Fonds Botbol, Albert (théâtre)

Cote : COL-261
Fonds Albert Botbol (1928-1993)
1928-2013
9 boîtes
Fonds produit par : Botbol, Albert (1928-1993)
Le fonds contient des documents majoritairement en français

Biographie ou histoire

Albert Botbol, de son vrai nom Alberto ou Abraham Botbol (1928-2000), né dans une famille juive espagnole de Tanger, est le plus jeune des quatre enfants de la famille, s’installe à Casablanca (Maroc), où il fera des études littéraires.
1944-1946 : sa passion pour le théâtre se concrétise dès l'âge de 16 ans, d'abord dans l'espace culturel juif de Casablanca, puis avec André Voisin et Charles Nugue dans le petit théâtre de La Baraque qui assure une présence culturelle française ; mais aussi grâce au dramaturge Kenfaoui qui forme les acteurs marocains.
1953 -1956 : avec sa compagnie Les Trois Coups, il assure la mise en scène de plusieurs de pièces à La Baraque, dont, en désordre : L'ile des chèvres d'Hugo Betti ; La voix humaine de Jean Cocteau, La nuit des hommes de Jean-Bernard Luc ; Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée d'Alfred de Musset ; Yerma de Federico Garcia Lorca ; Plainte contre inconnu de Georges Neveu ; La mort heureuse d'Albert Camus ; La paix du ménage d'Eugène Labiche ; L'anglais et comment on le parle de Tristan Bernard ; L'habit de Robert de Flers ; mais aussi des pièces d'Evreinov et de Tchekhov, dont le titre n'apparait dans aucun document, ainsi que Plainte contre X sans mentionner l'auteur. Sa dernière mise en scène en français à La Baraque : Vêtir ceux qui sont nus de Luigi Pirandello, remporte le Premier Prix des Jeunes Compagnies. Pour financer ses mises en scène, Albert Botbol est représentant des machines à coudre industrielles et ménagères PFAFF à Casablanca.
1956 : à l'Indépendance du Maroc, Mehdi Ben Barka le charge - entre autres - d'éviter le départ des juifs vers Israël, où les Marocains constituent un sous-prolétariat. D'après les souvenirs d'André-Louis Périnetti, il sera désormais un "pestiféré" parmi les siens, qu'ils soient de sa confession ou de l'autre ; et le fait de signer ses mises en scène en arabe Ibrahim Botbol n’arrange pas les choses.
1957-1958 : directeur du Théâtre national marocain et secrétaire général du Centre marocain de Recherches Théâtrales (Rabat). Au cours du Festival "Le Prix de la Liberté" de la division de la Jeunesse et des Sports, il met en scène Le Prix de la Liberté en arabe littéraire, nouveau titre donné à Montserrat d'Emmanuel Robles, jouée par la troupe nationale marocaine en présence du roi Mohamed V. Dans le cadre du même festival, et toujours mis en scène par lui, la troupe présente Le malade imaginaire en arabe dialectal, spectacle accueilli au Théâtre des Nations le 31 mai 1958, tandis que Bertolt Brecht présente Mère Courage. Cette version du Malade imaginaire sera également présentée à l'exposition universelle de Bruxelles. Après la mort de Bertolt Brecht, son épouse Helene Weigel offrira à Albert Botbol la maquette de Mère Courage pour sceller leur amitié. Cette maquette sera longtemps exposée au TNP dirigé alors par André-Louis Périnetti.
1957-1959 : producteur d'émissions culturelles à la radiodiffusion nationale marocaine. Cette première expérience de la puissance des medias, en tant que canaux de formation plutôt que de diffusion, le poursuivra avec l'usage de la télévision dans ses premières missions africaines pour l'Unesco, tout en en dénonçant les effets pervers. Il écrira : "... des lois du marché ou de la logique des industries culturelles imposant la primauté de la diffusion sur la production, et de la production sur la création" (extrait d'un brouillon d'un texte préparant la Décennie mondiale du développement culturel - 1986).
1960-1965 : fondateur et directeur de l'Université du Théâtre des Nations (UTN) à Paris. Gilles Sandier, le critique théâtral qui sera plus tard conseiller du ministre Jack Lang après l'avoir été au festival de Nancy, écrira sa préférence pour l'enseignement offert par l'UTN, dans un contexte artisanal et libertaire, à celui du conservatoire. Et Béatrice Tanaka, stagiaire en 1961 et assistante d’Albert Botbol à l'UTN en 1962, écrira plus tard comment il poussait les stagiaires à oser, à se dépasser, disant que "la pire censure, c’est l’autocensure" et leur révélant "l’extraordinaire diversité et l’unité profonde des cultures du monde", en citant Georges Bataille pour le qualifier : "La souveraineté est la révolte et non l'exercice du pouvoir". Dans le contexte des Indépendances africaines et de la guerre d'Algérie, Albert Botbol effectue à la demande de M. Jean-Pierre Dannaud, alors directeur de la coopération culturelle et technique, des missions en Afrique noire, notamment en ce qui concerne la participation de certains états africains francophones au Théâtre des Nations à Paris, inaugurant ainsi la présence active de la culture africaine sur la scène internationale. Cela se traduisit à l'époque par des manifestations à Paris placées sous la co-présidence des chefs d'Etats africains et d’André Malraux, ministre français de la culture. C’est ainsi qu’Albert Botbol montera trois spectacles au Théâtre des Nations, inscrit par ses fondateurs dans une ouverture au monde et un brassage des cultures (Les danses de la Côte d'Ivoire,1960 (Prix du Meilleur Spectacle de tradition populaire) ; Ensemble national du Dahomey, 1962 (Grand Prix-Challenge du Théâtre des Nations) ; et Les danses du Cameroun, 1983 (Prix du Meilleur Spectacle de tradition populaire).
1962 :
- départ du Maroc dans le même avion que Mehdi Ben Barka.
- Administrateur général de "l'Action Culturelle et Artistiques pour les échanges internationaux" (production et diffusion de spectacles ; mises en scène d'œuvres d'Anouilh, Montherlant, Musset, Racine, Regnard, Shakespeare).
1964 : mission au Tchad, en vue de la création d'un Ensemble artistique national.
Amitié avec Kateb Yacine, qui lui dédicacera le manuscrit de sa pièce inédite Tempêtes de sable.
Complicité avec Eugène Ionesco. Admiration pour Jean Vilar : "Je n'ai pas eu la chance de voir Dom Juan de Louis Jouvet. Mais celui de Jean Vilar a laissé en moi une très profonde impression et je crois bien avoir connu au TNP, grâce à lui, une de mes plus pures émotions artistiques."
1965 : c'est curieusement avec une dernière mise en scène, en Israël Boeing Boeing, de Roussin qu'Albert Botbol fera sa révérence au théâtre.
"Pour lui le théâtre n'était pas seulement une discipline, un art, ni une science, mais un acte de foi. Acte de foi dans l'aventure commune du théâtre dans un monde qui n'est que variété, avec le respect dû à chacun", dira André-Louis Périnetti, dans la Lettre de l'ITI-Unesco, 1993.
1965-1967 : consultant de l’Unesco . Assistance aux autorités de Côte d'Ivoire et du Cameroun pour l'élaboration de projets de préfiguration d'Instituts nationaux de la Culture et des Arts (programmes, méthodes, infrastructures, personnels, budgets, administration). Contribution artistique et organisationnelle à la participation de la Côte d'Ivoire et du Cameroun au Premier Festival Mondial des Arts Nègres à Dakar (1965). En 1966, engagé dans le processus des découvertes des pays africains dans la dynamique des indépendances, avec Aimé Césaire et Jean-Marie Serrault, approuve le discours de Phnom Penh du général de Gaulle.
1967-1971 : expert à l'Unesco, en s'appuyant sur des professionnels rencontrés à l'UTN comme Michel Launay (1967-69 : Participation à la création de "MEDIACULT" en Autriche (1968). Participation au Premier Congrès mondial de l'artisanat au Pérou (1968). Conseiller technique auprès du Ministre de l'Education Nationale de Côte d'Ivoire pour les Affaires Culturelles. Création et animation de l'Institut National des Arts d'Abidjan (Ecoles artistiques, troupe nationale de Théâtre, Ensembles musicaux, etc.) tournées régionales et participation au Festival culturel panafricain d'Alger (1969). b) 1969-71 :Participe à la formation psycho-pédagogique des élèves-maîtres de l'Ecole Normale expérimentale créée dans le cadre du Complexe d'éducation télévisuelle de Côte-d'Ivoire. Mission itinérante spéciale, en vue de l'organisation du Premier festival international du Ramayana (Birmanie, Inde, Indonésie, Malaisie, Népal, Sri Lanka, Thaïlande) en 1971, à Surabaya (Indonésie). Période obligée d’apprentissage de l’anglais parlé, sa cinquième langue après l’espagnol, le français, l’arabe, l’italien. Participation à la conférence intergouvernementale portant création de l'Agence de coopération culturelle et technique Niamey, 1970).
1971-1986 : appelé par René Maheu directeur général dede l'Unesco au siège, à Paris, pour diriger la section du développement culturel. Chef du Service des politiques culturelles et du développement culturel (administrateur principal. Recherche ; Formation ; Elaboration, mise en œuvre et évaluation de projets opérationnels nationaux et régionaux. Coopération culturelle internationale. Organisation des Conférences intergouvernementales sur les politiques culturelle s: en Europe (Helsinki 1972) ; en Asie (Jogjakarta 1973) ; en Afrique (Accra 1975) ; en Amérique Latine et les Caraïbes (Bogota 1978) ; Conférence mondiale (Mexico 1982). Création du Fonds International pour la Promotion de la Culture. Participation aux conférences intergouvernementales sur l'enseignement supérieur (Bucarest 1973) et sur la Communication (San José 1976). Élaboration du projet de Décennie mondiale du développement culturel (proclamée conjointement par l’ONU et par l'Unesco). Représentant de l'Unesco au Conseil d'administration de la Maison des Cultures du Monde.
1987-1992 : consultant auprès de l'Unesco. Consultant auprès du Conseil de l'Europe (Rapporteur du Comité chargé de l'évaluation de la politique culturelle de l'Espagne). Membre du Conseil Scientifique du "Certificat européen en administration et gestion culturelle" (Fondation Marcel Hicter, Communauté Française de Belgique). Membre du Comité d'Orientation des "Formations internationales à la conception, décision et gestion culturelles" (DAI-ANFIAC, Ministère de la Culture, France). Membre du Conseil d'administration d'AFRICREATION. Membre du comité national pour la célébration du cinquième centenaire de la Rencontre des deux Mondes. Membre du comité d'honneur de l'ARCI. Membre du comité de rédaction de Revue Noire. Chargé de mission par l'Association française d'action artistique (AFAA). Chargé de mission pour la Maison de la Culture de Bourges. Classement au patrimoine mondial de la Cathédrale de Bourges. Colloque international Brecht avec les amis de toujours de l'UTN, Denis Bablet, Bernard Dort et André-Louis Périnetti.
1993 : contrat avec l'Unesco pour préfigurer une Université itinérante en Afrique. Participation en février au Festival au Bénin qui célèbre les retrouvailles des racines communes du "Vaudou" et des langues, entre africains et brésiliens.
28 mars 1993 : Mort à Trouville
Anciens collaborateurs : Béatrice Tanaka, son assistante à l'Université du Théâtre des Nations, et André-Louis Périnetti, qui lui a succédé à la direction de l'UTN après en avoir été stagiaire.

Informations sur les modalités d’entrée

Donné au département des Arts du spectacle de la Bibliothèque nationale de France en novembre 2013 par son épouse Madame Christiane Botbol. Numéro d'inventaire : DON-ASP-2013-37.

Présentation du contenu

Manuscrits, archives, photographies, masques, marionnettes, maquette en volume.

Conditions d'accès

Vous pouvez préparer votre venue au département des Arts du spectacle en réservant vos documents à distance à partir du présent inventaire, en cliquant sur l'icône "Calendrier" qui figure à gauche des descriptions de documents.
Pour pouvoir réserver à distance, vous devez posséder une carte de lecteur en cours de validité et donnant accès à la Bibliothèque de recherche, et créer votre propre espace personnel sur le site Web de la BnF à cette adresse.
Ce fonds est consultable uniquement en place réserve (à demander à l'entrée de la salle de lecture).
Il est conservé dans les magasins d'un site distant. Un délai de 48 à 72 heures est donc nécessaire pour obtenir la communication des documents qui le constituent. Un document demandé jusqu'à 17 h 45 est disponible le surlendemain à 10 h (pour les demandes effectuées du vendredi 17 h 45 au lundi 10 h, compter 1 jour de plus).

Documents en relation

Fonds Béatrice Tanaka, également conservé au département des Arts du spectacle.