Latin 13762

Cote : Latin 13762
Ancienne cote : Saint-Germain latin 1039
Vita sancti Viventii confessoris Vergiaci.
Smaragdus Sancti Michaelis, Diadema monachorum (34).
Hippocrates, De virtute medicamentorum (181).
Xe siècle
D’après E. Wickersheimer, le manuscrit est originaire d’Italie, mais d’après M. Huglo c’est du côté de Saint-Vivant-sous-Vergy qu’il faut se tourner à cause du récit hagiographique. Décoration de style irlandais ou anglosaxon. Premier texte : une grande initiale en tête du texte dessinée à l’encre, avec des entrelacs de style irlandais (1), puis les initiales, les majuscules et en particulier le nom du saint en capitales rustiques sont rehaussées d’encre rouge-orangée jusqu’au f. 26v, ensuite seules les grandes initiales sont rehaussées de ce rouge-orangé. Deuxième texte : l’intérieur des grandes initiales à entrelacs dessinées à l’encre noire en tête des chapitres est décoré de motifs géométriques et rehaussé de rouge-orangé. Deux de ces grandes initiales sont rehaussées de vert (f. 34 et 37). Parfois un motif de feuillage est ajouté à la lettre comme aux f. 122 et 125v. Certaines sont sans motifs, dans ce cas le contour et le remplissage sont alternativement rouge et noir. Parfois l’intérieur de l’initiale accueille les premières lettres du chapitre. Les titres des chapitres sont rubriqués et quelques rares fois surlignés d’un trait d’encre rouge. Toutes les majuscules sont rehaussées de rouge. Plusieurs esquisses marginales : un buste à la pointe sèche dans la marge inférieure du f. 18, un visage à l’encre dans la marge supérieure du f. 2 et dans la marge inférieure du f. 19v, une croix à l’encre sur l’onglet collé au f. 27, un motif d’entrelacs de style irlandais dans la marge extérieure du f. 97v, un découpage en forme de croix dans la marge supérieure des ff. 178 et 179, f. 179v une croix à l’encre dans la marge supérieure (chapitre intitulé « De martyrio quod in pace Ecclesie fit »).

Des interventions de rénovation au XIIe siècle : f. 33v copie du prologue du Diadema monachorum (34-34v) sur le verso du dernier feuillet de la Vita resté vierge jusque-là ( le f. 34, premier feuillet du Diadema monachorum, aurait été déjà difficile à lire) ; f. 55 le tiers inférieur du feuillet a été coupé et le texte qui s’y trouvait est recopié au-dessus dans les marges, avec des signes de renvoi ; f. 106 une copie de substitution : il remplace un feuillet effacé ou trop abîmé, un signe de renvoi en bas du f. 105v est rappelé en haut du f. 106, une demi-page reste vierge au f. 106v car l’écriture plus serrée que celle du Xe siècle prend moins de place que cette dernière pour la même quantité de texte ; f. 180v page devenue illisible grattée et réécrite : « sacrificium querit Deus…-…sic invisibiliter de corporis castitate vel animi puritate spirituale gaudium habere mereamur. Amen. ». – Quelques rares corrections marginales ou interlinéaires, ou réécriture d’un mot après grattage, XIIe-XIIIe s., p. ex. ff. 27v-28. F. 147v, Benedicamus Domino ajouté dans la marge supérieure, à deux voix, dans la notation alphabétique de Saint-Bénigne de Dijon, cf. M. HUGLO, Les débuts de la polyphonie à Paris, s.d., p. 145, transcription du chant p. 122. Des essais de plume (alphabets, débuts de prières). Deux additions un peu plus longues f. 33, la première s’apparente aux paroles prononcées ou chantées lors des vêpres.

21 cahiers suivis d’un bifeuillet, qui sont composés ainsi : 2 cahiers de 8 ff. (1-16), 1 cahier de 6 ff. (17-22), le f. 20 est un feuillet isolé cousu sur le talon qui correspond au f. 19 par une lanière de parchemin dont il ne reste que des fragments, cette technique est celle employée pour tous les autres feuillets isolés, pour lesquels la couture en parchemin est encore intacte, 1 cahier de 17 ff. (23-39) : le f. 35 est un feuillet isolé collé sur le fond du f. 27, les ff. 25 et 37 sont un bifeuillet formé de deux feuillets isolés, le f. 37 est cousu sur le talon qui correspond au f. 25 (hypothèse : au départ un cahier de 8 ff. – f. 23-26 et 36-39 – puis un deuxième cahier de 8 ff. – ff. 27-34 – et un feuillet isolé – f. 35 – sont encartés au centre du premier cahier), 2 cahiers de 8 ff. (40-55), 1 cahier de 10 ff. (56-65), 5 cahiers de 8 ff. (66-105), les f. 95 et 96 sont cousus sur les talons qui correspondent aux f. 91 et 92, 1 cahier de 10 ff. (106-115), 7 cahiers de 8 ff. (116-173), 1 cahier de 7 ff. (174-180) : le 8e feuillet, resté inutilisé, a probablement été enlevé à la suite de la copie, 1 bifeuillet (181-182). – Les cahiers 1 à 4, 9 et 11 à 13 sont signés en chiffres romains, au milieu de la marge inférieure.

Parchemin. 180 ff. et 2 feuillets extraits d’une ancienne reliure précédés et suivis de 4 feuillets de garde pap. moderne. 15 lignes par page (1-26v), f. 27 changement de disposition (19 lignes par page) en même temps que changement de décoration, de main et d’encre, la table des chapitres est sur 2 colonnes, jusqu’au f. 37, 15 lignes par page jusqu’au f. 55 puis 21 lignes par page jusqu’au f. 180, 25 lignes par page ff. 181-182. 170/175x220 mm (just. 120x165/170). Réglure à la pointe sèche (très appuyée, parfois le parchemin s’est cassé le long des sillons).

Reliure en maroquin rouge aux armes de Louis-Philippe sur le plat, titre frappé en lettres dorées sur le dos : « SMARAGDI DIADEMA MONACHORUM », chiffre de Louis-Philippe dans les autres entre-nerfs, gardes et contre-gardes de papier marbré.
Manuscrit en latin
Bibliothèque nationale de France. Département des manuscrits

Documents de substitution

Numérisation effectuée à partir d'un document original

Historique de la conservation

Titres de bibliothécaires XVIIe s. – F. 33v peut-être une mention de possesseur soigneusement découpée, avant la réfection du XIIe s. qui l’évite. Deux ex-libris de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés figurent sur le premier feuillet : en haut un ex-libris du XIIIe s. « Hic est liber Sancti Germani de Prato », en bas « De Sancto Germano de Pratis », d’une écriture du XVIe siècle. – Ancienne cote « 269 » (f. 1) .

Présentation du contenu

Le manuscrit comporte deux œuvres copiées l’une à la suite de l’autre, suivies de deux feuillets qui devaient appartenir à une ancienne reliure. La deuxième œuvre est le Diadema monachorum de Smaragde, abbé de Saint-Mihiel sur la Meuse. D’origine irlandaise ou anglo-saxonne, mort vers 830, Smaragde est connu par ses nombreux écrits dont le Liber in partibus Donati, une grammaire en 15 livres, où il substitue aux exemples tirés de l’antiquité classique des exemples des Pères, la Via regia, adressé à Louis le Pieux, un commentaire de la règle bénédictine, ou enfin le Diadema monachorum, qui est une compilation de Cassien et de Grégoire le Grand à l’usage des moines.
Le manuscrit copié au Xe siècle a pu l’être dans un monastère bénédictin marqué par le culte de saint Vivent, d’où la réunion volontaire et réfléchie de ces deux textes fondamentaux. Le manuscrit a été rénové au XIIe siècle : des passages abîmés ont été recopiés sur des feuillets vierges ou dans les marges, un feuillet a été remplacé par un feuillet neuf où le texte ancien a été recopié.

F. 1-33. Vita sancti Viventii confessoris. « Incipit vita sancti ac beatissimi Viventii confessoris Christi que celebratur... Anno tertio decimo residente in Solio, imperii Asianorum iniquissimo Datiano, templa diabolorum ipse fanaticus cepit innovare…-… Et fabricaverunt sacerdotes de auro et argento ubi erat diabolus templum in honore beati Viventii, ipso adjuvante cujus est laus, honor et imperium per infinita saecula saeculorum. Amen » (AA SS, Jan. XIII, t. I, p. 803-814 mais l’édition a été faite à partir de deux manuscrits dont les leçons ne correspondent pas du tout à celle du lat. 13762 mais à B. H. L. 8726 ; B. H. L. 8724 ; Cat. des manuscrits hagiographiques parisiens, t. III, p. 200).

F. 33v-180v. SMARAGDUS SANCTI MICHAELIS, Diadema monachorum. Prologue : « Hunc modicum libellum Zmaragdus de diversis virtutibus collegit et ei nomen Diadema monachorum imposuit quia sicut diadema gemmis ita et hic libellus fulget virtutibus », reprise du XIIe s. (33v) ; – prologue : « Hunc modicum operis nostri libellum …-… praeterea in hoc libello de orationis officio capitulum ponimus primum. Explicit prologus » (34-34v) ; –Table des chapitres (35-37). – Texte complet : « Hoc est remedium ejus qui vitiorum testamentis exestuat…-… Duo sunt altaria constituta corporis scilicet et cordis nostri, denique duplex a nobis… » (37-180). – Opération de rénovation, dernière page réécrite au XIIe s. : « sacrificium querit Deus…-…sic invisibiliter de corporis castitate vel animi puritate spirituale gaudium habere mereamur. Amen. » (180v) par-dessus l’écriture ancienne dont ne subsistent que les deux dernières lignes « Explicit liber diadema monachorum » (P.L.102, col. 593-690, avec quelques différences comme au f. 83 – col. 623 de l’édition –, où une phrase a été grattée ; Diadema monachorum… Smaragdi... ex mss. codicibus Bibliothecae monasterii S. Martini Tornaci, éd. J. Le Louchier, Paris, 1640 ; La Voie royale. Le Diadème des moines, introd. par Dom Jean Leclercq, 1950).

F. 181-182. [HIPPOCRATES, De virtute medicamentorum] (fragment) « …t et addis cera et facis cerotum et cum opus fuerat in medio cataplasma in latrio inducis et super stomacum impones …-… Expl[icit] Ypogratis de virtute … Incipit liber capituli b… » ; - table des chapitres très effacée, on peut déchiffrer « LVIIII ad plagas sanandas… LX Pocio ad plagas » (182v). Cf. E. WICKERSHEIMER, Les manuscrits latins de médecine du Haut Moyen Age dans les Bibliothèques de France, 1966, p. 127-128 (n°LXXXIII). Il ne reste que la moitié interne du f. 182 et l’état de ces deux feuillets suggère leur appartenance à une reliure ancienne.


Ce manuscrit a fait l’objet d’une notice dans le cadre du projet MANNO (Manuscrits notés en neumes en Occident).

Bibliographie

1982
[Michel HUGLO, « Les débuts de la polyphonie à Paris : les premiers organa parisiens », Forum musicologicum, 3 (1982), p. 93-163, 93-163], cité dans bulletin codicologique n° 195, Scriptorium 39 (1985)

2005
M. HUGLO, « Les débuts de la polyphonie à Paris : Les premiers organa parisiens », in Michel HUGLO, Chant grégorien et musique médiévale, Aldershot, Ashgate / Variorum, 2005 [XVIII, p. 93-163], cité p. 122 (note n° 113), recensé p. 145 (voir notice).

2006
Marie-Pierre LAFFITTE, « La politique de reliure du département des Manuscrits pour ses collections occidentales, de la Révolution à la Monarchie de Juillet », (tiré à part) in Bibliophilies et reliures : mélanges offerts à Michel Wittock, dir. Annie De COSTER, Bruxelles, Librairie F. Tulkens, 2006, p. 274-291, cité à titre d'exemple (relié en maroquin rouge à grain long) p. 281 (note n° 68).

2007
Voir la notice rédigée par les élèves de l'Ecole des Chartes, à demander en présidence de salle.


Notice projet MANNO.

Informations sur le traitement

Notice rédigée par un élève de l'Ecole nationale des chartes, revue et encodée par Amandine Postec (janvier 2012).