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Grec 2468

Cote : Grec 2468  Réserver
Ancienne cote : Regius 3186, 3
Ancienne cote : Colbert 4466 (anciennement 1466)
Euclide : Optique, Catoptrique, Phénomènes.
1565-1566
Ce document est rédigé en grec.
Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits
Paris.

160 x 235 mm.
I-II + (1-24) + (25-36) + (37-65) + I-II

ECRITURE
Manuscrit copié par Ange Vergèce (RGK II - 3), qui laisse une souscription à l’encre rouge au f. 65v : Τὸ παρὸν βιβλίον γέγραπται μὲν ἐν Λουτεκίᾳ τῶν Παρησίων τῇ χειρὶ Ἀγγέλου Βεργηκίου τοῦ Κρητός, δεδώρηται δὲ τῷ σοφωτάτῳ καὶ λογιωτάτῳ τε ἐκλεκτῷ καὶ κελαρίῳ τῷ πάνυ τῆς κελτίκῆς Μϊχαήλῳ τῷ ὁσπηταλίῳ, ἔτει ἀπὸ τῆς θεογονίας ,α φ ξ στ.
Cette date est contredite au recto du même folio, où Ange Vergèce trace son nom dans un monocondyle, surmonté de la date ,α φ ξ ε.
Surface écrite : 85x150 mm. Marge supérieure : 25 mm. Marge extérieure : 55 mm. Marge inférieure : 60. Marge intérieure : 20 mm.25 lignes par page.

DECORATION
Ce manuscrit appartient à la production bellifontaine des dernières années d’Ange Vergèce, et présente une riche décoration assez caractéristique. Chaque traité présente un frontispice et une initiale peinte.
Au f. 1, le frontispice à fond d’or porte en son centre un écu armorié orné d’un masque de comédie, flanqué de part et d’autre de deux oiseaux, peut-être des cygnes. Un rinceau fait la liaison entre les oiseaux et l’écu central. Les couleurs dominantes sont le bleu et le mauve, avec des touches de vert et d’orange en plus du corps blanc des oiseaux. L’initiale peinte reprend les mêmes éléments picturaux et surtout les mêmes couleurs : le A bleu se détache sur fond doré, orné de rinceaux végétaux en vert et mauve.
Au f. 27, le frontispice est un à fond bleu, et son décor doré d’entrelacs géométriques rappelle les plafonds peints de la Renaissance. La lettre peinte étant O, elle fait office de médaillon, et porte en son centre un masque de comédie. Elle est peinte en bleu sur fond doré, et les éléments végétaux qui l’accompagnent sont en vert et rouge.
Au f. 37 : Frontispice à fond doré peint de couleurs très vives, et dont le dessin est très détaillé. Le centre porte un masque de comédie sans médaillon, laissant briller l’or du fond par les prunelles vides. Il figure un homme barbu à longues moustaches, portant un turban ou un chapeau d’où s’échappent deux cornes bleu ciel. De part et d’autre du masque, deux cornes d’abondance. L’initiale peinte en bleu sur fond doré s’accompagne de motifs végétaux d’où s’échappe une figure fantastique, un buste de femme au cou désaxé qui évoque la volute sculptée d’une viole de gambe.
Dans tout le codex, les titres des traités sont en majuscules dorées, les titres des chapitres rubriqués, ainsi que les lettres repères sur les figures géométriques tracées dans la marge.

MATIERE
Papier filigrané italien en pliage in-4°. Le filigrane représente une couronne surmontée d’une étoile, proche du n. 4835 dans le répertoire Briquet.
Les folios de garde sont plus tardifs et datent de la reliure (XVIIè siècle). Ils présentent deux filigranes de main différents : sur la deuxième garde supérieure, une main à la manchette triangulaire, accompagnée d’un I majuscule. Su la deuxième garde inférieure, une main nettement plus longue à manchette triangulaire, dont le majeur porte un fleuron trilobé, et accompagnée des lettres IS.

FOLIOTATION
Foliotation moderne à l’encre brune dans le coin supérieur droit.

CAHIERS
Chaque traité constitue clairement une unité codicologique distincte. Le premier traité couvre exactement trois quaternions réguliers. Le deuxième traité est constitué d’un quaternion et d’un binion, et le troisième traité de deux quaternions, d’un binion, et d’un dernier cahier de 9 folios irrégulier. Ce dernier cahier est un ternion dans lequel ont été insérés un bifeuillet (ff. 63-64) et un folio isolé (f. 58) entre le bifeuillet extérieur (ff. 57-65) et les deux bifeuillets intérieurs (ff. 59-62).

SIGNATURES
Seuls les trois premiers cahiers présentent une signature en début de cahier au milieu de la marge inférieure.

REGLURE
Réglure à pointe sèche de type Leroy-Sautel 00d1.

RELIURE
Reliure de parchemin souple sur ais de papier. Le dos porte la mention biffée 1466, la première cote dans la bibliothèque Colbert.

ESTAMPILLES
ff. 1r et 65v : estampille de grand module (35 mm de diamètre) du début du XVIIIè siècle, modèle Josserand-Bruno n. 4.

Historique de la conservation

La souscription d’Ange Vergèce nous précise que ce codex a été copié à Paris en 1565 ou 1566 pour Michel de l’Hospital. A la mort de ce dernier en 1573, il est transmis avec l’ensemble de sa bibliothèque à son petit-fils Michel Hurault de l’Hospital, neveu de Jean Hurault de Boistallé, éminent bibliophile (P. Anselme). On perd ensuite la trace de ce manuscrit avant la fin du XVIIè siècle.
Sur le premier folio, une main a commencé à inscrite un ex libris, mais par deux fois, elle n’a pas fini d’écrire le x. On trouve en revanche, au bas de la page, le nom d’Etienne Baluze : Stephanus Baluzius Tutelensis. On ignore ce qu’il est advenu de la bibliothèque de Michel Hurault de l’Hospital après son décès en 1592. Il a sans doute été repéré pour le compte de Colbert. Le chemin que ce manuscrit a parcouru entre les bibliothèques de Colbert et Baluze n’est pas clair ; il a sans doute fait l’objet d’un échange ou d’un cadeau entre ces deux collectionneurs. Une confrontation avec les divers catalogues de la bibliothèque colbertine pourrait peut-être trancher la question, en prenant en compte le changement de numéro d’inventaire chez Colbert. Selon Jackson, il s'agirait d'un cadeau de Baluze à Colbert (voit p. 34, note 18).
Le codex a donc été acquis par la bibliothèque royale soit à partir de la collection Baluze, soit celle de Colbert. Celle de Baluze fut acheté en 1719, celle de Colbert fut acquise en 1732.

Présentation du contenu

ff. 1-24r : Euclide, Optica (recension Theonis), éd. J.L. Heiberg, Euclidis opera omnia, vol. 7, Leipzig Teubner, 1895. Εὐκλείδου Μεγαρέως ὀπτικά. Inc. Τὸ προοίμιον ἐκ τῆς τοῦ θέωνός ἐστιν ἐξηγήσεως. Expl. ὁμοίως γὰρ δείξομεν τὰ συμβαίνοντα <καθάπερ> καὶ ἐν τοῖς κύκλοις / τέλος τῶν ὀπτικῶν. f. 24v vacat.

ff. 25r-36v : Euclide, Catoptrica (recensio Theonis ?) éd. J.L. Heiberg, Euclidis opera omnia, vol. 7, Leipzig Teubner 1895, Εὐκλείδου κατοπτρικά, expl. ὥστε ἐνταῦθα στύππιον τεθὲν ἐξαφθήσεται / κατοπτρικῶν.

ff. 37r-65r : Euclide, Phenaomena (recensio b), éd. H. Menge, Euclidis opera omnia, vol. 8, Leipzig Teubner, 1916. Εὐκλείδου φαινόμενα, expl. ἡ τυχοῦσα τῆς τυχούσης / τέλος τῶν Εὐκλείδου φαινομένων.

Bibliographie


P. Anselme (puis M. Du Fourny), Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs, grands officiers de la Couronne, de la Maison du Roy et des anciens barons du royaume, Tome 6, 1726-1733
Dain A. , «La fille d’Ange Vergèce», Humanisme et Renaissance, 1, 1934, p. 133-144.
Delisle L. V., Le cabinet des manuscrits de la bibliothèque impériale, 1878, [réimpr. Olms Verlag 1978].
Jackson, D.n "The Greek Manuscripts of John Moore and Etienne Baluze", Codices Manuscripti 54/55, 2006, pp. 29-42.
Laffitte M.-P., « Manuscrits de la famille Vergèce en reliures à médaillons peints (1554-1569) », Revue de la Bibliothèque nationale de France, 12, 2002, p. 25-31.

Notice d'H. Omont issue de l'Inventaire sommaire des manuscrits grecs de la Bibliothèque nationale (1888) :

Grec 2468. Euclidis optica (1) ; — catoptrica (25) ; — phaenomena (37).

Copié en 1565 par Ange Vergèce. Papier. 65 feuillets (Colbert 4466) Moyen format.

Informations sur le traitement

Notice rédigée par Anne Weddigen, janvier 2016.