Fonds Michel Jaffrennou

Numéro d'entrée : DONAUD0604
Numéro d'entrée : DONAUD1408
Fonds d'archives Michel Jaffrennou
Bibliothèque nationale de France 
Fonds produit par :  Michel Jaffrennou
Le fonds contient des documents majoritairement en français.

Biographie ou histoire

Michel Jaffrennou, plasticien de formation, est à la fois peintre, comédien, performer, vidéaste, metteur en scène et concepteur d’œuvres en ligne. Il a réalisé de nombreuses peintures, fresques et tableaux, photographies et collages, installations et environnements en galerie, et notamment des performances et des projets audiovisuels hybrides : des vidéosculptures, des objets domotiques et des pièces de vidéothéâtrie...

Michel Jaffrennou (né le 25 février 1944 près d'Angers) démarre sa formation artistique à l'École des Beaux-arts d'Angers. À son arrivée à Paris, courant 1962, il participe à des revues d’avant-garde ainsi qu’à des expositions collectives, notamment avec le groupe Lettristes. Il expose entre autres des bijoux et tableaux hypergraphiques, des livres objets ("Lettries à mon fils", "Histoires naturelles", etc.) et conçoit des installations, des environnements éphémères et des performances en galerie, tant en France qu’à l’étranger. Avec Roberto Altmann il propose "Spectacle total", chorégraphie pour 20 danseurs et sculptures hypergraphiques mobiles, au Musée d'art moderne de la ville de Paris en 1969, puis "Itinérographie", environnement pour 30 sculptures en papier coloré et peintures, à la Galerie Stadler. Il collabore ensuite avec Alain Clerc-Ourgan, ("Michel Jaffrennou en labyrinthe", Paris, Galerie Stadler, 1973 ; "Table de désorientation", Projekt 74, Cologne, Kunsthalle and Kölnischer Kunstverein, 1974).

Michel Jaffrennou expérimente avec l’image animée à partir de 1975. "Le Moi des uns et des autres", réalisé en Super8, restitue une performance réalisée à l’espace éphémère qu’il crée à New York : la "Michel Art Jaffrennou Galerie", mais ses expérimentations portent essentiellement sur les dispositifs vidéo et dans le cadre des soirées "Mardi vidéo" organisées sur la péniche parisienne "Cinémouche", il y programme un cycle de performances avec téléprojecteur vidéo noir et blanc : "L’aventure schizophrénique" (1975) dont sont issues ses deux premières bandes vidéo "Who’s who", et "Mental O. Jaffrennou" commence alors à "explorer tous les effets humoristiques ou poétiques que rendent possibles les effets spéciaux" (Anne-Marie Duguet), en s’inspirant des arts de la scène, notamment du cirque, de l’opérette et de la magie. Le plasticien s'empare des premiers dispositifs vidéos pour produire des formes hybrides de spectacles qui imaginent "une mise en espace de l’image vidéo". Dès 1979, Michel Jaffrennou conçoit des projets à géométrie variable pour la scène, le musée et la télévision.

Ainsi son divertissement sous forme de diversion "Les toto-logiques" est adapté pour la télévision par l'Ina et diffusé par Antenne 2 en 1981. Cette collaboration avec la télévision se poursuit avec d’autres adaptations de ses spectacles "Circus" (1984), "Vidéopérette TV" (1989), "Désert blues, un voyage musical au cœur du Mali" (2006) avec Arte ; mais aussi de courtes fictions, "Vidéoflashes" (F2 1982, 1er prix au JVC Tokyo festival Tokyo), "Jim Tracking" (Canal +,1986), "Magic tube" (1987), Incrust-station (1987), une publicité pour les cigarettes "Cortina" (1991) ; et des œuvres plus longues : "Ulysse au pays des merveilles" (1987), "Pierre et le loup" (1996), "Matisse passionnément" (2001), ainsi que des documentaires "Story-board stories", "Avance sur images", "Antirouille : le magazine de l’architecture et du design" (1990), "Matisse passionnément" (France 2, 2001).

Son travail prend une autre orientation en 1978 avec la création du centre de diffusion "Vidéo ABI" qu’il fonde avec Patrick Bousquet et Jean-Michel Champelovier. Cet espace éphémère est l’un des tout premiers lieux d'exposition pour les installations et les performances vidéos en France. Associés au sein du collectif "Ontologic théâtre", ils proposent des ateliers destinés à explorer l’intégration de la vidéo au théâtre et mettent en scène des pièces de Vidéothéâtrie, mêlant théâtre et vidéo. Les réflexions de Michel Jaffrennou sur la performance vidéo à travers une série d’œuvres : "Atout Paik atout cœur", "Esquisse pour un portrait sentimental", (1982), "Vidéopérette" (1ère version, 1978), "Variations sur le thème de la vidéo instrumentale" (5 et 6 mai 1983), "Hommage à Nam June Paik" (1983).

Parallèlement aux recherches de vidéothéâtrie, sa formation initiale et son intérêt pour les installations le conduisent à concevoir l’exposition Pièces de Musées à la galerie Stadler. Cette série de dessin et de peintures présente des dispositifs intégrant postes télévisuels ou des images vidéo intégrées à des objets. Il propose ainsi un rapprochement entre la vidéo et art contemporain et nomme ces objets des vidéosculptures. Cette initiative sera saluée lors de la 11e Biennale d’art contemporain de Paris : l’une de ces pièces – "Le plein d’plumes" (1980) – est sélectionnée, produite et montée. Dès lors ces 4 postes télévisuels synchronisés ne cessent d’être présentés dans le monde. D’autres vidéosculptures voient le jour : "Otto-Bus" (1980), "Chantier interdit au public" (1980), "Vidéoscopie" (1983), "Parade" (1984), "Le grand manège de la forêt" (1992), "Le requiem des Elfes" (1993), et mais nombreux vidéobjets et vidéosculptures et d’installations restent sans financement : "Fibi" (1992), "Vidéo-manège" et "Train vidéo fantôme" (1980), "Le phénoménale bastringue électronique" (1982), "Chez Babel" (1990), et le "Kaléidoscope" (1992) un monumental projet architectural.

Son appétence pour les nouvelles technologies l'entraîne vers le développement de spectacles multimédias hybrides. Fusionnant la vidéosculptures et la vidéothéâtrie, Michel Jaffrennou renouvelle encore son approche de la vidéo et propose un spectacle ambitieux, "Électronique vidéo circus", présenté en 1984 au Musée national d’art moderne de Paris, un "cirque d’images" associant, images animées, personnages d’inspiration populaire, à une installation imposante soit plus de 30 téléviseurs mobiles, synchronisés à 6 magnétoscopes. Sur ce même modèle, cinq ans plus tard, Jaffrennou réalise l’une de ses œuvres majeures : "Vidéopérette" - Une frénésie électronique sur "l'air du temps" (1989), spectacle gigantesque confrontant ou mêlant des acteurs à des images vidéo et célébrant la scène hybride. D’autres scénographies poursuivent cette voie : le web man show de "Diguiden" au studio du Théâtre de la Comédie française (2001), Via Kaboul, Voices of central Asia à l’English national opera de Londres (2004), "Désert blues, griots et poètes des sables" au Musée du quai Branly (2007), " Kirina opéra mandingue" au Palais des festivals de Cannes et Acropolis de Nice (2008 et 2009) et de nombreuses autres restent à l’état de propositions, "Vidéo vaude ville" (1989), "Ulysse au pays des merveilles", "La comédie musicale" (2008), "Algo et Ritmo" (1992).

La caractéristique du travail de Michel Jaffrennou est son extraordinaire plasticité. Sans jamais renoncer à la peinture à l'huile, à l'aquarelle, au dessin ou au story-board pour les phases préparatoires, il présente ses œuvres dans des livres de peintures (Jusqu’à Tombouctou, 2007) et lors d’expositions en France et à l’étranger avec "Story-boards’ stories" (Maatgallery, Paris, 2005 ; PISAF, Séoul, 2008). Cependant Jaffrennou poursuit son geste pictural en transportant ses créations au gré des supports et des médias émergents et son œuvre prolifique propose des écritures singulière, intégrant l’image vidéo, l’interactivité du cédérom ("La collection du Centre Pompidou", Infogrammes, 1997 ; "Les 3 petits cochons", le Seuil, 1998 ; "Story-board interactif du Dragon numérique" 1999 ; "Museum Jean Tinguely Bâle", Prix de la critique Moëbius international, Victory interactive media, 2000), les nouvelles écritures en images de synthèse 3D ("Pierre et le Loup", Canal+, 1996) et celles des œuvres connectées ("Barbe bleue, opéra numérique", Ministère de la culture, 1997 ; avec Marc Marchand : "Diguiden, le messager du Dragon numérique", 2000 ; "Ma vie, mon œuvre, mon nez..." : web man show, 2000 ; "Je suis un citoyen numérique", Festival 1er contact, 2002). "Désert blues, un voyage musical au cœur du Mali" (2006) enfin, est à la fois un spectacle, un film, un livre et un blog en ligne.

Une rétrospective d’envergure lui a été consacré à la vidéothèque de Paris, ainsi qu’en Corée du Sud. En 1992, le Ministère de la culture distingue l’œuvre de Michel Jaffrennou en le nommant Chevalier des Arts et des Lettres.

Parallèlement à ses activités de création, Michel Jaffrennou a entamé un travail de transmission, et animé de nombreux ateliers d’écriture multimédia au sein d’écoles d’art.

Bibliographie

Michel Jaffrennou / Norbert Hillaire. Paris : L’état des lieux : La différence : Ex-nihilo, 1991.

Ressources en ligne : le site de Bernard Girard

Ressources en ligne : Barbe bleue, opéra numérique , également consultable dans les Archives de l'Internet de la BnF à l'URL http://www.culture.gouv.fr/barbebleue

Ressources en ligne : Le petit théâtre de Diguiden, consultable dans les Archives de l'Internet de la BnF à l'URL http://www.diguiden.net

Documents en relation

Le Centre national d'art et de culture Georges Pompidou conserve des oeuvres et de la documentation sur l'artiste.

La Bibliothèque Kandinsky conserve un dossier documentaire sur l'artiste .

L'Institut national de l'audiovisuel (INA) a sauvegardé et conserve dans ses archives de nombreuses interventions télévisuelles de l’artiste. Ces reportages et émissions sont consultables à l'INAthèque, dans la salle audiovisuelle du Rez-de-jardin.

Informations sur les modalités d’entrée

Le versement a démarré en mai 2006 avec un premier versement d'éléments vidéographiques : 41 cassettes Beta numériques, complété en août 2010 par un second versement de 11 cassettes Beta numériques.

Un nouveau versement a démarré en 2014 avec une première tranche de plus de 3000 documents, en cours de traitement et de reconditionnement en 2015.

Autre instrument de recherche

Un guide bibliographique d’éléments du Fonds Jaffrennou a été confectionné à partir des éléments audiovisuels numérisés. Ce guide consultable en ligne comporte pour chaque référence, les cotes correspondantes dans le Catalogue général de la BnF et les identifiants dans cet instrument de recherche pour chaque référence de livre ou d'article, les cotes correspondantes dans le Catalogue général de la BnF et les identifiants dans cet instrument de recherche.

Classement

Le classement de cet instrument de recherche épouse la chronologie des versements et pour la partie 2, le classement des archives établi par Michel Jaffrennou avant versement.

1. Les documents de production des spectacles, performances et installations : "Video ABI", "Le piège à c... comme communication", "Vidéo in / out", "Théâtrie", "La recherche forcenée du facteur X", "Parade", "Les toto-logiques 79", "Who's who" 1975, "Vidéothéâtrie", "Vidéosculptures" à la galerie Stadler, "Le plein d'plumes", "Courts-circuits d'Ovide", "Electra", Vidéoscopie 1982, "Hommage à Nam June Paik", "Les toto-logiques" vidéogramme 1981, "Les toto-logiques" 83, "Vidéoflashs", "Parade", Fiches budgets, Dossier de presse Beaubourg, Lettres anglais et carnet d'adresses, Contrats, Présentation, Invitations, Fiches techniques, Tournée Circus, Courrier Circus, Événements Circus, Presse, "Électronique vidéo circus" 84, "Électronique vidéo circus" - photos, "Électronique vidéo circus" - photos Coulisses, "Jim Tracking", Photos en couleurs et en noir & blanc, Diapositives, "Le phénoménal bastringue électronique", "Ulysse au pays des merveilles", "Carré magique", "Johnnie Walker", Dossier technique, Story-boards, Événements, Diffusion, Tournées, Plans, "Vidéoperette" 1989, "Jaff 89" (portrait par Patrick Vullet), "Photos TV Canal +, Accordéon "Vidéoperette", Story "Vidéoperette", Story-boards "Vidéoperette", "Vidéoperette" 89, "Pierre et le loup", "Antirouille", Manège forêt, Exposition à la Vidéothèque de Paris, Exposition à Athènes, Exposition à Clermont-Ferrand, Exposition en Estonie, Photos carnets, Diapostives mélangées, Courrier vidéo, Presse, Programmes, Tube - ici et ailleurs, Vidéo en fête, Photos "Jaff peint TV", Classeur "Vidéoperette", Classeur "Électronique video circus" (1) et (2), Archives de Pauline Thomas pour "Story-board’s stories" et composants du DVD-vidéo "La vidéo mise en scène par Michel Jaffrennou".

2. Les vidéogrammes : éléments vidéographiques, mono-bandes, making-of, entretiens, documentaires.

3. Les documents de diffusion : affiches, actes de colloques, articles scientifiques, articles de presse, comptes rendus, relevés de presse, dossiers de presse, programmes, supports promotionnels, encarts publicitaires, photographies, lettres, invitations, flyers, dossiers de presse, conducteurs, catalogues, contrats, etc.

Conditions d’utilisation

Reproduction (partielle ou intégrale) soumise à autorisation écrite des ayants droit.

Informations sur les modalités d’entrée

Fonds déposé depuis 2006 au Département de l'Audiovisuel, Service images (Don).

Documents de substitution

Éléments audiovisuels numérisés intégralement par la Bibliothèque nationale de France.

Caractéristiques matérielles et contraintes techniques

Les vidéogrammes ont tous fait l'objet d'une numérisation et d'un traitement dans le Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France pour permettre leur communication.

Conditions d'accès

Communication individuelle au niveau Recherche de la bibliothèque (site François-Mitterrand).


Sous-unités de description