Dans les deux cas, le copiste reste anonyme.
La première main est une main du XVIè siècle, de petit module, au tracé un peu controuvé. Cette main évoque les tracés d’Ange Vergèce, ou l’influence des caractères d’imprimerie. La seconde main est nettement plus ancienne : il s’agit d’une minuscule assez ronde, dont les lettres marquent peu de différenciation vers le haut ou le bas, si bien que cette écriture reste presque bilinéaire. Elle penche très légèrement à droite, les ligatures restent très limitées, et on remarque un nombre conséquent de tracés majuscules (η, ν, ε, γ) ainsi que le sigma lunaire en fin de mot.

DECORATION
Dans la partie plus récente, le titre est en majuscules rubriquées, surmonté d’un bandeau décoratif à l’encre rouge. La seule décoration supplémentaire est la rubrication des initiales de propositions.
La partie plus ancienne est surmontée d’un titre rouge en minuscules, d’une bande décorative rudimentaire, et d’une croix. Les initiales de paragraphes sont également rubriquées.

MATIERE
Le premier texte est écrit sur un papier filigrané italien du XVIè siècle. Aux ff. 1 et 4, on trouve dans la partie supérieure de la page un filigrane d’ancre inscrite dans un cercle, filigrane incomplet, car il est coupé au milieu en raison d’un pliage in-8°. Aucun folio ne comporte la moitié supérieure du filigrane.
La seconde partie du codex est écrite sur papier oriental.
Aucun folio des gardes ne porte de filigrane. En revanche, on a inséré entre les trois premiers folios de garde et le premier volume un bifeuillet de parchemin, qui comporte des indications de contenu ainsi qu’une addition griffonnée.

FOLIOTATION
Foliotation moderne indépendante de chaque partie, mais néanmoins attribuable à une seule et même main. La foliotation est peut-être due à Clément. Elle va de 1 à 8 puis reprend à 1 jusqu’à 264.

CAHIERS
La première partie n’est en réalité qu’un quaternion isolé.
La seconde partie se compose de trente-trois cahiers, qui sont principalement des quaternions réguliers. On note cependant que les ff. 3-14 forment un quinion (noté β f. 14v), les ff. 29-34 un ternion, et les ff. 259-264 un ternion final (ce qu’il n’était peut-être pas à l’origine, puisque le texte est incomplet). Par conséquent, les ff. 1-2 constituent la fin du premier cahier, dont le début est perdu.

SIGNATURES
Le premier f. 1 comporte une signature de cahier à l’encre rouge dans le coin inférieur droit. C’est le premier cahier d’un ensemble plus vaste dont il a été séparé.
La collection d’apophtegmes semble constituer un tout cohérent. Les cahiers sont signés au recto du premier folio et au verso du dernier folio, dans le coin inférieur intérieur de la page. Dans certains cas, la signature a disparu avec la dégradation du papier. C’est le cas du α de fin du premier cahier. Seul le cahier 25 (κε) des ff. 186 à 194 présente une irrégularité : la signature est apposée au milieu de la marge inférieure du premier recto, et manque au dernier verso.

REGLURE
Réglure à pointe sèche du type Leroy-Sautel 20D1. Sur certains folios, les piqûres sont encore visibles.

RELIURE
Reliure de maroquin citron sur ais de carton du début du XVIIIè siècle, aux armes et chiffre royaux. Le médaillon doré situé au centre des plats est identique à la figure 1Abis bis de Métivier, utilisé par trois relieurs seulement entre 1699 et 1733. Les plats sont entourés d’un triple filet doré et le dos, compartimenté, est orné de fers portant le chiffre royal, de fleurs de lis ou encore de tournesols. Il présente également une pièce de titre en maroquin rouge, avec la mention HERONIS / GEOPONICA.

ESTAMPILLES
ff. 1r et 8v (première partie) : estampille du début du XVIIIè siècle, type Josserand-Bruno n. 7.
ff. 1r et 264v (seconde partie) : estampille de la fin du XVIIè siècle, type Josserand-Bruno n. 2.

Historique de la conservation

On ignore par quel biais le premier manuscrit est arrivé à la bibliothèque royale, au plus tard au début du XVIIIè siècle. D. Muratore suggère que la main qui inscrit le titre latin Heronis Geponica pourrait être celle de Matteo Devaris. Dans ce cas, ce fragment proviendrait également de la collection Ridolfi.
La seconde partie en revanche est mieux identifiée. Au f. 1v, une note de possesseur, sans doute du XVè siècle, indique que ce manuscrit a appartenu à un frère Antoine, Hieromonachos et Kathigoumène du monastère des saints Théodores (dit aussi de la toute Bienheureuse, ἑτέρως τῆς Παμμακαρίστου). La date de l’achat, en octobre, est malheureusement en corrompue, mais on peut avancer la lecture de l'année du monde στϠπζ (6987) soit l'an 1478, ce qui correspondrait à l'indiction 12, que l'on peut restituer avec vraisemblance.
Au bas du f. 2r, on trouve un pinax de la main de Nicolas Sophianos, ainsi que la cote ridolfine 113. Ce manuscrit a donc appartenu à la collection du Cardinal Ridolfi. A sa mort, sa bibliothèque passe à Pietro Strozzi, qui la fait venir en France, puis à Catherine de Médicis.
Après la mort de la Reine en 1589, sa bibliothèque est finalement intégrée en 1594 à celle du roi. Or ce volume ne correspond à aucun des volumes des inventaires de Catherine de Médicis de 1589 ou 1597. Rien ne nous permet de dire s’il s’agit d’un oubli, ou si le volume avait été offert à quelqu’un avant 1589. Il est assuré en revanche que les deux parties de ce codex entrent séparément à la bibliothèque royale, comme en témoignent les deux estampilles différentes, et que ce n’est que sous Louis XIV qu’on fit le choix de les associer dans une même reliure.

Présentation du contenu


ff. 1-8 : Héron d’Alexandrie, Geoponica (sections 1-48), éd. F. Hultsch, Heronis Alexandrini geometricorum et stereometricorum reliquiae, Berlin, Weidmann, 1864. Ἥρωνος γεηπονικὸν βιβλίον, inc. Τίνες αἱ γενικαὶ τῶν σχημάτων διαφοραί; Expl. Ἔστω τετράγωνον ἑτερόμηκες ἤτοι παραλληλόγραμμον [… Heiberg considère qu’il s’agit d’une anthologie byzantine, et qu’il faut replacer chaque section dans son ouvrage propre : Ces folios contiennent dès lors des extraits des Definitiones ( §§ 24-34, 39-53, 55-61, 65-72, 98-99) et du de Mensuris (pp. 176.14-178.25, 180.1-182.19, 186 §§ 6a et une partie de 7a, 200 §5.1-202.5, 202.6-29a, 206-6.10ll.01-3), éd. J.L. Heiberg, Heronis Alexandrini opera qua supersunt omnia, Leipzig Teubner 1912-1914, vol ; 4 (Definitiones) et 5 (De Mensuris). Les tables de concordances entre ces deux éditions sont présentées aux pp. XXVII-IX du vol. 4 et pp. VII-VIII du vol V de l’édition Heiberg.

f. 1r-1v 1/2 : fragments d’apophtegmes (Introduction §8 -11, éd. J.-C. Guy, Les apophtegmes des pères. Collection systématique, chapitres i-ix in Sources chrétiennes 387, Paris, 1993. Inc. κατει]λειμμένων περιλημπτεικά <τε καὶ τελειωτικὰ> καὶ τοῦ κοινωνικοῦ βίου… Expl. τὸ τῶν μοναχῶν ἔργον ἐκδιδάσκοντα.

ff. 2r-264v : Apophtegmes des pères, éd. J.-P. Migne, Apophthegmata patrum (collectio alphabetica), in Patrologiae cursus completus (series Graeca) 65, Paris, 1857-1866. Inc. (pp. 76, l. 33) Ἠρώτησέ τις τὸν ἀββᾶν Ἀντώνιον, λέγων… Expl. f. 264r (= p. 241, l. 5) ἐλθεῖν εἰς συντυχίαν. Le f. 264v est presque illisible.

Bibliographie


Métivier M.-J., « La reliure à la Bibliothèque du roi de 1672 à 1786 », dans B. Blasselle (éd.) et L. Portes (éd.), Mélanges autour de l’histoire des livres imprimés et périodiques, Paris, BnF, 1998, p. 131-177.
Muratore D., La bibliotheca del cardinale Niccolo Ridolphi, Alessandria, 2009.
Vitrac B., Héron d'Alexandrie et le corpus métrologique : état des lieux. Communication lors du colloque "Géométrie(s), pratiques d'arpentage et enseignement : quels liens et dans quel contexte ? ", Paris, Mars 2010.

Notice d'H. Omont issue de l'Inventaire sommaire des manuscrits grecs de la Bibliothèque nationale (1888) :

Grec 2474. Heronis liber geeponicus (1) – Patericon, ex dictis SS. PP. (2) ; - Interrogationes et responsiones SS. PP., fine mutilae (256).

XVIè-XIIIè siècle, Papier occidental et papier oriental. 8 et 264 feuillets. (Mediceus Regius 3534-3535.) Petit format.

Informations sur le traitement

Notice rédigée par Anne Weddigen, mars 2016.