italien 1710

Cote : italien 1710
numéro d’entrée : Achat 7732
Atlas de cartes marines de l’océan Atlantique, de la mer Méditerranée et de la mer Noire.
XVe s. (vers 1480).

Italie (Venise ?).
Ecriture italienne, deux mains différentes, une pour les légendes des cartes (1-12), la seconde pour les calendriers (13-14). Cartes coloriées (1-12). Coins décorés de motifs géométriques simples dessinés à l'encre. Cadres des calendriers constitués de quatre traits finement tracés à l'encre.
Papier sans filigranes (?). 7 doubles feuillets collés sur 6 plats de papier contrecollé et sur les contre-plats de la reliure, paginés 1-14. Lacune par grattage aux pp. 8 et 14. Tâches d'humidité dans les marges.
Atlas. 340 x 240 mm.
Demi-reliure chèvre brune cloutée moderne, sur ais de bois de hêtre anciens d'origine italienne, biseautés vers l'intérieur . .
Estampille de la Bibliothèque nationale "RF MANUSCRITS" utilisée à la Bibliothèque nationale à partir de 1880, proche de Josserand-Bruno, n° 47.
Manuscrit en italien
Bibliothèque nationale de France. Département des manuscrits
Ces cartes sont incontestablement proches du style de Grazioso Benincasa, mais l’écriture et le dialecte sont différents. Cet atlas est probablement une copie tardive, fidèle, mais moins soignée que son modèle, des œuvres de Benincasa. Les noms sont en italien (porto vechio) mais les fleuves sont appelés « rio » sur la côte africaine (rio de San Juane). Le dialecte utilisé est différent de celui de Benincasa dans les autres atlas conservés à la BnF (« iyolle » pour « ysole », « z » pour « ç », « Venieyia » pour « Venexia »).
Le calendrier, corrigé de manière confuse, à la fin du manuscrit (voir plus loin sa description), permet de le dater approximativement entre 1470 et 1480, mais il a été interprété différemment selon les auteurs. Cortesão date l’atlas de 1473 pour sa ressemblance avec l’atlas de 1473 de G. Benincasa conservé à Bologne; ce serait pour lui une copie (malgré la différence d’écriture). Cette date de 1473 est peu convaincante car elle repose sur le seul argument que l’atlas ressemble à un exemplaire daté de cette année. C’est oublier que les calendriers de ce type sont parfois recopiés sur d’autres atlas plus anciens, et ne correspondent pas à la date de réalisation du manuscrit (cf. Campbell, op. cit.). On doit donc proposer une date plus tardive pour le ms. italien 1710 car le calendrier pascal commence en 1480 et l’écriture italienne ne dément pas cette date (caractéristiques de cette époque sont en particulier les « a » ouverts, utilisés alors par les humanistes).
Acheté le 18 novembre 1885 à Mme Veuve Labitte, libraire 4 rue de Lille, pour la somme de 739, 40 F, cf. B.nF, département des Manuscrits, registre des acquisitions 1848-1893, n° 7732.

Documents de substitution

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Présentation du contenu

Atlas de cartes marines de l’océan Atlantique, de la mer Méditerranée et de la mer Noire, sans nom d'auteur.

Description des cartes
Description générale.
Espace représenté :
Mer Noire et Méditerranée orientale, Méditerranée centrale, Méditerranée occidentale, côtes occidentales d’Europe du Nord avec îles de l'Atlantique, côtes occidentales d’Afrique du Nord avec îles, côtes occidentales d’Afrique à la latitude des îles du Cap Vert et jusqu’au Rio di Palmeri, îles. Calendriers.
Construction :
Nous donnons ici l'ordre des cartes et la position du Nord par rapport à la pagination du livre et au sens de lecture du calendrier final.
Échelles en noir, dessinées à l’intérieur de bandes de 6 à 7 mm qui coupent les angles; elles sont imitées de G. Benincasa, mais sont en noir au lieu de rouge. Graduations par des traits verticaux noirs et des points. — Lignes des vents : un système de 325 mm de diamètre, à seize centres secondaires, tous visibles sur la page, centré sur la pliure. Les huit vents principaux sont en noir, les huit demi-vents en bleu-vert très pâle, les seize quarts de vents en rouge ou en jaune, partant des centres secondaires, et prolongés jusqu’au bord de la carte. Le cercle préparatoire à la pointe sèche est très légèrement visible en creux, ainsi que le tracé préparatoire des côtes. — Les pointes de compas sont souvent visibles.
Nomenclature et décors :
Tracé des côtes à l’encre noire, simplifié et élégant : trait ou arc de cercle d’un point à un autre, accentuant les accidents géographiques. Le tracé est souligné par un liseré jaune. — Les terres et les mers sont laissées en blanc. Pas de nom de région. Aucun signe à l’intérieur des terres. — Les îles sont colorées en teintes plates: bleu, vert, jaune (ce n'est pas de l'or), rouge). Majorque porte les couleurs des armes d’Aragon (jaune à bandes rouges). — Bancs de sables figurés par des points rouges. Croix et points noirs pour les récifs.Les toponymes sont inscrits perpendiculairement à la côte, sauf exception, et à l’encre noire ou rouge. Il n’y a pas de vignette. — Seules les embouchures des fleuves sont indiquées, souvent colorées de plusieurs couleurs. — Aucune indication pour les vents, pour le relief ; pas de légende.

P. 1-12. Cartes.
Selon les cas une carte par page ou par double page. Les cartes sont encadrées d’un quadruple filet noir, très fin.
P. 1-2. Deux espaces qui ne coïncident pas exactement sont représentés dans un unique système de lignes des vents. Page de gauche débordant sur la page de droite : mer Noire jusqu’au détroit des Dardanelles. Page de droite : Méditerranée orientale depuis le sud de l’Archipel égéen, jusqu’à tollomette sur la côte africaine. Dans cette présentation, la mer Noire apparaît décalée vers l’ouest . Nord à gauche. — Échelles : 1 div = 12 mm. — Les quarts de vent sont en rouge. — Côtes cernées d’un fin trait jaune, bleu pour les contours de la Crète. — Îles de la mer Egée en jaune, rouge, vert bleu. Île de Rhodes blasonnée (rouge avec une croix blanche). — Fleuves : trait bleu ondulé peu prolongé à l’intérieur des terres. — Détails des deltas du Dniepr et du Nil, avec des îles colorées et des bancs de sable (points rouges ou noirs).
P. 3-4. Méditerranée centre-orientale, avec l’Italie, la Sicile, et la mer Egée. Côtes d’Europe de tallamom, au nord de civita vechia en Italie, jusqu’à strullo au nord de Costanza sur la mer Noire. Côtes d’Asie mineure du Bosphore à guia et lazoya près de Rhodes. Côtes d’Afrique du Nord de cavo de noya à l’est, jusqu’à cavo bonzafam (Cap Bon). Nord à gauche. — Échelles identiques. — Quarts de vent en jaune. — Côtes cernées de jaune sauf contours de la Sicile et de la Crète en bleu. — Îles en bleu, vert, jaune, rouge. Rhodes rouge avec croix blanche. — Écueils et autres accidents très détaillés ; bancs de sable en rouge. — Aucun signe distinctif pour les embouchures de fleuves ou la lagune de Venise. —Aucune vignette pour les villes. Costantinopolli, pera. Veniexia.
P.-5-6. Méditerranée occidentale et une partie de l’océan atlantique. Côtes d’Europe de feror banneo (El Ferrol, en Espagne) à mondragone (au sud de Gaëte en Italie). Côtes d’Afrique de mogador à casamabes (près de l’île de Djerba).Nord en bas. — Échelles : idem. — Îles colorées en teintes plates ; Majorque porte les armes d’Aragon (jaune rayé de rouge). Contours de la Corse, Sardaigne et pointe de la Sicile en bleu. — Les accidents de navigation sont particulièrement mis en relief : bancs de sable toujours en rouge, îlots et nombreux récifs représentés par une croix noire entourée de points qui en renforcent la visibilité. — Fleuves : court trait bleu ondulé pour le Rhône (îles colorées du delta), l’Arno et le Tibre. Ostia est indiqué mais pas Rome.
P. 7-8. Côtes occidentales de l’Europe, de ripis au nord de olanda, jusqu’à mardin debis, à l’est de malicha (Malaga) ; côtes marocaines du détroit de Gibraltar, de salle à bucecor. Angleterre et Ecosse ne sont pas séparés. Irlande. Îles de l’Atlantique (à la latitude de l’Espagne : Açores ?). Nord à droite. — Échelles : sur trois angles seulement, pour laisser la place aux îles Canaries. — Demi-vents en bleu pâle, quarts de vent en jaune. — Contours des côtes en jaune, sauf îles britanniques en bleu-vert. — Îles en teintes plates, rouge, jaune, vert et bleu. Certaines îles ont une forme caractéristique (cercle ou demi-cercle). ex : y. del brazil (îles typiques des "cartes catalanes"). Nom écrit à l’intérieur sur espace blanc. — Indication des îlots et des récifs. — Quelques embouchures de fleuve en bleu (Tamise, Rhin, Seine, Garonne, Douro, Tage, Guadalquivir). — Nom des îles de l’Atlantique à hauteur de l’Espagne, du nord au sud : y corvi marini, y diconilgi, y san zorzi, y dileventure, y dicolonbi, y dil bacil, y chapzair, y luovo. — Pas de légende, sauf au nord de l'Angleterre : "hic est finis schozia"
P. 9-10. Sud de la péninsule ibérique de lisbona à pontada, (à l’est de Malaga) ; côte atlantique de l’Afrique de monzemar au Maroc à palmari (en Mauritanie, au sud de l’actuel Nouâdhibou- Port Etienne). Îles de l’Atlantique. Nord à droite. — Échelles : idem. Pointes de compas visibles. — Demi-vents en bleu pâle et quarts de vent en jaune. — Îles colorées en teintes plates, rouge, vert, bleu. Archipel au large de l’Espagne (Açores ?) ; Madère ; îles Canaries. — La côte est légèrement cernée de jaune. Un très large banc de sable (points rouges) est représenté au nord, vers san Iachomo et en rouge : rio de San Juane. — Barres de récifs : rangées de croix alignées. — Fleuves : plusieurs traits ondulés, non colorés.
P. 11-12. Côte occidentale de l’Afrique, de porto chavalier (au nord de la pointe de Port-Etienne) au cavo de santa ana. Îles du Cap Vert ; archipel des Bissagos. Nord à droite. — Échelles : dans trois angles. — Quarts de vent en rouge. — Îles colorées en teintes franches : bleu, rouge, vert. La côte est légèrement cernée de jaune. — De nouveau banc de sable avec ses barres de récifs au niveau du rio de San Juane. Le toponyme san Iachomo est remplacé ici par san nicholo. — L’embouchure des fleuves est indiquée en bleu, et le nom est inscrit en rouge : rio de zenecha (Senegal), rio de ganbia (Gambie), rio de ayamansa, rio de san domengo. — Large golfe au niveau de l’actuelle Guinée Bissau.

P.13-14. Calendriers.
P. 13-14. Calendrier de la nouvelle lune et des marées portant la date de 1470, corrigée pour les neuf premiers mois en 1455 (il serait logique de lire 1469, mais si le dernier chiffre peut à la rigueur être un 9 corrigé, l'avant-dernier chiffre est bien un 5 et non un 6). — Pour chaque mois, une série de 19 lettres indique les années suivant 1470, puis à chaque lettre correspond un jour (di), une heure (ore) et un dernier chiffre correspondant peut-être aux divisions de l’heure (Nordenskiöld, Periplus, p. 51; cf. ms. italien 1698). L’année « a » de ce calendrier correspond aux chiffres de la 15e année du cycle donnée en exemple par Giry (p. 157). La date de la première année du cycle prête à confusion : les dates et les heures donnés ici pour l’année « a » (prétendue 1470), correspondent en fait dans le ms italien 1698 à l’année 1474. On remarque aussi que pour une date et une heure équivalentes, les chiffres des "ponti" sont différents dans les mss italiens 1698 et 1710. On peut en déduire que ces calendriers ont été copiés selon deux modèles, issus de deus ports différents pour lesquels le moment de l'apparition de la nouvelle lune (et donc des marées correspondantes) carie de quelques minutes.
P. 14. Tableau donnant la date de Pâques pour chaque année entre 1480 et 1579.

Bibliographie

Catalogues: DEULIN (M.G.), Répertoire des Portulans et des pièces assimilables conservés au Département des Manuscrits de la Bibliothèque Nationale, Relevé dactylographié établi à l’usage des lecteurs de la Section des Cartes et Plans, 1936, p. 26- 28 (« seconde moitié du XVe s.). DEULIN 1942, p. 23-25. PFLEDERER 2009, p. 41 (A6).
Texte et cartes: LA RONCIERE (Charles de), La Découverte de l’Afrique au Moyen Âge. Cartographes et explorateurs, Le Caire, 1925, II, p. 62 et pl. XXVI (attribution à « l’école de Grazioso Benincasa » et datation vers 1479 d’après le calendrier pascal). CORTESÃO (Armando), History of Portuguese cartography, 2, Lisbonne-Coimbra, 1971, p. 191. CAMPBELL (Tony), « Portolan Charts from the late Thirteenth Century to 1500 », dans J. B. Harley, D. Woodward (dir.), History of Cartography, vol. 2, Cartography in Prehistoric, Ancient and Medieval Europe and the Medierranean, p. 371-463, sp. appendix 19-1, p. 446-48 : « calendars as a guide to Dating. ». GIRY (Auguste), Manuel de Diplomatique, diplômes et chartes, chronologie technique, éléments critiques et partie constitutive de la teneur des chartes, les chancelleries, les actes privés, Paris, 1925.
Décor et codicologie:
Histoire: JOSSERAND (P.) et BRUNO (J.), « Les estampilles du département des Imprimés de la B.N. », dans Mélanges d’histoire du livre et des bibliothèques offerts à M. F. Calot, Paris, 1960, p. 290-291.
Expositions:

Informations sur le traitement

Notice rédigée par Emmanuelle Vagnon et Marie-Pierre Laffitte (août 2004).

Documents de substitution

Microfilm en noir et blanc. Cote de consultation en salle de lecture : MF 6558. Cote de la matrice (pour commander une reproduction) : R 103278